Adulf (Adrianus-J.-M.) VAN DE – 1910-1981

Louvain, 1964.
« Je me permets de soumettre à votre Eminence un rapport sur les faits qui
sont arrivés au Centre catholique ukrainien à Louvain dont je fus le
directeur. Depuis 1957, mon supérieur
Provincial, à la demande de Mgr Ivan Bucko, a bien voulu me libérer de
toute autre occupation pour prendre en charge ce
centre uniquement. En y arrivant, j’ai trouvé une situation intenable, une
maison avec un esprit malsain où mon prédécesseur avait eu pas mal de
difficultés qui ont conduit à sa démission. La maison avait plutôt l’air
d’une caserne. Avec
l’aide de la Congrégation, j’ai pu en 1960 transférer le centre dans un
autre immeuble pour tout réorganiser. Mgr Bucko a témoigné plusieurs fois
de sa satisfaction pour mon action. Le
5 août dernier, il a réuni une assemblée générale extraordinaire de
l’Association pour changer les statuts et accentuer le poids des laïcs et
des étudiants. Lui ayant fait observer que cette assemblée n’était pas
légitime parce qu’elle n’avait pas été convoquée par le Président ou le
Secrétaire de I’oeuvre, Mgr m’a déclaré à brûle-pourpoint que dorénavant
toute collaboration avec moi était impossible. J’ai donné ma démission …
».

