Aegidius (Frans-Hubert) BECKERS – 1909-1998

Steenbergen, 1958.
« Au nom de toute la communauté, je vous présente mes vœux les plus
sincères et demain nous chanterons la sainte Messe à vos intentions. Les
travaux de notre nouvelle maison avancent bien. Nous espérons que tout sera
fini pour le mois d’août l’année prochaine. Il est grand temps, car la
maison actuelle est déjà trop petite. Vous la connaissez et bien, pour le
moment, nous sommes au nombre de 26. Le réfectoire doit désservir en même
temps de salle de récréation.

Ma chambre sert aussi de salle de récréation pour les religieux, de parloir
et, une
fois par mois, de salon de coiffure. c’est là que le coiffeur vient couper
les cheveux des Frères. Les 18
Frères vont très bien. Il y a 14
Frères de chœur et 4 Frères convers. Ils donnent tous une très bonne
impression et ils sont jusqu’à présent très enthousiastes.

Veuillez agréer, mon cher Père, l’assurance de mon attachement filial ».

P. AEgidius Beckers.

Religieux de la Province de Hollande.

Première tranche de vie, jusqu’en 1950.

L’année 1909, le 5 octobre, la famille Berkers, à Heugem, près de Maastricht aux Pays-Bas, se réjouit de la naissance d’un nouvel enfant au foyer de Mattheus et de Barbara, née Starren, auquel sont donnés les prénoms de Frans-Hubert. Le petit garçon très tôt demande à devenir prêtre. Après le temps de l’école primaire à Heugem (1914-1922), puis à Maastricht (1922-1923), Frans-Hubert entre à l’école apostolique Sainte-Thérèse de Boxtel où il est scolarisé de 1923 à 1929. Le 27 octobre 1929, il prend l’habit assomptionniste au noviciat de Taintegnies en Belgique, sous le nom de Frère ,Egidius. Il se trouve sous la houlette du P. Ronianus Declercq. Le 28 octobre 1930, il prononce ses premiers vœux. Après deux années de philosophie à Saint-Gérard (1930-1932), il est envoyé à la maison d’études de Louvain pour la théologie. Il y prononce ses vœux perpétuels le 28 octobre 1933 et il y est ordonné prêtre le 21 février 1937. Il est à nouveau envoyé au scolasticat de Saint-Gérard, mais cette fois pour y enseigner la philosophie durant trois ans (1937- 1940). D’humeur très égale, il est jugé tout à fait apte à diriger, sinon une grande maison, du moins une communauté à vie régulière. Au début de la guerre, en 1940, le P. kgidius est nommé supérieur de la maison d’études de Bergeyk nouvellement érigée. En 1949, la même tâche lui est confiée, mais cette fois à De Lutte, près d’Oldenzaal, pour y enseigner la philosophie durant trois années. En 1946, il est à la fois supérieur et maître des novices à Haisteren, dans la ville de Testers, pour diriger cette nouvelle fondation. En 1947, le voici nommé supérieur de la maison d’études internationale à Rome. Tout en s’adonnant avec soin à sa tâche, il prépare un diplôme d’études supérieures en droit canonique.

Supérieur et maitre des novices. En 1950, le P. kgidius, rentré au pays natal, passe quelque temps à Kerkenbosch avant d’être nommé supérieur et maître des novices à Halsteren et plus tard à Ilalsteren où le noviciat a été transféré.

Notices Biographiques A.A Ce n’est que le 9 août 1962 qu’il revient à Kerkenbosch comme aumônier pour le monde du travail. En juin 1971, il déménage à Beek pour aller habiter avec sa sœur. F-ntre-temps, il est devenu collaborateur au tribunal ecclésiastique pour toutes les causes de demande de divorce. Il accomplit ce travail jusqu’à l’été 1982. Il peut alors penser savourer un temps de retraite et de repos bien mérité et se livrer aux joies de la nature et du jardinage.

Séjour à la maison de soins Cunéra.

A partir de 1997, la santé du P. Aegidius commence à décliner. Arrivent pour lui les heures difficiles de la vieillesse. Après s’être porté comme un charme, il prend conscience d’un mal qu’il n’arrive pas à identifier, mais ce mal empire au point qu’après avoir été soigné à l’hôpital de Beek, il doit intégrer la maison de soins Cunéra de Heeswijk-Dinther. Il accepte cette infortune avec une résignation admirable. Par sa bonne humeur et son contentement habituels, il sème la joie dans la section de l’établissement où il est soigné. Le personnel reconnaît en lui un homme aimable, toujours souriant, ayant la joie de vivre. Le P. AEgidius, depuis longtemps devenu le P. Frans, passe son temps à colorier des dessins, signés ou non de sa main, dont il fait cadeau. Il sait apprécier ce temps de contact gratuit avec les personnes, reconnaissant pour tous les visteurs qui savent l’entourer, le personnel soignant, des confrères et des membres de sa fmaille. Il passe à Cunéra une dizaine de mois. Il reçoit la mort le sacrement des malades pour le grand voyage vers le ciel, selon son expression. Il meurt le 10 août 1998 et ses obsèques sont célébrées en l’église Sainte-Thérèse de Lennisheuvel, suivies de son inhumation le jeudi 13 août au cimetière des religieux de la Province des Pays-Bas, à Boxtel-Stapelen.

Personnalité.

Le P. Frans est un homme aimable, un religieux plein de foi. Ces qualités naturelles et surnaturelles lui ont été d’un grand secours pour sa longue tâche de supérieur et de maître des novices. Une de ses grandes qualités reconnues est sa capacité d’écoute. Il a cette disposition de savoir écouter ce que l’on attend de lui. Dans sa vie religieuse, il est allé partout où on lui a demandé d’aller, pour des missions qui n’ont pas été toutes faciles. Souvent il devait avancer en eau profonde, chaque fois dans des situations différentes, des fondations nouvelles: Bergeyk, De Lutte, I-laisteren, Steenbergen, Rome, Herkenbosch. Chaque fois, à chaque génération de novices, il recommence pour composer un nouveau groupe de vie et accompagner les nouveaux jeunes qui lui sont confiés pour l’accompagnement spirituel. Il accepte ses fonctions sereinement, restant ce qu’il est profondément, un homme serein, heureux de sa @le, portant les épreuves qui se présentent, encourageant les novices dans leur marche d’approche et de découverte de la vie religieuse. On aime se rappeler aussi qu’il aime la nature et tous les petits bonheurs simples que la vie quotidienne peut procurer. Homme d’intériorité, on se rappelle de ses temps de célébration à la chapelle durant lesquels il se laissait comme absorbé dans la prière.

Bibliographies

Bibliographie : Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999. De Schakel, 1998, oktaber, n° 4, p. 194- 205. Lettre du P. Egidius Beckers au P. Wilfrid Dufault, Steebergen, 11 octobre 1958. Du P. Egidius Berkers, dans les ACR, rapports sur Halsteren (1945-1948 et 1951- 1955), sur Steenbergen (1953-1960), quelques correspondances (1945-1968).