Adelin (René) WERNER – 1908-1969

Manizalès, 1956.
« Manizalès la morte se réveille enfin pour vous souhaiter une bonne et
sainte fête d’Alzon. Nous avons bien peu de choses sur le P. d’Alzon et je
me propose lors de mes prochaines vacances en Belgique de me fournir sur ce
point, car il faut nous pénétrer de plus en plus de l’esprit de notre
Fondateur. Nous en sentons le besoin parce que cet esprit est resté plutôt
dans l’ombre. On attend dans toutes les maisons ce qui pourrait faciliter
la connaissance de tous les écrits du P. d’Alzon et de tout ce qui a été
écrit sur lui. A Manizalès nous sommes deux pour l’instant. Le P. Silvère
est en Belgique pour le moment, il a reçu de mauvaises nouvelles
de sa famille. Je lui ai cédé mon tour pour les vacances. La semaine
prochaine nous serons trois. un jeune homme de 24 ans désire entrer chez
nous comme Frère convers, mais on verra d’abord s’il peut continuer des
études. Il termine pour le moment des examens au collège national
de Santa Rosa où il est professeur. Plusieurs jeunes se sont présentés. Que
faire? Je les réunis le dimanche et je
fais ainsi une sorte de cercle des vocations en attendant que Bogota ouvre
un internat ». P. Adelin Werner.

Religieux de la Province de Belgique-Sud, en mission en Colombie. Formation. René-Marcel-Joseph Werner est né le 24 décembre 1908 à Bériménil en Belgique, d’une famille profondément chrétienne, entouré de sept sœurs. Il est le type même de l’Ardennais viril et convaincu, fier, fort et fidèle. Il triomphe de bien des difficultés durant les études qu’il fait à la dure, à Zepperen (1921-1925) et à Sart-les-Moines (1925-1927). Il entre au noviciat de Taintegnies où il prend l’habit le 30 octobre 1927 et choisit en religion le second prénom de sa mère, Adelin (1). A 21 ans, le ler mai 1929, il prononce ses premiers vœux. Entre sa philosophie à Saint-Gérard (1929-1931) et sa théologie à Louvain (1932-1936), jeune Frère, il fait un stage d’une année à Bure pour une première expérience de professorat. Il gagne facilement la sympathie des élèves. C’est à Bure qu’il prononce ses vœux perpétuels le ler mai 1932. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1936. Il est de nouveau affecté à l’alumnat de Bure pour une période assez longue et fructueuse d’enseignement (1936-1947) qui englobe les années tristes de la guerre. En mission en Colombie. ,Le Père Adelin prend pied à terre à Cali en Colombie le 13 décembre 1947. Il est envoyé ensuite, à partir d’octobre 1948, à Bogota où il est vicaire à la paroisse Sainte-Sophie. Puis il est chargé d’une paroisse à Manizalès au campo Hermoso. Quand cette paroisse est organisée et l’église construite, l’évêque demande à l’Assomption de les céder au clergé séculier. C’est alors que le Père Adelin est envoyé avec le P. Roger Besseling dans un autre quartier de Manizalès, Alta Suiza où il est vicaire. A la fin de l’ année 1961, cette paroisse est cédée aux Pères Rédemptoristes. Page :379/379 Au mois de juin 1962, tandis que le P. Roger est affecté à Bogota, le Père Adelin est nommé à Cali. Atteint depuis déjà un certain temps d’artériosclérose et d’hypertension, il se sent fatigué au début de l’année 1964. Après plusieurs visites médicales, le P. Adelin rentre en Belgique au mois d’avril pour se faire soigner et se reposer durant 17 mois. A Bourcy, chez ses sœurs, il a une crise grave. Le médecin ne veut pas qu’il reparte pour la Colombie. Mais à force d’insister, le Père Adelin obtient de pouvoir retrouver ce pays cher à son cœur. Il est de nouveau à Cali le 15 septembre 1965. D’année en année, le mal empire. Cependant en 1968, il a encore le courage de se rendre au Canada passer deux mois chez une nièce. Mais dès la fin de ses vacances, surtout à partir du mois de mars 1969, le P. Adelin devient presque impotent, ne pouvant même plus célébrer l’Eucharistie. En juillet et en août, il souffre encore de plusieurs crises fortes jusqu’à celle fatale du 7 septembre 1969 qui l’emporte en cinq minutes. Le P. Adelin a beaucoup souffert d’avoir perdu sa capacité de travail. Il rêvait surtout de reprendre les visites des malades au cours desquelles il entendait les confessions et portait la communion. Dans son ministère, il s’était fait beaucoup d’amis qui vinrent nombreux lui rendre visite durant l’épreuve de sa maladie. Le lundi 8 septembre 1969, selon la coutume, ce fut un véritable défilé dans l’église SaintNicolas de Cali. La foule vient prier près du cercueil exposé dans la nef centrale. La cérémonie des obsèques a lieu le 9 septembre, présidée par Mgr Aristizabal, évêque auxiliaire de Cali. Dans son allocution, l’évêque tint à souligner la grandeur du sacerdoce, le dévouement du Père Adelin qui a quitté son pays pour venir en aide au clergé colombien et le sacrifice de ce religieux qui a enduré une pénible épreuve de santé. Le P. Luis Madina, présent à la cérémonie, se souvient que chaque matin un oiseau venait chanter à la fenêtre du malade qui attendait sa visite. Le corps du Père Adelin est inhumé au cimetière de la ville de Cali, dans le caveau réservé aux prêtres. Il est le premier Assomptionniste a être enseveli en terre colombienne, comme une semence porteuse d’avenir. D’après le P. Guibert Baudet. Page :380/380

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A-, novembre 1970, p. 149. Belgiclue-Sud Assomption, novembre 1969, n° 42, p. 1348-1353. Du P. Adelin Werner, dans les ACR, rapports sur Manizalès (1954-1960), deux correspondances (1955 et 1958). Lettre du P. Adelin Werner au P. Wilfrid Dufault, Manizalès, 15 novembre 1956. (1) On trouve les deux orthographes pour son prénom: Hadelin ou Adelin.