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Paul de la Croix (Paul) JOURNET - 1872-1934

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Bagnoles-de-l'Orne, 1934. « Vous savez sans doute qu'une maladie de c?ur m'a obligé, sur l'avis des médecins, à quitter New York. Quelques jours après mon arrivée en Angleterre, ma santé a été de nouveau éprouvée par un phlébite grave qui m'a cloué au lit et m'a astreint à un régime sévère pendant plus d'un mois. Les religieux de Charlton m'ont soigné avec le plus fraternel dévouement, malgré les occupations d'un ministère très actif. Mais j'ai dû quitter Londres après une notable amélioration. Le docteur a prescrit une cure à Bagnoles- de-l'Orne où lui-même, victime de cette maladie, a été guéri. En arrivant ici, la Providence m'a conduit à la pension de famille, villa Saint- François, dirigée par Mlle de Benque d'Agut, depuis longtemps amie et bienfaitrice des oeuvres de l'Assomption. Elle a connu tous nos anciens Pères de la rue François ler: Picard, Bailly, Saugrain, Pernet, Jacquot, Baudouy.... Quand j'ai décliné mon titre d'Assomptionniste, elle m'adit: 'A Paris, je suis une fille de l'Assomption; ici, à Bagnoles, je suis votre mère'. Cette pension est un ancien couvent de religieuses qui possède une chapelle où chaque jour six messes sont célébrées».
Biographie Religieux de la Province de Paris.

Un parcours résumé.

Nous n'avons pas trouvé de notice consacrée à la mémoire du P. Paul de la Croix Journet, mais lui- même a pris soin de décrire succinctement son parcours de vie jusqu'en 1933: nous transcrivons fidèlement le curriculum vitae qu'il a dressé :

Né à Sumène (Gard) le 4 septembre 1872, Paul Journet fait ses études de grammaire à l'alumnat de Roussas (Drôme) de 1885 à 1888 et ses études d'humanités à Nîmes (Gard), de 1888 à 1890. Il prend l'habit, sous le nom de Frère Paul de la Croix, à l'abbaye de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) le 6 août 1890 et y prononce ses premiers v?ux, l'année suivante à la même date. Sa deuxième année de noviciat se déroule sur les bords de la Mer de Marmara, à Phanaraki (Turquie) où il prononce ses v?ux perpétuels, le 6 août 1892. Il se rend à Notre- Dame de France à Jérusalem pour les études de philosophie et de théologie (1892-1897). Il est ordonné prêtre à Jérusalem par Mgr Appodia, le 19 décembre 1896. Ses premières affectations sont pour la mission d'Orient: Zongouldak en Turquie, sur la Mer Noire, où il est un jeune supérieur de 1897 à 1901, Varna en Bulgarie où il exerce aussi la fonction de supérieur, de 1901 à 1906, Calahorra en Espagne où il est professeur de seconde et apprend l'espagnol (1906-1907). En 1907, le P. Paul de la Croix est nommé à New-York, 14ème rue. La grande guerre le mobilise une première fois, d'août 1914 jusqu'en mars 1915, date à laquelle il est réformé. Il retourne à son poste à New York, au service de la paroisse hispanisante (1915-1916). Le service de l'armée (1) le reprend une seconde fois (1916-1919). Démobilisé définitivement en janvier 1919, il repart pour New York où, ayant appris suffisamment l'anglais,

il s'adonne aux oeuvres du ministère paroissial: aumônerie, prédication, confession, de 1919 à 1925. Une première alerte de santé lui fait regagner l'Europe et le Midi méditerranéen. Il passe l'année 1925-1926 en repos à Montpellier (Hérault). De 1926 à 1930, il effectue un troisième séjour aux U.S.A., toujours à New York, 14ème rue, où il est nommé supérieur. A partir de 1930, il change de communauté (New York, 156ème rue), mais non de fonction puisqu'il y est nommé supérieur à deux reprises (1930 et 1933). En 1934, le P. Paul de la Croix revient en Europe pour se soigner. Après une première halte en Angleterre, à Charlton (mai 1934), il se rend en cure à la station thermale de Bagnoles-de-l'Orne (juin 1934). Prévu pour renforcer le corps professoral à Lormoy (Essonne), il gagne en septembre le collège de Nîmes pour y enseigner l'espagnol et exercer un peu de ministère auprès des communautés religieuses. Atteint d'une occlusion intestinale, il est partiellement paralysé. Il meurt subitement, le jour de la rentrée scolaire, le mercredi 3 octobre 1934, d'une congestion pulmonaire, selon le diagnostic médical. La cérémonie des obsèques est célébrée le lendemain, jeudi 4 octobre, à la chapelle du collège. Le corps est déposé à l'église voisine de Sainte-Perpétue. Le corps du P. Paul de la Croix est inhumé dans la tombe de l'Assomption, au cimetière de Saint-Baudile. Lui-même semble avoir pressenti sa mort prochaine à Nîmes puisque le jour de son arrivée au collège, le 22 septembre, il dit à son compagnon de voyage, le P. Jude Verstaen, dans le train qui longe, du haut du viaduc, le cimetière: « Si je meurs cette année, c'est là que vous m'enterrerez ». Le P. Paul n'a donc pas trouvé dans son cher Midi le renouveau de vie qu'il espérait, mais il laisse à tous ses confrères le souvenir d'un religieux au caractère jovial et épanoui, prenant les choses du bon côté et ne se formalisant pas des difficultés qu'un temps de maladie prolongé pouvait accentuer.

(1) La feuille de mobilisation précise que M. Paul Journet a été dispensé du service militaire en raison de l'article 50 de la loi militaire de 1889, mais qu'en temps de guerre, il peut être versé dans un service auxiliaire. Le P. Paul de la Croix est effectivement affecté à la section de l'infirmerie militaire de Marseille. Sa réforme en 1915 n'est que conditionnelle, comme la suite de l'histoire le montre d'ailleurs. Bibliographie Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1934, n° 544, p. 279; n° 545, p. 285-286; n° 546 p. 293. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Lettre du P. Paul de la Croix Journet, Bagnoles-de-l'Orne, 24 juin 1934. Dans les ACR, correspondances du P. Paul de la Croix Journet (1892-1934), rapports sur New York, Notre-Dame de Guadalupe (1926-1933).