Alexis (Emile) CHAUVIN – 1886-1941

Témoignage posthume.
« Merci de votre empressement à me faire parvenir tant de précieux détails
sur la vie du P. Alexis Chauvin. Le Père fut une aide précieuse à un
certain moment de ma vie religieuse et je lui
en garde une vive et profonde reconnaissance. La dernière lettre de Rio
date d’avril 1938, puis vint la guerre et toute correspondance avec
l’étranger fut coupée.
Le P. Gervais, revu en 1946, ne savait encore rien des circonstances de sa
mort. La brusque absence de ses lettres m’avait alors fait supposer une
imprévisible opération chirurgicale. Oui, le P.
Chauvin était un saint religieux, généreusement
donné à la gloire de Dieu et de la sainte Trinité, surtout à son
accroissement et à son plein épanouissement dans les âmes qu’il suivait.
Il n’admettait aucun ralentissement dans la montée vers le ‘plus parfait’
et comme il avait raison!. Je n’ai jamais douté de son aide protectrice de
là-haut. Plus que cela même je ne cesse de l’invoquer ».
Sœur Marie-Agnès,
P.S.A, Genzano, 10 mai 1976, au P. M. Corpacci.

Religieux de la Province de Bordeaux.

La mobilité pendant la jeunesse pour la formation.

Emile naît le 10 mars 1886 à Toulon (Var) au diocèse de Fréjus. Il fait ses études primaires à Melve (Alpes de Haute-Provence) et devient alumniste à Notre-Dame des Châteaux (Savoie) pendant la période où l’Assomption doit partir à l’étranger (1899-1903). Il suit l’alumnat exilé à Mongreno, près de Turin (Piémont) où il passe une année (1903-1904). Il entre alors au noviciat, replié à Louvain, sous le nom de Frère Alexis, avec le P. Benjamin Laurès comme maître des novices. Il y prend l’habit le 8 septembre 1904 des mains du P. Vincent de Paul Bailly. Il va faire une partie de son noviciat à Jérusalem où les novices remplacent les étudiants pendant une année ou deux, le noviciat de Phanaraki, avec le P. Léonide Guyo à leur tête, étant à cette date réservé aux scolastiques. C’est une manière de pouvoir faire bénéficier les novices des avantages de l’article 50 de la loi militaire de cette époque. En septembre 1905, le Frère Alexis est admis à prononcer ses premiers vœux. Une raison de santé semble avoir prolongé pour lui le temps des vœux temporaires: il aurait souffert de crises épileptiformes. En 1906, le Frère Alexis rentre en France et devient professeur à Bure en Belgique (1906-1907), puis à Zepperen (1907- 1908). C’est à Gempe qu’il peut prononcer ses vœux perpétuels le 23 juillet 1907. Les études de philosophie et de théologie se poursuivent, trois ans à Louvain (1908-1911) et quatre autre années partagées entre Louvain, Jérusalem et Rome (1911-1915). Il est ordonné prêtre le 17 mai 1914.

Mobilité des années d’apostolat.

Nous trouvons le P. Alexis supérieur du nouvel alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire),

fondé pendant la grande guerre par le P. Arthur Desprez à qui il succède de 1916 à 1923. Il passe ensuite à Bordeaux comme économe provincial de la toute nouvelle Province de Bordeaux ou de l’Ouest, créée en 1923 (1923-1929). Il réside à Toulouse, d’abord comme supérieur de l’école Sainte-Barbe (1929-1933) et directeur diocésain de Notre-Dame de Salut. Le voici directeur de l’alumnat de Melle (Deux-Sèvres) pendant trois ans (1933-1936). Enfin il est encore chargé de fonder l’alumnat d’humanités de Prigonrieux-Cavaierie, dans le Périgord, où il reste deux ans (1936-1938). C’est de là qu’il part pour le Brésil où son pèlerinage terrestre prend fin le 27 février 1941. Il laisse le souvenir d’un serviteur évangélique à la vie pleine, d’un apôtre plein de zèle, en dépit d’une santé peu solide. Son esprit d’initiative semblait devoir alimenter longtemps encore une existence toute vouée à la gloire de Dieu et à l’extension du Royaume.

Une année difficile.

Le P. Alexis, très fatigué à la fin de 1940, entre en janvier 1941 dans une clinique de Rio pour être opéré de la vessie. On lui retire un gros calcul. Après l’opération, il est conduit à 60 km. dans une petite station. Pétropolis est à l’époque une petite ville au nord de la capitale d’alors, Rio, dans la montagne où les religieux du Brésil vont chercher un peu de repos et d’air pur pendant la période étouffante des grosses chaleurs de l’été brésilien (janvier-février). C’est là que le P. Alexis meurt, en pleine maturité, dans sa 55ème année. Le P. Alexis est inhumé à Rio de Janeiro 1). On lui doit l’ébauche de l’église magnifique qui s’élève à Rio, témoignant de son joyeux entrain et de son activité débordante dont il a donné sa vie durant de nombreuses preuves. Le P. Crispinus Krispyn, son compagnon de vie à Rio, s’empresse de faire part du décès du P. Alexis, mais en ces temps de guerre et de contrôle du courrier, la lettre ne parvint jamais en Occident où l’on ignora un moment tout de ces circonstances.

(1) Le P. Alexis Chauvin est ainsi le premier religieux A.A. décédé et inhumé au Brésil.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille 1947, n° 37, p. 172. Lettre à la Dispersion 1941, n° 838, p. 120-121, p. 126. Le P. Alexis Chauvin est l’auteur alun ouvrage intitulé Orientation de l’Action catholique, publié à Toulouse en 1926, 196 pages. Une abondante correspondance du P. Alexis Chauvin, de 1906 à 1940, illustre les différentes responsabilités et les différents lieux de son itinéraire apostolique..