Alfred (Roland) BERTHIAUME – 1909-1981

Un religieux heureux et reconnaissant.

« Cher Père,

Je reviens de Cleveland où je suis allé, accompagné de ma sœur, célébrer le
jubilé sacerdotal de mon frère Emile. Cette visite m’a causé un vif plaisir
et m’a rappelé bien des souvenirs du temps où j’étais chez les Pères du
Saint- Sacrement.

A mon retour, je trouve votre message de félicitations si cordiales avec la
photographie du Saint-Père disant la sainte messe.
Je vous en remercie de tout cœur. Quel beau souvenir de mes jours
anniversaire s d’ordination et de première messe: il y a 25 ans aujourd’hui
même que je disais cette première messe à l’orphelinat des 0blates à
Châtenay. Dans la messe anniversaire d’aujourd’hui, j’ai prié d’une façon
particulière pour vous et la Congrégation dont vous êtes la tête. Lorsque
j’étais chez les Pères du St-Sacrement dans mon jeune âge, je me souviens
avoir dit: ‘Je ne pourrais jamais être aussi heureux ailleurs’. Le temps et
tout ce qu’il m’a apporté a démenti cette parole. Je suis très heureux à
l’Assomption. …».

P. Alfred B. au P. W. Oufault,
23. 02. 1962.

Religieux de la Province d’Amérique du Nord.

Une vocation ‘réorientée’ à cause de la maladie.

Né à Woonsocket (Rhode-Island) le 8 mars 1909, Roland reçoit sa première éducation à l’école paroissiale Saint-Louis. A la suite de son frère aîné, Emile, il entre au petit séminaire Eymard à Suffern (New York) en 1921. L’année suivante, on découvre chez le jeune séminariste une maladie des os pour laquelle il doit subir plusieurs interventions chirurgicales à la jambe. A la fin de ses études, il ne peut suivre son frère au noviciat des Pères du St-Sacrement à cause de son infirmité. Il garde cependant un attachement très fort à cette communauté tout au long de sa vie. Après avoir obtenu ses grades à Assumption College à Worcester (Massachussetts), il obtient la faveur d’entrer au noviciat assomptionniste de Bergerville (Sillery près de Québec, au Canada) le 29 septembre 1932. Un avis médical estime que la plaie au genou du jeune Roland n’est pas de nature à empêcher une vocation religieuse. Le P. Léocade Bauer est son maître des novices. Sous le nom de Fr. Alfred, Roland prononce ses premiers vœux le 30 septembre 1933. C’est en Europe qu’il poursuit ses études de philosophie et de théologie: 1933-1937. Il est accepté à prononcer ses vœux perpétuels le 26 octobre 1936 à Lormoy (Essonne) et y est ordonné prêtre le 2 1 février 1937.

Une vie apostolique pleine.

Dès l’automne 1937, le P. Alfred est rappelé en Amérique du Nord à Assumption Preparatory School de Worcester où il exerce le professorat de latin jusqu’à la fermeture de cette école en 1970. En 1940, il est affecté en plus à l’aumônerie de l’orphelinat Sainte-Anne à Worcester. C’est alors que débute sa longue carrière auprès des orphelins. Pendant 40 ans, le P. Alfred se présente à l’orphelinat presque chaque matin

Notices Biographiques A.A Page : 263/263 pour entendre les confessions et célébrer l’eucharistie. Les fins de semaine, il partage les activités des enfants. D’aucuns se rappellent avec émotion sa tendresse, son dévouement et son sourire plein de bonté alors que les enfants l’entourent de leurs cris, de leurs larmes ou de leurs rires. Jamais il ne montre le moindre signe d’impatience, bien que souvent sa jambe endolorie le fasse souffrir.

Un temps de retraite active.

En 1970, à cause de l’âge, le P. Alfred doit prendre sa retraite professionnelle, mais il continue son ministère de présence non seulement auprès des orphelins, mais aussi auprès des étudiants du Collège: présence souriante, patiente et simple, à l’image de sa vie donnée et assumée. Son attention est particulièrement sollicitée et chaleureuse auprès des étudiants handicapés du ‘Rehabilitation Center’, la maladie dont il n’a cessé de souffrir le rendant proche et compréhensif pour ce milieu. Ayant pris goût aux auteurs mystiques, le P. Alfred passe de longues heures de lecture en leur compagnie, notant avec soin certains passages pour les distribuer et les faire connaître à des frères ou des amis. Son goût de la contemplation ne le met jamais en retrait de ses frères, mais il donne à ses dernières années une densité et une coloration spirituelles très fortes. Pour ses frères Assomptionnistes, ‘Freddy’ est le père choyé, l’ami fidèle, le frère taquin, un conseiller expérimenté et un compagnon débordant de sympathie.

‘A l’heure ou tombe la lumière’.

Le P. Alfred est hospitalisé au mois de septembre 1981. Les médecins découvrent une tumeur maligne, mais la décision est prise de ne pas intervenir chirurgicalement. Ayant subi une crise cardiaque le 21 octobre au matin, il entre dans le coma l’après-midi de ce jour et meurt un peu avant minuit. Les obsèques sont célébrées dans la chapelle du Collège de Worcester. Une rose unique est déposée sur le cercueil par une étudiante en chaise roulante, symbole évocateur de l’adoption du P. Alfred par le milieu étudiant handicapé, symbole aussi d’une vie portée et assumée toute entière avec courage et fidélité à travers l’épreuve de son propre handicap.

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Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 27-28. Assumptionists Deceased in North America, p. Il. Article du P. Claude Grenache sur le P. Alfred Berthiaume, 26 octobre 1981, 2 pages. Les Archives de Rame possèent trois courriers du P. Alfred Berthiaume adressés au P. Wilfrid Dufault durant les mandats de Supérieur Général de ce dernier.