ALEXANDRE LE BORGNE – 1927-2001

Alexandre naît le 15 mars 1927 à Plouguerneau (Nord-Finistère) au bord de la mer. Le chroniqueur écrira : « On comprend mieux la personnalité d’Alexandre lorsque l’on sait qu’il a été habitué dès son plus jeune âge à voir de vastes horizons et à lutter contre le fort vent du large« .

À 11 ans, donc en 1938, il quitte son village natal pour l’alumnat de Saint-Maur et deux années à Blou (Maine-et-Loire). Nous sommes au mois de juin 1944 : tous les élèves sont renvoyés dans leurs familles à cause du débarquement allié en Normandie. Ce n’est donc qu’à la mi-octobre que dix jeunes bretons prennent la route du noviciat, en autocar, en stop ou avec des voitures militaires… certains même viendront à pied ! Toute la bande sera arrêtée par les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) « qui nous prennent pour des Allemands à cause de notre accent breton« .

Une nuit en prison et « libération » le lendemain matin. Arrivée à Pont- l’Abbé d’Arnoult en octobre 1944. Noviciat et première profession le 9 décembre 1945. Départ pour Layrac (Lot-et-Garonne) pour cinq années d’études : Philosophie et théologie. Puis une année de séminaire à Toulouse et il sera ordonné prêtre le 19 décembre à Quimper (Finistère).

Aussitôt, il est nommé professeur de Lettres à Sainte-Barbe à  1953-1956), puis au collège Sainte-Jeanne d’Arc de Tarbes (1956-1964). « Mais on ne peut enfermer le Père Alexandre dans des murs« , dira le chroniqueur. Dès qu’il peut se libérer, il est disponible pour aider un curéle dimanche, une fête ou même les vacances. Il en profite alors pour lanceret animer des chorales. « Il était aussi intéressé par la catéchèse des jeunes, de la sixième à la terminale et surtout, il savait innover« . En 1964, ses Supérieurs lui demandent de venir à Bayard-Presse. Ce furent 8 années données à la Presse, surtout la Presse-Jeunes ; il se levait chaque matin avec une idée nouvelle et originale…

En 1972, il demande une année en Terre Sainte : ce sera le départ d’une aventure qui va durer plus de quinze ans. Son port d’attache, dira le Père Jacques Potin, est notre maison de Saint-Pierre en Gallicante à Jérusalemet il logeait dans les bâtiments de la ferme. Il se lie alors d’amitié avec le Père Jean Roger, Assomptionniste, qui travaille à la rencontre entre chrétiens, juifs et musulmans, à Bershéva, dans le Néguev. Il apprend l’hébreu et l’arabe et partage la vie des pauvres en vivant exactement comme eux. Il accepte d’ailleurs d’être ouvrier agricole, durant une année, dans un kibboutz, au milieu des Juifs. Il passera ainsi trois ans à Bershéva,1973-1976. Il en profite pour animer des groupes de pèlerins et se fait un devoir de leur transmettre son amour pour le pays de Jésus et pour les gens qui l’habitent aujourd’hui.Il fréquente aussi des communautés de religieuses qui, comme lui, s’intéressent au peuple des petits et des pauvres.

En 1979, il reviendra, chargé de souvenirs de toutes sortes, à la rue Mouraud (Paris) et acceptera une année de ministère paroissial à Sainte- Maxime (1979-1980), avec le Père Ephrem Gelly… le divorce est accompli et il revient à la maison d’accueil de Saint-Maur. Retour à ses amours : Jérusalem de 1983 à 1994. Retour définitif en France, d’abord une année à rue Morère, au milieu de jeunes Assomptionnistes, puis une autre année à Conflans-Sainte-Honorine, sur la péniche « Je sers » au contact des clochards et d’anciens prisonniers… mais, pour lui, il est difficile de vivre avec le Père Arthur Hervet. En 2000, il rejoint Pont- l’Abbé-d’Arnoult. Depuis son retour en France, il a voulu aller passer deux ou trois fois un mois soit à Madagascar, soit en Grèce, sans compter les accompagnements de pèlerinages en Terre Sainte.

C’est ainsi qu’en novembre 2001, il revenait d’un séjour d’un mois en Terre Sainte. Il était sans doute fatigué, mais il ne voulait pas le laisser paraître. Le 21 novembre, c’était les cinquante ans de vie religieuse, dont deux religieux de Pont-l’Abbé. À la fin du repas, selon son habitude, il a chanté de tout son coeur et de tous ses poumons… « et c’était un plaisir de l’entendre, ajoute le chroniqueur. C’était sa manière de nous dire au revoir« .

Le 23 novembre 2001, vers deux heures du matin, il appelle le Supérieur »viens vite, j’ai du mal à respirer ». Le médecin, appelé en urgence et les ambulanciers n’ont pu que constater le décès.

« Le nomade Alexandre a enfin trouvé l’oasis de paix auprès de ce Dieu qu’il a aimé, qu’il a servi, et qu’il a essayé de faire connaître… Alexandre, c’était un grand bonhomme qui ne laissait personne indifférent.« 

Il repose au cimetière de Pont-l’Abbé, au milieu de ses frères. Les obsèques, auxquelles assistait une foule nombreuse de frères, de parents, d’amis, furent célébrées à la chapelle de la Chaume le 26 novembre 2001.

Bibliographies