Alix (Alexis Claudius) GRUFFAT – 1898-1972

Prévisions historiques.
« Je me permets de vous envoyer ce mot uniquement par souci d’exactitude
historique et je n’y attache pas une extrême importance. Je ne suis pas
bien assuré que, sur les Registres des Religieux,
les dates de mes professions soient bien exactes et je comprends bien la
chose, étant donné que cela se passait pendant la guerre 1914-1918. Voici
donc ces dates que je porte sur une image dans mon bréviaire: Prise d’habit
le 8 décembre 1914 au noviciat de Vinovo qui venait d’être
fondé. Première profession, le
8 décembre 1915 au noviciat de Vinovo. Deuxième profession, le 14 décembre
1916 au noviciat de Lumières qui avait succédé à celui de Vinovo.
Profession perpétuelle, le 8 novembre à Bourville, maison de philosophie
qui était fondée à ce moment pour nous recevoir et où j’ai eu comme
compagnon le Père Franz Wijnhoven. Voilà les dates
que je désirais vous signaler. Nous avons la joie d’avoir au noviciat de
Pont-l’Abbé le P.
‘Wilfrild Dufault durant deux jours. Il a été très heureux au milieu de
cette jeunesse internationale: français, italiens, espagnols, grec et
irlandais. Notre bâtisse avance lentement ».

Alix (Alexis Claudius) GRUFFAT

1898-1972

Religieux de la Province de Lyon.

Un parcours de formation clarifié.

Alexis Claudius Gruffat est né, le 28 janvier 1898, à Salles (Haute-Savoie) dans une famille foncièrement chrétienne. Déjà un de ses frères a choisi la vocation sacerdotale; un de ses oncles a été curé de Douvaine où il a laissé un souvenir fort. Un cousin, Mgr Bunoz, originaire lui aussi de Salles, a été évêque dans le Grand Nord Canadien. A onze ans, Alexis entre à l’alumnat de Vinovo (Italie). A 14 ans, il poursuit ses humanités à Ascona (Suisse). Ses temps et lieux d’engagement dans la vie religieuse ont été précisés par lui, devenu Père Alix en religion, parce que trop masqués par les tourbillons des changements liés à la première guerre mondiale. Etudiant en théologie à Louvain, il y est ordonné prêtre le 25 juillet 1926.

Le P. Alix enseignant.

Dès septembre 1926, le P. Alix part pour Varna (Bulgarie), au collège Saint-Michel comme professeur de philosophie. Il connaît la vie d’un collège, ayant passé trois ans à Worcester (U.S.A.), de 1919 à 1923. A Varna, il enseigne devant un auditoire restreint: ce collège, un peu excentrique, éloigné des grands centres, manque de recrutement et doit être fermé pour des raisons budgétaires en 1934. Alors que ses compagnons rejoignent le collège Saint-Augustin de Plovdiv, le P. Alix reste sur place au service d’une petite communauté de catholiques (1934-1937), aidant aussi le pensionnat des Sœurs Oblates. Aumônier, il montre ses qualités de bon conseiller et de directeur de conscience.

Le P. Alix dans les noviciats.

En 1938, il est rappelé en France, comme maître des novices à Nozeroy (Jura) pour prendre la relève du P. Gausbert Broha.

Les circonstances le promeuvent supérieur de l’alumnat pendant la période de guerre, en un temps où le noviciat déplacé cède la place à cet alumnat provisoire. Après la guerre, il reste sur place à Nozeroy, mais comme formateur aidant les maîtres des novices successifs, les PP. Christophore Figuet et Romain Durand (1945-1958). Homme discret, plein d’attention, d’une vie intérieure profonde, d’une intelligence limpide et d’une bonté jamais lassée, le P. Alix se montre tel qu’il est, un religieux priant et studieux. Il assure les cours de ‘grand noviciat’ et de liturgie. Sa personnalité offre un contraste frappant: l’extérieur est celui d’un homme inquiet, tendu, labouré par des angoisses de conscience jusqu’au scrupule; mais l’homme vivant en communauté est bon, apaisant, toujours accueillant, compréhensif et encourageant. Il est desservi parce que l’on peut apercevoir extérieurement de lui: il ne cesse de mener des combats, même à haute voix, contre le ‘prince des ténèbres’ par des invocations, des intercessions, des oraisons jaculatoires et cette croix, le P. Alix, l’a acceptée ainsi que les tics ou les grimaces qui rendent son visage austère et ingrat. Et pourtant ce religieux inscrit l’amour de Dieu et de ses semblables au cœur de sa vie par une délicatesse et une bonté que tous lui reconnaîssent. Après la fermeture de Nozeroy, le P. Alix gagne le noviciat de Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente- Maritime). Les 8 dernières années de sa vie (1964-1972), il les passe d’abord à Miribel-les- Echelles, au service de la correspondance avec les bienfaiteurs, puis, à partir de 1969 à la maison provinciale de Lyon-Debrousse, dans la même tâche. Il note fréquemment sur des bouts de papier, retrouvés après sa mort, des pensées et réflexions en forme de prières, témoignant d’une intensité et d’une profondeur constantes dans son union à Dieu. Le P. Alix est mort comme il a vécu, simplement, sans bruit. Conduit à l’hôpital Saint-Luc pour une occlusion intestinale, il subit deux opérations. Il supporte bien la première mais ne résiste pas à la seconde. Il meurt le 14 juin 1972. Ses obsèques sont célébrées dans la chapelle de la communauté de Lyon-Debrousse. Son corps repose au cimetière lyonnais de Loyasse, sur la colline de Fourvière, en compagnie des 5 autres religieux qui l’ont précédé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1974, p. 229-230. Lyon-Assomption, 4 octobre 1972, p. 14-17. On trouve, dans les ACR, quatorze correspondances du P. Alix Gruffat donnant des nouvelles de Varna (Bulgarie), de Nozeroy (France, Jura), de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente- Maritime) et de Miribel-les-Echelles (Isère): 1937-1966. Lettre du P. Alix Gruffat à un membre de la Curie, Pont-l’Abbé d’Arnoult, le 4 mai 1962. Notices Biographiques