Alfonso (Henricus Antonius) NIJKRAKE – 1914-1970

Retour au Brésil.

« Trois religieux hollandais, PP. Wenceslaus Stoop, Theodulf Van Oyen,
Folkert Wortelboer se sont ré embarqués à Naples pour le Brésil sur le
paquebot Bretagne, le 13 novembre
1958. Un autre Père, Alfons Nijkrake avait repris le bateau au Havre
quelques jours auparavant. Tous les quatre cumulent l’économat avec le
ministère paroissial, respectivement à Alem- Paraiba, à Sao Paulo (Gomes
Gardim), Fernandopolis et Jalès. Ils se sont demandés si, du fait de leur
absence, la jeune vice-province du Brésil ne connaîtrait pas une crise
économique! Nos quatre Pères ont profité de leur séjour en Europe pour
participer aux exercices de la probation à Mongré où ils ont eu des
contacts utiles avec des religieux d’autres provinces.
Ils ont eu, en outre, du moins pour certains, la consolation d’aller en
pèlerinage à Rome où ils ont pu voir et entendre le Saint-Père [Jean XXIII]
et recevoir sa bénédiction dans une audience donnée à une quarantaine de
pèlerins».

Nouvelle donnée d’après La
Lettre à la Famille, 1958, n°
259, p. 125.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province des Pays-Bas, en mission au Brésil. Premières années. Né à Weerselo (Pays-Bas), au diocèse d’Utrecht le 5 juillet 1914, Henricus Antonius Nijkrake fait ses études primaires à Deurmingen et Hengelo, puis ses études secondaires à l’école apostolique de Boxtel (1927-1933). Il prend l’habit le 1er octobre 1933 au noviciat de Taintegnies (Belgique), sous le nom de Frère Alfons qui sera adapté au Brésil par la suite en Alfonso. Il prononce ses premiers vœux à Taintegnies, le 2 octobre 1934. Le P. Romanus Declercq est son maître des novices. Il le jauge comme une vocation religieuse sérieuse, mais de tempérament trop violent et parfois étourdi. Il a fait de sérieux efforts au noviciat pour amender son caractère, polir sa nature encore brute, donnant l’impression de ronger son frein et de n’obéir qu’à contrecœur. Pour être précis et complet, j’ajoute que c’est un Frère dévoué, bien intentionné et bien disposé, donc qui s’est aussi corrigé. Les années d’études du Frère Alfons se poursuivent, pour la philosophie à Saint-Gérard (1934-1936) et pour la théologie à Louvain d’abord, puis Bergeyk (1937- 1941), avec une interruption d’une année à Sart-les- Moines comme enseignant. Il est admis à la profession perpétuelle, émise le 2 octobre 1937 à Louvain: « Le Frère Alfons est un religieux intelligent qui a donné à Sart-les-Moines toute satisfaction et s’est montré dévoué pour tout ce qui lui a été confié » note le P. Nector Craisse, son supérieur de l’époque. Le Frère Alfons est ordonné prêtre le 20 juillet 1941 à Bergeyk. Après ses premières expériences sacerdotales dans sa terre natale (Boxtel 1941-1946) qu’il ne peut quitter en raison de la guerre, le P. Alfons devient aumônier militaire en Indonésie (1946-1950) où résident de nombreux Hollandais Page : 61/61 en raison des attaches coloniales de l’époque et de la présence de l’armée néerlandaise. En mission au Brésil. En 1950, le P. Alfons quitte les Pays-Bas pour rejoindre le Brésil, en compagnie du P. Laurentius Nievergeld. Il va travailler pendant 20 ans aux côtés de ses confrères dans différents postes de la mission brésilienne. Pendant 17 ans, il fait oeuvre de pionnier à Jalès (1950-1960) et à Palmeira D’Oeste (1960-1963), puis comme directeur des travaux de la cathédrale de Jalès (1963-1967). Toujours en contact avec les gens simples, essayant de comprendre leur situation et s’adaptant à leur mode de vie, il se fait un cœur brésilien. Ayant quitté le diocèse de Jalès, il devient quelque temps vicaire à Vila Zath (Sao Paulo) et à Hortolandia (Jundiai). Déjà malade, il consacre ses dernières années à la paroisse de Varzea Paulista où il suscite beaucoup de sympathie et laisse de nombreux regrets. Lutteur, avec un tempérament de soldat, d’apparence rude, mais de cceur sensible, le P. Alfonso aime le travail. Mais quand vient l’heure de partir, il sait se remettre entre les mains du Seigneur. il meurt à l’hôpital Saint-Camille de Sao Paulo, le 27 septembre 1970, à l’âge de 56 ans achevés. Le Père Alfonso est inhumé à Pinhal, le 28 septembre. Impressions brésiliennes. Pour un Européen qui débarque dans ce pays, le Brésil est une terre enchanteresse qui compte déjà plus de 55 millions d’habitants [estimation faite en 1958], mais dont la superficie dépasse celle de l’Europe tout entière. C’est une terre de feu où le soleil revêt la nature et les cités et les humbles chaumières d’une parure insoupçonnée. C’est une terre d’espérance où les âmes sont naturellement avides de vérité comme de lumière: Dieu est Brésilien chantent ses habitants, reconnaissant ainsi les munificences du Créateur pour leur pays, manifestant encore davantage leur fierté d’appartenir à l’Eglise. Mais les statistiques font vite déchanter. Comparées à celles de l’Europe, elles montrent que l’encadrement du clergé est très insuffisant partout et qu’il provient en partie de l’étranger. Le protestantisme dénombre de nombreuses sectes qui offrent beaucoup d’emprise sur la population. Les gens qui cherchent une réponse à leur inquiétude se jettent facilement dans les bras de ceux qui prétendent leur apporter une solution, même incomplète… D’après Missions de l’Assomption, présentant un visage du Brésil en 1958. Page : 62/62

Bibliographies

Bibliographie et documentation : B.O.A. novembre 1970, p. 145. Stemmen Stapelen, december 1970 (In memoriam Pater Alfons Nijkrake). Lettre dactylographiée du P. Emmanuel Van Der Stappen au P. Leander De Leeuw, Jalès, 7 octobre 1970 (circulaire sur le P. Alfonso Nijkrake, 4 pages). De Schakel, numéro spécial à la mémoire du P. Alphons Nijkrake, sans date (vers 1971). On trouve dans De Schakel, 1953, une Correspondance du P. Alfons N., écrite de Jalès. On doit au P. Emanuel Van Der Stappen un fascicule contenant une petite notice sur tous les Assomptionnistes défunts qui ont oeuvré au Brésil, de 1935 à 1997, soit, à cette dernière date, 27 Néerlandais, 7 Français, 1 Belge et 1 Espagnol. Notices Biographiques