Albéric (Albert-Françis) VERNAY – 1906-1991

Saint-Sigismond, 1958.

« Au retour d’une semaine pascale assez dure, j’ai trouvé votre lettre si
réconfortante! J’en ai été à la fois surpris et touché. Malgré vos travaux,
vos déplacements et votre courrier accablant, vous avez bien voulu
m’assurer de vos prières à l’occasion de la mort de mon père [Emile]. Je
reconnais là votre grand cœur et je vous remercie. Mon père a beaucoup
souffert, que ce soit à l’hôpital, que ce soit au domicile de mon frère où
il a été soigné. J’avais pu encore aller le voir après Noël. Il s’est ainsi
éteint tout d’un coup, mais il avait déjà reçu les derniers sacrements et
communié plusieurs fois. Je vous remercie encore tout
particulièrement de vos prières pour le repos de son âme. En retour, je ne
vous oublierai pas dans les miennes pour que le bon Dieu vous accorde
force, courage et consolation dans votre tâche si lourde. Veuillez agréer,
mon cher et révérend Père, avec mes remerciements l’expression de mes
sentiments respectueux et affectueux, avivés encore par le bon souvenir que
j’ai gardé de votre dernier passage».

P. Albéric Vernay.

Religieux de la Province de France. Curriculum vitae. Albert-Francis Vernay est né le ler décembre 1906 à La-Balme de Sillingy en Haute-Savoie. Il est scolarisé enfant à La Combe de Sillingy, puis entre pour ses études secondaires dans les alumnats de Saint-Sigismond (Savoie), de 1918 à 1922, puis de Miribel-les-Echelles (Isère), de 1922 à 1924. Le 31 octobre 1924, le Père Ernest Baudouy lui donne l’habit au noviciat belge de Taintegnies où le jeune postulant prend le nom de Frère Albéric. Le ler novembre 1925,’ il y prononce ses premiers vœux. Le P. Savinien Dewaele, son maître des novices, l’apprécie de la façon suivante-. « Le Frère Albéric désire faire profession. Il y a chez lui d’excellentes dispositions, les motifs de sa vocation me paraissent solides. Il faudra cependant l’aider beaucoup à se corriger de son inconstance et d’une certaine négligence dans les choses pratiques. Il se passionnera pour l’étude et arrivera, je crois, à de bons résultats à force d’application. Son caractère le porte à être un peu tout eu tout flamme; j’y relève de la délicatesse, de la timidité et de la sensibilité. Mais c’est un jeune homme impressionnable qui doit dominer ses impulsions, sa susceptibilité et ses colères passagères ». C’est à la maison d’études de Saint-Gérard que le Frère Albéric étudie la philosophie (1926-1928). De 1928 à 1929, il accomplit à Dunkerque (Nord) ses obligations militaires. Il est envoyé à Rome pour ses études de théologie (1929-1933). Il y prononce ses vœux perpétuels le 27 octobre 1930 et il y est ordonné prêtre le 30 octobre 1932. La vie ministérielle du P. Albéric est consacrée à l’enseignement et à la vie en paroisse. En voici les principales étapes: de 1933 à 1934, il est affecté à la communauté de Kadi-Keuï en Turquie, au service des Echos d’Orient. De 1934 à 1939, Page :303/303 il est professeur à l’alumnat de Scy-Chazelles (Moselle). Mobilisé en septembre 1939, il est fait prisonnier et passe toute la durée de la seconde guerre mondiale en captivité en Allemagne (1939-1945). De 1945 à 1951, il est affecté au service du collège de Briey (Meurthe-et- Moselle). De 1951 à 1952, il fait fonction de vicaire à la paroisse du Rouet à Marseille (Bouches-du-Rhône). De 1952 à 1960, il est professeur à l’alumnat de Saint-Sigismond (Savoie), mais il est peu heureux dans l’enseignement où il ne réussit guère à dominer sa classe. De 1960 à 1961, il est envoyé en repos à Lyon-Debrousse (Rhône) à cause de sérieux problèmes psychiques qui l’obligent à ménager sa santé restée fragile. Il ne fait guère confiance à la médecine officielle. De 1962 à 1964, il retrouve la vie de la paroisse au Rouet, à Marseille. De 1964 à 1973, il devient l’aumônier des Petites Sœurs de l’Assomption à Firminy (Loire). De 1973 à 1976, il est en résidence à Lyon-Debrousse où il rend service à l’œuvre de la Procure, correspondant avec les bienfaiteurs. En septembre 1976, il rejoint la maison de repos de Saint- Sigismond: c’est la dernière étape de sa vie, toute de paix, de silence, de solitude presque, de lecture et de prière. Elle le prépare à la rencontre avec le Seigneur, qui a lieu le samedi 22 juin 1991 à 23 heures, après une semaine de lutte, très dure par moments. Le 26 juin, ses obsèques sont présidées par le P. Michel Zabé, Vice-Provincial de l’Est. Le P. Albert Heckel, son supérieur, retrace la vie et la personnalité de ce religieux: « Le P. Albéric a été connu comme un professeur sérieux, méthodique, exigeant, bon pédagogue et clairvoyant. J’en ai reçu le témoignage d’un de ses élèves des premières années à Scy. Simplicité et austérité étaient des qualités bien familières au P. Albéric. Ceux qui ont vécu quelque temps avec lui en ont eu l’évidence. Le style de vie simple et modeste demandé au religieux appelé à vivre pauvre comme le Christ, le P. Albéric l’a pratiqué, allant même jusqu’à une réelle austérité. Et ce n’était pas là simple affaire de tempérament. C’est ainsi, et dans la disponibilité profonde dont témoignent ses nominations multiples, que le Père a réalisé la dépossession de lui-même, qui a rendu possible, à l’heure de la mort, l’abandon confiant à Dieu (1) ». (1) D’après le témoignage du P. Albert Heckel, le jour des obsèques du P. Albéric Vernay à Saint-Sigismond, le 26 juin 1991. Page :304/304

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 26. Assomption-France, Nécrologie année 1991, p. 213-214. Lettre au P. Albéric Vernay au P. Wilfrid Dufault, Saint-Sigismond, 10 avril 1958.