Abel (Abel, Fulcran, César) FABRE – 1872-1929

Recension élogieuse.
« J’ai lu avec un très vif plaisir le 4ème volume, tout récemment paru, des

Abel (Abel, Fulcran, César) FABRE

1872-1929

Religieux de la Province de Paris.

Un religieux du Midi.

Abel Fabre naît le 5 mai 1872 à Plaissan (Hérault). Ses premières années d’étude se déroulent entre l’école laïque et le presbytère (1881-1883) où le remarque et le prend en charge son curé, l’abbé André Vailhé, avant de lui faire connaître l’Assomption: alumnat d’Alès (Gard) de 1883 à 1883, de Roussas (Drôme) en 1885 et de Nîmes de 1885 à 1888. Le P. Emmanuel Bailly le reçoit comme postulant à Livry en 1888: « Abel Fabre àgé de 16 ans et demi, a eu à lutter énergiquement avec ses parents pour entrer chez nous. Il s’est montré d’une fermeté exceptionnelle de caractère en ces circonstances difficiles. C’est un enfant doué de qualités précieuses et d’une heureuse intelligence doué pour les études artistiques. Il est dévoué et profondément attaché à l’Assomption». Le 29 septembre 1888, Abel prend l’habit religieux à Livry et y prononce ses premiers vœux le 19 septembre 1889. C’est à Jérusalem qu’il entreprend ses études de philosophie (1891-1893) et qu’il commence celles de théologie (1893-1894), terminées à Phanaraki (Turquie), de 1894-1895. Profès perpétuel le 29 septembre 1890, il est ordonné prêtre à Livry le 6 septembre 1896. Sa formation supérieure se poursuit à Paris: Institut catholique et Sorbonne pour des cours de littérature (1896-1897), Hautes-Etudes pour l’art byzantin (1901-1902). On lui a déjà demandé en plus quelques assistances de professorat aux Châteaux (Savoie) pour l’année 1895-1896, un remplacement de quelques mois à Miribel-les- Echelles (Isère) en 1896. Malade, il est au repos à San Remo, à Plaissan, à Laubat, après avoir obtenu un induit de sécularisation qui lui permet de travailler à la Bonne Presse de Féron-Vrau, à Paris, sa résidence habituelle de 1896 à 1905, avec quelques absences prolongées à cause de sa santé. Son séjour en Orient, très heureux sur le plan artistique et archéologique,

Pages d’art chrétien où Abel Fabre réunit les articles qu’il donne depuis quelques années au Mois littéraire et pittoresque. Ce volume-ci mérite d’être tout particulièrement recommandé pour son érudition et son goût et pour la nouveauté des matières dont il s’occupe. Ce n’est rien moins, sous une apparence très modeste, qu’un traité historique et méthodique de la peinture chrétienne au XIXème siècle. Son titre général, La Filiation d’Ingres, en résume fort bien le plan: d’Ingres à Maurice Denis les 10 chapitres qu’il comprend expliquent de façon simple et lumineuse les développements d’un art dont nous avons pu admirer, à l’aube même de ce siècle, le renouveau délicieux. Les études sur la doctrine et sur les élèves d’Ingres, sur Flandrin, Chassériau, Puvis de Chavannes, enfin les pages si compréhensives et si justes sur M. Denis sont les témoignages de l’esprit le plus délicat et généreux, libre de toute routine et que son respect et son admiration pour les grandes œuvres n’empêchent point d’espérer en un prochain avenir… ». A. Pératé, Polybiblion, mars 1914.

Notices Biographiques A.A lui permet de lire l’hébreu et l’arabe.

Artiste et critique d’art.

Le P. Abel devient un critique d’art connu, très averti pour les formes d’hier mais très ouvert aussi aux formes neuves et inédites de son temps, ce qui le rend en avance sur les jugements du public et parfois incompris ou critiqué, même de ses confrères. On trouve de ses articles dans de nombreuses publications de la Bonne Presse, mais particulièrement dans le Mois littéraire et pittoresque. Trois de ses œuvres condensent ses appréciations: les Pages d’art chrétien, l’Artiste chrétien et le Manuel d’art chrétien, maintes fois rééditées avec succès. Les formes de l’art moderne avant et après la première guerre mondiale y sont étudiées avec précision et concision, deux marques du style du P. Abel qui présente dans ses ouvrages sa théorie de l’art vivant dans les œuvres des maîtres, sans abstraction ou esprit de système. Rien n’échappe à son observation, ni la sculpture, ni l’architecture, ni l’iconographie, ni la peinture ou la décoration. En 1917, l’Académie française couronne d’un prix prestigieux les Pages d’art chrétien. On peut considérer l’Artiste chrétien comme une forme d’autobiographie romancée, prônant la réconciliation de l’art et du sacerdoce par une visée apostolique de l’art chrétien. Sur le plan personnel, le P. Abel connaît la même situation de ‘religieux isolé’ que celle de ses confrères de la rue François 1er après 1900/1901. On lui connaît à partir de 1905 trois résidences parisiennes: rue de Chaillot (1905-1907), rue Vital (1907-1909) et rue Faustin Hélie, de 1910 à 1929. Il meurt prématurément à 57 ans d’une attaque d’apoplexie. C’est sa gouvernante qui le trouve dans son lit, le 16 janvier 1929, frappé d’une congestion cérébrale qui le rend hémiplégique du côté droit. Il est transporté à l’hôpital Notre-Dame de Bon-Secours où il meurt le soir même sans avoir repris connaissance. Le samedi 19 janvier, ses obsèques sont célébrées dans la chapelle de l’hôpital. Il est inhumé au cimetière de Paris-Montparnasse, dans le caveau de l’Assomption (tombe Bailly).

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettres à la Dispersion 1929 n° 294 p. 9-14; n° 295, p. 19; n° 296 p. 24-25; 299, p. 55- 56. L’Assomption et ses muvres 1929 n° 336, p. 97-103. Polyeucte Guissard, Portraits Assomptionistes, p. 241-253. Catholicisme, t. IV col. 1037. Le Petit Alumniste 1929 n° 483, p. 26. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Ontmoeting 1963 n° 3-4, p. 37 (bibliographie complète du P. Fabre: 3 pages). Correspondance du P. Abel Fabre dans les ACR (1892-1928). Notices Biographiques