Agustin (Carlos) BORGOGNO-CRUZ – 1880-1958

Un parcours spécial.

« Le Fr. Agustin a reçu de sa mère mourante la confidence qu’il est fils
illégitime, né quelques mois après la mort de son père, Jose-Luis Borgogno,
d’un certain Lynch, Mais il a toujours été considéré et traité comme un
fils légitime par sa mère, Fructuosa Cruz.

Bien qu’il ait fait un noviciat tout à fait régulier et qu’il aurait pu
prononcer des vœux pour trois ans, il s’engagea pour un an, ceci pour la
deuxième période de son
engagement, c’est-à-dire après le premier essai de 1900-1901. Les vœux
expirés dans le cadre de sa deuxième tentative, le 15 février
1910, alors que tout était prévu pour un engagement définitif, il se
retira, puis il voulut à nouveau rentrer le 1er janvier 1911. Mais cette
fois, devant la complication
d’une situation plus ou moins canonique, qui dure depuis 10 ans, il a été
jugé préférable, sans le renvoyer de le prendre en communauté comme un
familier. Ainsi en tout cas en a décidé le P. Joseph Maubon qui s’intéresse
beaucoup à lui et lui a conseillé, avant de reprendre le joug des vœux, de
fortifier sa décision de devenir religieux de
l’Assomption.

Sa situation personnelle entre
1900 et 1911 est assez embrouillée ».

Religieux chilien de la Province de Bordeaux.

Un ’ancien’ de Mendoza, hésitant.

Carlos est né le 11 avril 1880 à Santiago du Chili. Orphelin de bonne heure, il est recueilli à l’alumnat naissant de Mendoza où d’après le P. Joseph Maubon, c’est un enfant timide, de santé délicate qui recule devant la perspective du sacerdoce et demande à entrer comme frère dans la vie religieuse. Il prend l’habit sous le nom de Fr. Agustin à Los Andes (Chili) le Il février 1900, des mains du P. Thomas Darbois. jeune homme distingué, pieux, rêvant de vie contemplative, d’un naturel doux mais hésitant. La ‘bousculade’ des maisons d’œuvres assomptionnistes au Chili le fait sortir des rangs de l’Assomption et frapper à la porte des Dominicains, deux ans après son noviciat (1903), mais ne pouvant vivre en dehors du ‘bain assomptionniste’, il sollicite à nouveau son entrée après quelques jours d’essai. Il prononce ses premiers vœux à Santiago le 25 décembre 1905 et connaît deux affectations: Lota et Santiago. Le 2 mai 1909, le Fr. Agustin est admis à la profession perpétuelle, mais repris par son caractère hésitant et timoré, il ne les prononce pas, quitte la Congrégation et revient quelques mois après.

Du dehors au dedans.

Repris comme familier à l’Assomption, fr. Agustin va à Conception (1911-1913) où le P. Casimir Romanet le prend en charge. C’est alors que, dans le souci de lui donner une formation religieuse plus complète, le P. Joseph Maubon qui porte ce Frère Agustin en grande estime l’envoie en Europe. Il commence par débarquer à Louvain et finit par se retrouver à Rome en novembre 1913 où il remplit les fonctions de sacristain à l’église Saint-Venance. Porté au découragement, il suffit de faire parler l’obéissance pour le remonter!

Le 6 janvier 1915, il reprend son parcours de vie religieuse en prononçant des vœux pour trois ans entre les mains de Mgr. Petit et le 11 février 1918, le P. Joseph Maubon, ancien missionnaire au Chili, mais depuis la mort du P. E. Bailly, vicaire général de la Congrégation, reçoit ses vœux perpétuels à Rome. En novembre 1918, Fr. Agustin rentre au pays et est envoyé aussitôt à la paroisse San Juan de Matha à Conception où il reste 40 ans (1918-1958). Très habile, très actif, il donne là toute sa mesure, organisant un cinéma, grande nouveauté en ce lieu et en cette période dans le cadre paroissial. Aimant les patronages, doué pour la musique, il forme de nombreux chœurs pour solenniser les fêtes et les dimanches. On se souvient aussi qu’il confectionne des torches par milliers pour les processions et manifestations nocturnes. Electricien, mécanicien, menuisier, réparateur d’harmoniums, il sait à peu près tout faire dans la même journée, à l’église, à la sacristie, à la communauté. Régulier et pieux dans ses exercices, un peu porté au scrupule que l’obéissance apaise, préoccupé de vie pauvre, il se montre en communauté confrère agréable et très dévoué. Son savoir-faire est réputé à l’extérieur, aussi est-il assiégé du matin au soir par les pauvres gens du quartier, recourant volontiers à ses services. C’est pourquoi, demeuré, malgré l’âge, agile et vigoureux, il est toujours en mouvement.

Un terrible accident mortel.

Le jeudi 11 décembre 1958, vers 15 h., un ouvrier s’occupe à supprimer une gouttière sur le toit de la maison assomptionniste à Conception. Malgré ses 78 ans, le Fr. Agustin se joint à lui, moitié pour l’aider, moitié pour le surveiller. Une plaque de zinc à la main, surpris par un coup de vent, il perd l’équilibre et fait une chute de 10 mètres, tombant sur du ciment. L’ouvrier, le voyant tomber, cherche à le retenir par un pan du vêtement, mais la pièce se déchire, évitant ainsi une deuxième chute et sans doute un deuxième décès. Alerté, le P. Jose Allavena trouve le Frère étendu, sans connaissance. Secouru par un poste d’ambulance, opéré le vendredi 12 au matin, il meurt l’après-midi vers 16 heures. Il est inhumé le dimanche 14 dans un des ‘nichos’ de la paroisse.

Bibliographies

Bibliographie : B.O.A. juin 1959, p. 56. Lettre à la Famille 1959, p. 158-160.