Adelphe (Simon) BRUGIERE – 1885-1961

Anniversaire des 150 ans de la naissance du P. d’Alzon.

« Comme les sessions des nouveaux supérieurs ont été avancées de cinq jours
et que leurs chambres réservées au monastère des Orantes du Vigan sont
occupées par des pensionnaires jusqu’au 28 août, la supérieure a fini par
trouver chez des familles amies le nombre de logements voulu. Pour la
journée du 30 août, jour anniversaire, nous sommes en pleine confusion.
Il semble que des religieux des provinces de ]’Ouest, de l’Est, de Belgique
et de Hollande veuillent venir. On a reçu des demandes de renseignements
sur les fêtes au Vigan, de
Saint-Gérard et d’Angoulême. Le Vigan ne peut héberger qui que ce soit,
mais le collège de Nîmes en chambres et dortoir. J’en ai parlé au P.
Grimonpont. De Nîmes au Vigan, il y a un car, départ 6 heures, arrivée
8h10, en plus une micheline: départ 8 h., arrivée 10h15. Insistez pour que
personne ne s’aventure à vouloir coucher au Vigan ni même à y dire la
messe: c’est impossible. Désirez-vous inviter Mgr. Girbeau? C’est le
titulaire, mais souffrant. Il peut
déléguer son coadjuteur, Mgr. Rougé ».

P. Adelphe au P. Dufault, 29
juin 1960.

Religieux français de la Province de Paris.

Parcours de formation.

Simon est né le 28 octobre 1885 à Dornas, canton du Cheylard en Ardèche. Il fait ses études secondaires à l’alumnat de Miribel-les- Echelles (Isère) de 1900 à 1904 et commence son noviciat à Louvain le 18 septembre 1904 sous le nom de Fr. Adelphe pour le terminer à Jérusalem le 18 octobre 1905 par la première profession. Après deux ans de service militaire (1906-1908) à Draguignan et Aix-en-Provence, il revient à Louvain faire ses études de philosophie (1908-1911). Son supérieur le P. Merklen le présente à l’admission des vœux perpétuels le 30 septembre 1909: « Excellent religieux, régulier, docile et dévoué, intelligent et laborieux ». Le Fr. Adelphe passe un an comme professeur de seconde à Taintegnies (1911-1912) avant d’entreprendre ses études de théologie commencées à Jérusalem (1912-1914) et terminées à Rome (1914-1916). Il est ordonné prêtre à Rome le 3 mai 1915. Il est ensuite mobilisé au front de 1916 à 1917, fait prisonnier en 1917 et retenu sous les drapeaux jusqu’en mars 1919.

Entre l’enseignement et le ministère pastoral.

La vie sacerdotale du P. Brugière se partage entre ces deux activités: enseignement à Miribel-les-Echelles (1919-1923), en résidence à Montpellier (1923-1929), à l’alumnat de Davézieux (Ardèche) de 1929 à 1931, puis de nouveau à Montpellier d’où après un an il se rend au collège de Perpignan (1932-1937). Il est ensuite supérieur de Vérargues (1937-1946), professeur de morale à Lormoy (Essonne) de 1946 à 1951. Il revient une troisième fois à Montpellier où il est supérieur à partir de 1952. En 1957 il est nommé aumônier des Orantes au Vigan où il meurt le 28 avril 1961 et où il est inhumé le 2 mai suivant, dans le caveau du clergé.

Témoignage sur le P. Brugière, supérieur de Vérargues.

Un de ses collaborateurs à Vérargues de 1937 à 1941 écrit du P. Adelphe: « Il est à la tête de l’alumnat d’humanités et c’est, je crois, son premier poste de supérieur. Voici quelques traits de sa physionomie qui me sont restés en mémoire. Il est volontiers paternel, plein de bonhomie, avec les religieux ou les élèves, familier et détendu. Ainsi je me souviens de certaines veillées de chansons le dimanche soir où il s’amuse au milieu de nous dans une atmosphère de jeunesse et de franche gaieté. Il a une âme apostolique et, sauf erreur, c’est lui qui suscite dans la nouvelle chapelle de Notre-Dame-de-la-Paix les premiers rassemblements populaires des pèlerinages locaux où il aime à exciter la ferveur par sa voix chaude et vibrante. Soucieux de la beauté de la maison, il garnit la chapelle de belles stalles en chêne et meuble l’étude de bureaux élégants et solides toujours utilisés par les humanistes de Soisy. Mais son tempérament ne lui permet pas toujours de garder la tête froide dans les difficultés irritantes. Je garde de lui le souvenir d’un bon religieux, d’un apôtre, d’un père affectueux, d’un cœur bon et simple, parfois maladroit, toujours soucieux du bien des âmes ».

Un Orant avec les Orantes.

Autre témoignage, celui des Orantes du Vigan: « Un poste de radio qui nous est donné est installé dans son bureau et lui procure une salutaire distraction. Les Viganais, les prêtres des environs prennent l’habitude de se confesser à lui, de recourir à ses conseils. Rapidement il entre dans la compréhension profonde et le réel de notre vie d’Orantes contemplatives et v eut nous aider à en satisfaire toutes les exigences. Discret par rapport à la vie de communauté, il sait être pour chacune un soutien d’une rare sagesse. Chaque semaine, il nous fait une conférence sur une question de la Somme de Saint Thomas, au début de façon un peu abstraite. Il s’en rend compte et change sa manière de faire: il nourrit beaucoup plus notre vie d’oraison: il est devenu orant avec les Orantes ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. octobre 1962, p. 169. Lettre à la Famille 1962, n° 332,p. 237-238. Paris-Assomption mai 1961, n° 76, p. 26-27 et octobre 1961, n° 78, p. 29-31. Les archives romaines conservent des rapports du P. Brugière sur Perpignan (1933), ainsi que de la correspondance (1907-1960) dont une partie a été publiée dans la Lettre à la Dispersion.