Albert (Goulven) LOSSEC – 1920-1999

Layrac, 1947. « Ce m’est un grand honneur d’être le délégué de la
communauté de Layrac pour vous exprimer les vœux de nouvelle année. En vous
assurant des prières des étudiants, je suis heureux de vous dire combien
votre souvenir reste vivant au cœur de tous et spécialement, peut- être,
des plus anciens qui,
vous ayant connu de plus près, ont pu apprécier d’autant plus vos qualités
de chef et de Père. Voilà un an écoulé depuis la scission des maisons
d’étude. Le scolasticat de Bordeaux a été bien ‘éprouvé à ses débuts par la
mort du P. Faustin
[Gerbet] qui durant un court séjour parmi nous avait su conquérir tous les
cœurs. Ce lourd sacrifice a été agréable à Dieu et les effets bienfaisants
ont rejailli sur la communauté. Y-a-t-il d’œuvre plus solide que celles qui
sont bâties sur
le sacrifice? La première
année a été couronnée par une belle promotion de onze nouveaux prêtres.
L’année nouvelle s’annonce encore chargée de nombreuses grâces. C’est en
premier lieu le jubilé sacerdotal du Père Supérieur que tous les étudiants
ont
pointé au rouge non dans leur calendrier mais dans leurs esprits. C’est
ensuite les ordinations sacerdotales encore plus nombreuses que l’an
dernier, 12 ou 13 nouveaux prêtres…».

Religieux de la Province de France.

Etapes d’un long temps de formation.

Goulven Lossec est né à Ploudaniel (Finistère) le 25 avril 1920. En 1932, sa nombreuse famille va s’établir à Traongurun, étymologiquement au ‘Val de la foudre’ en Lesneven. Goulven entre à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire) en 1933, passe à Cavalerie (Dordogne) en 1937, puis au noviciat de Pont-l’Abbé d’Amoult (Charente-Maritime) en 1940. Profès le 16 octobre 1941 sous le nom de Frère Albert, il part à Lormoy (Essonne) pour les études de philosophie. En 1943, il décline une invitation pour l’Allemagne et retourne aux champs paternels. Il reprend les études à Lormoy en 1944, les poursuit à Layrac (Lot-et-Garonne) en 1946, et y est ordonné prêtre le 21 février 1948.

Etapes d’un long parcours : 1948-1999.

Le nombre des obédiences du P. Albert ne doit pas surprendre. Plusieurs sont liées à l’évolution des implantations de la Province de Bordeaux puis à celles de la Province de France. Leur ensemble témoigne plutôt des compétences et de la disponibilité souriante du Père Albert:

1948-1950: vicariat à la paroisse de Tasdon-La Rochelle (Charente-Maritime),

1950-1951: paroisse de Pouffonds, dans le secteur de Melle (Deux-Sèvres),

1951-1955: économat et professorat à l’alumnat de Melle,

1955-1956: économat à l’alumnat de Cavalerie à Prigonrieux (Dordogne) 1956-1957: économat à l’orphelinat de la Grande- Allée, à Toulouse (Haute-Garonne),

1957-1966: professorat au collège Jeanne d’Arc de Tarbes (Hautes-Pyrénées)

et économat de la communauté à partir de 1962,

1966-1967: paroisse de Saint-Sauvy, au secteur de Gimont (Gers),

1967-1976: vicariat à Gimont et supériorat de la communauté de 1969 à 1972,

1976-1991: insertion dans l’équipe pastorale de Melle; économat de 1976 à 1985. Le Père Albert subit une opération du cœur en 1990,

1991-1994: supériorat du Centre d’Accueil de Saint-Maur (Maine-et-Loire),

1994-1996: vicariat à Notre-Dame de Salut à Bordeaux-Caudéran (Gironde),

1996-1999: en semi-repos à Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime).

On peut résumer: le Père Albert a passé trente ans de sa vie sacerdotale dans la pastorale paroissiale et douze années dans l’enseignement. Il a été supérieur pendant six ans et, pendant quinze ans, économe. On peut relever aussi qu’il a souffert de nombreux problèmes de santé et qu’il a subi diverses opérations chirurgicales entre 1990 et 1997. A la fin du mois d’août 1999, le P. Albert est hospitalisé à Angers (Maine-et-Loire), à la suite d’un accident d’automobile. Le 21 septembre, il se rend à Lay-rac avec l’intention de guérir le plus rapidement possible et de rejoindre sa communauté de Pont-l’Abbé d’Arnoult avant Noël. Il lutte courageusement, désire être aidé pour faire quelques pas dans le corridor jusqu’à la chapelle ou quelques promenades en fauteuil roulant dans le cloître. Malheureusement ni les forces ni l’appétit ne reviennent (1). Sachant sa fin prochaine, il se prépare sereinement dans la prière et l’offrande de sa souffrance à la grande échéance. Le Père Albert est mort au Prieuré de Layrac dans la matinée du jeudi 30 décembre 1999. Viennent à ses obsèques le lundi 3 janvier 2000 une dizaine de membres de sa famille et un nombre égal de confrères du Sud-Ouest. La cérémonie s’achève par le chant breton du Patronez dous ar Folgoat. Le Père Albert repose dans le caveau des religieux de l’Assomption au cimetière de Layrac.

1) Du P. François Rumeau, le jour des obsèques.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999, p. 151-152. Assomption-France, Nécrologie 1999, p. 20-21. Lettre du Frère Albert Lassec au P. Gervais Quenard, Layrac, 29 décembre 1947.