Alcide-M MA – 1928-1997

Un homme proche.
« Des centaines d’étudiants à Gosselies ont pris le P. Alcide pour
confident, lui qui a un faible pour les ‘cas difficiles’. A ses jeunes
collègues, il donne l’envie d’agir mieux, en vue du seul bien commun: on
est sûr alors d’être encouragé et félicité. Des disparus, on ne
dit que du bien, Dans le cas du P. Alcide, il est difficile d’oublier son
caractère entier, sa ‘tiesse di Borquin’, mais si
le monde n’était peuplé que de gens qui ont ce caractère-là, le monde
serait sûrement
meilleur à vivre! ».

Geneviève et Denis Mogenet, professeurs à Saint-Michel
(1997).

« A travers chaque témoignage, l’écoute est sans nul doute une qualité très
appréciée du P. Alcide: une écoute attentive, bienfaisante, qui donne à
l’interlocuteur l’envie de partager le plus profond de son être parce que
l’on sait que le jugement n’a pas sa place dans l’échange. Seule la
compréhension est de mise… Un grand vide s’installe au collège. La
gentillesse, l’accueil, l’humour du P. Alcide nous manqueront beaucoup. Un
énorme regret, c’est que nos enfants n’auront pas la chance de le connaître
et de l’apprécier ». Marc Gengoux et Chantal Das, professeurs (1997).

Alcide-MArie FELIX

1928-1997

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Les grandes étapes d’une vie ‘exposée’.

Alcide-Marie-Charles-Ghislain Félix est né le 7 novembre 1928 à Saint-Hubert (Belgique) et baptisé le 11 novembre suivant. Il fait ses études à l’alumnat voisin de Bure (1942-1947) et à celui de Sart-les- Moines (1947-1949). Le P. Stéphane Lowet lui donne l’habit religieux le 28 septembre 1949 à Taintegnies. Le Frère Alcide prononce ses premiers vœux le 29 septembre 1950: « Le Frère Alcide est tout à fait à son affaire, pieux et fort dévoué. Il est personnel, c’est exact; il dit son idée, c’est vrai; mais il est fort préoccupé de devenir un bon religieux à l’Assomption, bien que son oncle soit curé de paroisse ». Le cursus des études se poursuit normalement: philosophie à Saint-Gérard (1950-1933), service militaire (1953-1954), études de théologie à Lormoy, au scolasticat Saint-Augustin situé dans la banlieue parisienne, dans l’Essonne, (1954-1956), et à Saint- Gérard (1956-1957), scolasticat en Belgique. Le Frère Alcide est profès perpétuel à Lormoy le 2 février 1956 et il est ordonné prêtre à Saint-Gérard le 16 décembre 1956. Sa vie apostolique se divise quant aux lieux en deux parties: tout d’abord le service de la mission assomptionniste au Congo pendant 10 ans (en paroisse à Kyondo et Buisegha de 1957 à 1958 et, dans l’enseignement, à Butembo, de 1958 à 1967, à l’E.T.S.A.V.), puis en Belgique une longue période d’enseignement et de supériorat au collège Saint- Michel à Gosselies (1967-1987), suivie d’un temps pastoral comme vicaire à Ransart-Bois (1967 à 1973), à Lumet-Try-Charly (1973-1993) et enfin à Gosselies (1993-1997). C’est à la clinique de Notre-Dame de Grâces de Gosselies qu’il meurt le 31 mai 1997, à 69 ans. A la cérémonie des obsèques, le P. Jean-Marie Denis, Provincial de Belgique-Sud, prononce l’homélie mettant en relief le sens de l’écoute,

qualité dominante de la vie apostolique du P. Alcide. Ce dernier est inhumé au cimetière de Gosselies le 4 juin 1997.

Des témoignages du cœur, de la part de compagnons de vie.

M. Graux, Directeur-adjoint du collège Saint-Michel à Gosselies en 1997, se fait l’écho des sentiments de ceux qui ont connu et apprécié le P. Alcide dans sa charge, puis à l’heure de la retraite: « Depuis quelques mois, le P. Alcide a été contraint, bien malgré lui, de réduire les activités quotidiennes qu’il persistait à assurer, même si l’âge légal de la retraite avait sonné. La volonté de servir encore et toujours l’animait, et au delà du terme, il a continué à s’acquitter de bien des tâches. Homme d’action, peu enclin aux bavardages inutiles ou aux palabres stériles, il n’a jamais hésité à se mettre à la besogne, à prendre l’outil pour entretenir le domaine du Chapois, panser ses blessures ou lui donner plus d’éclat. Que d’heures, de journées, et plus encore pendant les vacances, il a consacrées au collège, et cela avec la plus grande discrétion! Cette maison, il la connaissait jusque dans ses moindres recoins, comme s’il l’avait conçue. Après tout, lors des travaux d’aménagement, de construction, n’était-il pas le maître d’œuvre attentif à l’exécution correcte des plans? Rien d’étonnant donc à ce qu’il soit le seul à connaître les secrets de la demeure! Mais ne s’arrêter qu’à cet aspect matériel, ce serait ne donner qu’une vision réductrice de sa personnalité. Combien de temps n’a t-il pas consacré, pendant les récréations après les cours, à écouter! A écouter les jeunes lui exposer leurs problèmes de toutes sortes, du sentimental à l’existentiel! A prêter une oreille attentive aux anciennes et aux anciens se distrayant quelque peu aux week-ends de leurs études supérieures. Que de liens noués, renoués, consolidés, que d’intériorités partagées! Il a été le confident de nombreux jeunes; ses propos francs, signe d’une amitié virile et exigeante, ont répondu à leurs attentes et jamais il ne les a déçus. C’est ainsi, entre autres ‘ qu’il a vécu les valeurs évangéliques en accordant une attention toute particulière à ceux que la vie ne favorise guère… ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997), p. 79-81. Belgique-Sud Assomption, juin 1997, n° 257 p. 3343-3349. Notices Biographiques