Religieux de la Province des Pays-Bas. Une vocation oecuménique de l’Assomption. Adrianus-Johannes-Maria Van De Wal est né le 2 mars 1910 à Bois-le-Duc aux Pays-Bas. Il fait ses études secondaires au collège des jésuites à Turnhout en Belgique de 1924 à 1926, puis à l’école apostolique Sainte-Thérèse de Boxtel, de 1926 à 1931. Le 4 octobre 1931, il prend l’habit au noviciat de Taintegnies, sous le nom de Frère Aduif. Il prononce ses premiers vœux le 5 octobre 1932. Le P. Romanus Declercq, son maître des novices, le décrit ainsi: « Le Frère Adulphus n’a eu au noviciat qu’à continuer, en l’améliorant encore, la vie qu’il menait à Boxtel. On pourrait dire qu’il est naturellement sérieux et réservé et qu’il est né ainsi. Il fera bien ce qu’il aura à faire et le fera sans bruit, mais aussi sans beaucoup d’initiative personnelle ». C’est à Saint-Gérard qu’il accomplit ses deux années de philosophie (1932-1934). On lui demande une année de professorat à Zepperen avant d’entreprendre le cours de ses études théologiques à Louvain (1935-1939). Il devient profès perpétuel le 5 octobre 1935 à Louvain et y est ordonné prêtre le 26 février 1939. De 1939 à 1946, le Père Adulf est à Bergeyk, donne des cours au noviciat, puis enseigne les sciences au scolasticat. En 1946, il se rend à Nimègue où il apprend le russe et, de 1950 à 1952, il devient vicaire à la paroisse de Halsteren. En 1952, le Père Adulf part à Rome étudier à l’Institut Pontifical Oriental. Le 28 novembre 1957, il soutient sa thèse de doctorat. Une tentative officieuse de pacification entre le Saint-Siège et la Russie en 1858. Il est alors nommé directeur du Centre catholique ukrainien de Louvain où il demeure jusqu’en 1964 (1). Il en est démissionné assez brutalement par Mgr Ivan Bucko, suite à un certain nombre de différends notamment d’ordre administratif et gestionnaire. Page :189/189 Après une nouvelle année d’étude à Rome, il est nommé à l’Institut Byzantin de Nimègue (2). Il en est le secrétaire-trésorier de 1974 à 1977. Dans ses dernières années, le Père Adulf sent sa santé s’affaiblir peu à peu. Cependant il écrit encore quelques brochures et accompagne plusieurs pèlerinages à Lourdes. Trouvé un matin dans le coma, il est immédiatement transporté à l’hôpital où, sans avoir repris connaissance, il décède le dimanche matin, le 15 mars 1981. Les funérailles du P. Adulf sont célébrées dans l’église paroissiale Saint- Pierre à Boxtel. Il est inhumé dans le cimetière assomptionniste de Boxtel-Stapelen. (1) Ce foyer permet à des étudiants ukrainiens de suivre des cours à l’Université de Louvain. Ces jeunes gens sont aidés par la Congrégation romaine pour les Eglises orientales, dont le secrétaire est alors le Cardinal Tisserant rencontré régulièrement par le P. Adulf qui lui rend compte de son administration. Mgr Bucko, qui ne fait que passer habituellement quelques jours à Louvain, est alors visiteur apostolique pour les Ukrainiens et Ruthènes de rite byzantin dans les pays européens de l’Ouest. (2) L’Assomption néerlandaise s’est engagée sur la voie d’un OEcuménisme intellectuel après la seconde guerre mondiale en créant le Centre de Nimègue. D’autre part, en acceptant en 1950 la prise en charge d’un séminaire de rite oriental au Liban, des religieux de la Province de Hollande ont acquis sur le terrain de solides expériences de type oecuménique. On peut à ce sujet consulter l’étude que les PP. A Van Der Aalst, Arno Burg et C. Krijnsen viennent de consacrer au cinquantenaire de la revue Ilet Christelijk Oosten (1948-1988) dans leur livre Dat alien één zijn, Nijmegen, Valkhof Pers, 1999, 259 p. Cet engagement de la Congrégation en faveur des Eglises d’Orient prend naissance, du temps du P. d’Alzon, avec la fondation d’une première communauté en 1862 à Philippopoli, point de départ et tête de pont de ce qui sera appelé la Mission d’Orient. A la fin du XIXème siècle, les Assomptionnistes d’Istanbul (Kadi- Keuï) commencent à publier une revue savante, ‘Les Echos d’Orient, devenue par la suite la célèbre Revue des Etudes Byzantines, organe de l’Institut français d’Etudes byzantines (Istanbul, puis Bucarest, puis Paris). Revient comme un refrain ab origine dans les textes législatifs de l’Assomption ce souci d’un volet oecuménique dans l’orientation apostolique de son esprit et des activités qu’elle suscite. On lit par exemple dans les Règles Capitulaires de 1964, n° 186: ‘L’Assomption, par tout le poids de son origine et de son histoire, incline vers les oeuvres doctrinales, sociales et oecuméniques, l’accent préférentiel étant d’ailleurs placé sur le souci de la doctrine’, o.c., p. 67. Et à l’article 240 est précisé que la Congrégation exerce son apostolat oecuménique sous des formes diverses: institut de recherche, publications, revues, presse, enseignement, apostolat direct dans les pays du Proche-Orient. Depuis 1973, une session Inter-Assomption, à l’initiative de la C.O.I.A. (Commission OEcuménique Internationale de l’Assomption), réunit tous les deux ans ses membres et des religieux(ses) volontaires pour une formation et une sensibilisation à la réflexion et à l’activité OEcuméniques. Page :190/190

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (Il) 1981-1983, p. 9-10. De Schakel, 1981, p. 160-2. Lettre du P. Adulf Van De Wal au Cardinal Testa, secrétaire de la Congrégation des Eglises orientales, Louvain, 31 août 1964. Du P. Adulf Van de Wal, dans les ACR, chroniques oecuméniques (1958-1959), étude des rapports du Patriarcat de Moscou avec les autres Eglises orthodoxes (1960), le Synode d’union de Lemberg, les Eglises russo-orthodoxes indépendantes en France (1967), Kerk en Godsdienst in Sowjet Rusland (1962), moskouse Studenten- rel (1958), quelques correspondances (1959-1969).