Alexius (Arnold) COENEGRACHTS – 1914-1995

Plaidoyer pour Le Bizet.
« Comme nous savons que vous avez toujours eu une prédilection pour notre
petite Province – qui a sur- tout pris son essor sous votre direction
paternelle – vous ne serez pas étonné que des enfants de cette Province
s’adressent à vous pour trouver la lumière et l’appui dans une question qui
touche son progrès. Il s’agit de la maison du Bizet. Notre- Dame des Grâces
a répandu sur ce petit coin de terre des trésors de bénédiction. Nous
disons tout cela pour écarter une objection qui veut que Le Bizet serait
trop éloigné du centre et que de ce fait la maison ne présenterait aucun ou
peu d’intérêt pour la Province belge. A présent, l’Assomption belge semble
indécise au sujet de l’avenir de Notre-Dame des Grâces, elle qui a présidé
à nos conquêtes. Si cette indécision provient d’une difficulté financière,
nous laissons la solution à la sagesse de ceux qui sont préposés à cette
charge, tout en redoublant de confiance en celui qui nourrit les oiseaux.
Hier deux Pères Barnabites sont venus voir la maison avec l’intention d’y
transférer leur juvénat..».
P. A, Coenegrachts.

Religieux de la Province de Belgique-Nord.

Jeunesse et formation.

Arnold est né à Millen (Belgique) le 16 décembre 1914. Après l’école primaire, il fait ses humanités successivement à Zepperen (cycle inférieur) et à Kapelle-op-den-Bos (cycle supérieur) de 1927 à 1933. Il fait le noviciat et prononce ses premiers vœux de religieux à Taintegnies le 2 octobre 1934 sous le nom de Frère Alexius. De 1934 à 1936, il étudie la philosophie à Saint-Gérard (Belgique). Il prononce ses vœux perpétuels à Leuven le 2 octobre 1937. Il effectue son service militaire au centre universitaire de Leuven. De 1937 à 1939, il fait deux années de théologie à Rome et termine sa théologie à Leuven avec un baccalauréat en théologie. Il reçoit le sous- diaconat à Namur et le diaconat à Saint-Gérard. Il est ordonné prêtre à Saint-Gérard le 2 mars 1941. De 1940 à 1941, il obtient la première candidature en sciences coloniales, car il a fait l’option en faveur de la mission au Congo, mais pour raison de santé il doit renoncer à son projet de vie missionnaire.

Activité apostolique.

En 1941, le P. Alexius devient professeur à Saint-Gérard. En 1942, il est économe à Leuven et en 1943 il tombe malade. De 1945 à 1949, il fait partie de la communauté du Bizet comme professeur et comme prédicateur. En 1949, il est nommé à Zepperen comme professeur. En 1951 il devient économe et en même temps vicaire paroissial à Brustem. En septembre 1965, il est nommé vicaire à la paroisse Saint-Gandulphus à Sint-Truiden. Il rejoint la communauté de Zepperen pour cause de maladie. Il s’occupe de l’œuvre des âmes du Purgatoire et rend occasionnellement des services pastoraux dans les paroisses environnantes. Le poids des années se fait sentir et plusieurs maladies lui causent de grosses souffrances.

Après un bref séjour à la clinique Virga Jesse à Hasselt, il revient dans la communauté et meurt assez subitement ;à Zepperen le 13 février 1995. Les obsèques ont lieu à la paroisse de Zepperen le 18 février. Le Père Alexius est inhumé au cimetière de Zepperen.

La longue et difficile histoire du Bizet, alumnat français en terre belge.

L’histoire de l’alumnat du Bizet, à cheval sur la frontière fanco-belge, est liée directement à celle de Sainghin. Ce dernier, trop exigu, n’a été fondé que pour attendre la construction du Bizet, confiée à un entrepreneur-architecte de Lille et achevée en 1904. La maison est située sur le territoire de la commune belge de Ploegsteert, mais ne reçoit que des alumnistes d’origine française, particulièrement bretonne. La guerre de 1914 donne un premier coup d’arrêt à la vie de l’alumnat: en août 1914 l’alumnat est transformé en ambulance de la Croix-Rouge. Le secteur occupé d’abord par les Allemands est repris par les Anglais. Le 11 novembre 1918, il n’en reste que quelques pans de murs calcinés. L’Etat belge finance la reconstruction des bâtiments, rendus à l’Assomption en 1924: l’atumnat peut reprendre son activité normale, mais toujours à partir de recrues françaises. Avec le découpage de la Congrégation en provinces en 1923, la situation du Bizet, alumnat dépendant de la Province de Paris, reste quelque peu atypique. En 1940, nouvel exode. Après l’armistice, les lieux sont occupés par les étudiants de Louvain chassés par les bombes. Puis la Province de Belgique y installe les deux années de philosophie. Avec le retour de la paix, Le Bizet, à nouveau vidé, cherche une nouvelle orientation. Les lieux se transforment en un centre d’accueil pour récollections et sessions, les quelques religieux deviennent prédicateurs sur place et aux environs. Le P. Elzéar Vanherck, supérieur du Bizet, est chargé de trouver une solution nouvelle en fondant en 1949 une communauté à Menin dans le double but de desservir une chapelle publique et de répondre à des demandes de prédications dans le secteur. Les bâtiments du Bizet sont vendus en 1959 à l’association scolaire de la paroisse.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VI), 1994-1995, p. 66-67. Onder-ons, april 1995, p. 45-51 et februari 1956, p. 57-62. Lettre du P. Alexuis au P. Gervais Quenard, Le Bizet, 23.04.1947. Polyeucte Guissard, Histoire des alumnats, p. 286-294. Paris-Assomption, 1950, n° 3 (Regards sur le passé). Lettre du P. Paul Charpentier du 2 juin 1959.