Alcuino (Henri) DERKS – 1914-1991

Non recus à laborem.
« La nomination de vice Provincial du Brésil, ne me cause pas une véritable
surprise. J’ai été plus bouleversé dans la réunion de juillet [1978] quand
tout d’un coup mon nom est apparu au tableau noir comme celui sur lequel se
sont portés le plus de votants. Depuis certaines allusions, certaines
questions plus ou moins subtiles me révèlent que l’opinion de mes frères
n’a pas changé. En ce sens je suis même très content du coup de téléphone
qui m’a libéré d’une tension intérieure. Encore une fois je vous remercie
pour votre vote de confiance. En ai-je besoin? Je ne sais pas. En toute
simplicité, je vous confesse que votre décision m’a fait du bi en. Pour le
corps, je suis du troisième âge, pas pour l’esprit. Mais c’est dans
l’esprit que jouent le doute, l’hésitation, le désir d’un mot
d’encouragement. Je reçois la mission des mains généreuses du P. Emmanuel
[Van der Stappen]. Je ne ferai pas ici son panégyrique: il mérite
plus. Il mérite une mission à la hauteur de ses capacités et de son
dévouement. Dans l’histoire de la vice-province, son nom est une marque, un
tournant d’histoire: dans l’avenir tous s’en apercevront.
».
P Alcuino, 1978.

Alcuino (Henri) DERKS

1914-1991

Religieux hollandais de la Vice-Province du Brésil.

Un parcours de formation complet.

Né le 30 juin 1914 à Culemborg (Hollande), au diocèse d’Utrecht, Henri Derks, après ses classes primaires à Utrecht, suit sa scolarité à l’alumnat de Kapelle-op-den-Bos de 1930 à 1935. Exempté du service militaire il peut se rendre au noviciat de Taintegnies (Belgique) pour y prendre l’habit religieux le 29 septembre 1935. Il reçoit le nom latinisé de Alcuinus qui en portugais prendra la forme usuelle de ‘Alcuino’. Il est admis à la profession des premiers vœux le 30 septembre 1936: « Affable, poli, respectueux, avec des manières un peu affectées contre lesquelles il s’efforce de prendre des allures plus simples, le Frère Alcuino, novice fervent et heureux, s’est appliqué à pratiquer de façon très concrète le vœu de pauvreté en se défaisant de tout superflu ». Il passe ensuite à Saint-Gérard pour trois ans de philosophie (1936-1939). Il commence sa théologie en 1939 à Louvain où il prononce ses vœux perpétuels le 30 septembre 1939, mais en 1940, devant la menace des bombardements allemands qui vont anéantir le vieux couvent, il fuit avec ses confrères à Bergeijk (1940-1943) où il est ordonné prêtre le 9 mai 1943.

Une vie apostolique au Brésil.

D’abord nommé au noviciat de Moergestel, il devient en 1946 recteur chez les Frères de Notre-Dame du Sacré-Cœur à Houten. En 1948, prêté par la Province de Hollande à la Province de Paris, il vient travailler quelque temps à la Bonne Presse à Paris. Sa vie missionnaire commence en 1930 au séminaire épiscopal de Sao José au Brésil où il est chargé de l’éducation des aspirants au sacerdoce. A la demande l’Assomption, il fonde ensuite un petit séminaire à Fernandopolis,

puis devient curé de la paroisse de Sao Paulo qu’a en charge la Congrégation. Devenu économe de la Vice-Province du Brésil, il construit le petit séminaire de Pinhal, prend en charge des équipes Notre-Dame et s’occupe des immigrés hollandais. Son dévouement lui vaut la décoration hollandaise de l’Ordre ‘van Oranje-Nassau’ et les honneurs de la presse néerlandaise à cette occasion. En 1962, nouveau changement, il est nommé à Rio pour un poste à la Conférence des religieux du Brésil, où il n’est pas très bien accueilli et où il fait l’expérience du ‘Galiléen’ qui n’est pas bien reçu dans sa propre maison. Les questions de ‘frontière’ et de’ juridiction’ ne sont pas encore bien assouplies entre les deux groupes assomptionnistes au Brésil, francophone et néerlandophone. Il semble qu’il y fasse les frais injustifiés d’une autre présence, jugée indésirable, celle du P. Aloysio [Roy] lequel travaille à l’Université pontificale de la ville. En 1971, il est nommé premier curé de la nouvelle paroisse de Sao judas Tadeu à Tatuape. Il y travaille avec zèle jusqu’à sa nomination de vice-provincial en 1978. Ses préoccupations de responsable se font jour surtout dans trois domaines: l’animation spirituelle et assomptionniste des communautés, le développement sans cesse d’une meilleure unité de la vice-province et de son lien avec la Congrégation, un effort obstiné et têtu pour les vocations en poursuivant la ‘fondation commune’ de Rio. Malgré les difficultés tant internes qu’externes des communautés dont il porte la responsabilité, il sait maintenir allumée avec ses frères la flamme de l’espérance. Il accepte encore un deuxième mandat en 1981 auquel, pour ennuis de santé, il doit renoncer en 1983. Il rentre alors en Hollande à Tilburg.

Temps de repos en Hollande.

En 1986, le Père Alcuino entre dans la maison des religieux âgés à Molenweide et en 1990, devant l’aggravation de son état de santé, des soins médicaux s’imposent. Il est alors transféré au Centre de santé spécialisé ‘Cunera’ à Heeswijk-Dinther où il meurt, à 77 ans, le 6 janvier 1991. Le P. Alcuino est inhumé au cimetière assomptionniste de Boxtel.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Assomption Documents, Nécrologe (V) 1991-1993, p.1. De Schakel, maart 1991, n° 1, p; 36-40. Correspondances et rapports (1947-1980). Le P. Alcuino a publié des articles témoignant de sa vie missionnaire au Brésil dans ‘De Schakel’ Lettre du P. Alcuino Derks, 18 novembre 1978. Notices Biographiques