Albert (Albéric) CATOIRE – 1869-1945

Un religieux en peine.
« Peut-être avez-vous déjà été mis au courant par la Congrégation des
Religieux de la grave demande que j’ai adressée au Saint Père de me relever
de l’obligation de mes vœux de religion pour trois
ans et de me permettre de me mettre sous l’obéissance de Mgr Cornélius Van
den Ven, évêque d’Alexandrie
(Louisiane) qui veut bien accepter de me prendre parmi les prêtres de son
diocèse. J’ai exposé les motifs très graves qui m’ont porté à le faire et
exprimé les sentiments qui m’ont engagé à prendre cette décision très
importante dans ma vie. Je n’ai jamais senti une affection très forte pour
la Congrégation et surtout pour ses œuvres. En fait je n’ai jamais été
heureux et satisfait dans aucune, ni en France, ni au Chili, ni en
Angleterre, ni même ici à New York. J’ai espéré qu’avec le temps je finirai
par prendre confiance. Les troubles par lesquels est passée la Congrégation
ces dernières années pour ses Constitutions ne m’ont pas aidé. A cause de
cela et du pauvre état où se trouve ma réputation dans l’esprit de beaucoup
de religieux, je crois avantageux de changer ma situation ».
Lettre du 14 mai 1928.

Religieux belge de la Province de Paris.

Un simple faire-part dans La Croix.

Le P. Albert Catoire, frère du P. Anselme, est décédé le 14 mars 1945 à New York, selon le journal La Croix du mardi 20 mars: c’est à peu près le seul document imprimé officiel de son existence dont nous ne pouvons guère retracer le déroulement, en dehors des quelques éléments chronologiques transcris sur le Registre des Religieux. Il est juste de reconnaître toutefois que l’année de la mort de ce religieux (1945) n’est guère favorable à la collecte d’informations, d’autres cas tout à fait similaires se présentant pour la même période. D’autre part, à la simple lecture des quelques correspondances conservées de ce religieux, il est facile de relever, de sa part, une instabilité continuelle, attestée par de multiples et répétées demandes d’exclaustration et d’incardination auxquelles la Congrégation romaine des Religieux n’a pas voulu donner suite, si nous donnons foi aux documents consultés.

Eléments chronologiques pour une biographie.

Le P. Albert est né en Belgique le 4 août 1869, à Taintegnies au diocèse de Tournai, au foyer d’Albéric Catoire et de son épouse Fideline, née Bonnet. Il est prénommé :à son baptême Albérie comme son père. Sa scolarité se déroule à l’orphelinat d’Arras (Pas-de-Calais) de 1883 à 1885 et à l’alumnat de Clairmarais de 1885 à 1887. Il prend l’habit sous le nom de Frère Albert le 8 septembre 1887 à Livry (Seine- Saint-Denis) et prononce ses premiers vœux le 8 septembre 1888. Son maître des novices, le P. Emmanuel Bailly, note simplement sur le rapport d’admission: « Frère Albert, comme belge, échappe au service militaire. C’est un jeune âgé de 20 ans, un peu têtu, mais assez vertueux pour ne pas s’obstiner longtemps. Il est capable,

actif et généreux dans le travail manuel et dans les œuvres extérieures ». La profession perpétuelle du Frère Albert a lieu à Livry le 8 septembre 1889. Selon la coutume du temps, le Frère Albert est envoyé comme professeur d’alumnat dans les petites classes: Arras (1890- 1891), Notre-Dame des Châteaux en Savoie (1891-1892). Il reprend le cycle de sa formation personnelle, en faisant ses études à Livry (1893-1895), au terme de laquelle il est ordonné prêtre le 11 août 1895. Il note lui-même qu’il s’est adonné à l’apprentissage de deux langues vivantes, l’anglais et l’espagnol.

Vie apostolique en toutes directions.

La fiche personnelle que chaque religieux est amené à remplir dans les années 1923 mentionne la longue liste des affectations que le P. Albert connaît comme professeur après son ordination: alumnat de Miribel-les-Echelles en Isère (1896-1898) Notre-Dame des Châteaux (1899), Paris rue François 1er (1899), Los Andes, Mendoza et paroisse de Rengo au Chili de 1900 à 1905, passage en Angleterre à Newhaven et Charlton entre 1905 et 1909, enseignement à Philippopoli en Bulgarie (1909-1910), Bure en Belgique (1911) et enfin New York aux Etats- Unis à partir de 1911. Sa correspondance pendant cette période se fait l’écho des difficultés qu’il éprouve: en 1910 il demande à entrer dans le clergé séculier, demande motivée pour subvenir aux besoins matériels de sa mère, veuve et sans ressources. Il s’est également heurté au P. Herman, professeur de musique au collège de Philippopoli, dans l’exercice de sa charge de préfet de discipline. Après 1911, nous perdons sa trace, les documents restent muets sur ses affectations que nous supposons nombreuses. D’après le registre, le P. Albert, décédé à New York, serait inhumé à Bergerville au Canada (?).

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille 1945, n°, p. 16. Les ACR n’ont gardé qu’une dizaine de correspondances du P. Albert Cataire (1902-1928).