Aloys (Jean-Joseph) VAN SCHIE – 1892-1964

Lorgues, 1964.
« Le Frère Aloys Van Schie, de la Province de Paris, est décédé ce matin à
5 heures 30. Depuis quelques jours, il souffrait d’asthme et de congestion.
Nous avons dû insister beaucoup pour qu’il accepte de voir le docteur
et à aucun moment il n’a gardé le lit. Nous n’avons pu nous rendre compte
de l’imminence de sa mort ni lui donner normalement les sacrements. Il
avait 72 ans et était entré dans la
44ème année de sa profession religieuse, prononcée à Boxtel en 1917.
D’après une image de jubilé trouvée dans ses affaires,
nous savons qu’il a prononcé ses vœux perpétuels au prieuré
Saint-Michel de Sart-les- Moines, le 8 octobre 1923. Dans la droiture et la
simplicité de
son cœur, nous pensons qu’il a fait joyeusement l’offrande de tout son
cœur. Que Notre-Dame de l’Assomption en qui il avait toute confiance
l’accompagne en paradis, elle qui a été la
gardienne de sa vie religieuse! Hier nous avons conduit le Frère René Le
Bars en clinique pour opération si possible. Qu’en ces circonstances vous
sachiez trouver, mon Père, l’expression de nos sentiments religieux les
plus fraternels ».

P. Pellegrin.

Religieux hollandais de la Province de Paris. Religieux-Frère. Jean-Joseph Van Schie est né le 5 février 1892 à Noordwijkerhout, dans la province de Hollande, au diocèse de Haarlem. On ne connaît pas sa formation initiale. Il indique seulement sur sa fiche de présentation qu’il a travaillé dans une ferme. C’est le premier postulant coadjuteur de la future Province des Pays-Bas. C’est à Boxtel, le 28 août 1917, qu’il reçoit des mains du P. LouisAntoine Verhaegen, le vêtement des religieux de l’Assomption. Il y fait son noviciat en raison de l’éloignement imposé par la guerre de toute maison de formation appropriée. Il y prononce ses premiers voeux le 7 octobre 1920, sous le nom de frère Aloys, au terme de trois années de rudes travaux qui nécessitent l’opération d’une hernie. En 1921, le frère Aloys est envoyé au service de la maison de Sart-les-Moines en Belgique où il est affecté jusqu’en 1930. C’est là qu’il prononce ses vœux perpétuels le 7 octobre 1923. Le rapport de présentation non signé indique les traits majeurs de la personnalité humaine et spirituelle de ce religieux: « Le Frère Aloys est un homme obéissant et très dévoué, rude à la tâche. Il ne formule aucune exigence pour la vie commune et se montre très attaché à la famille de l’Assomption. C’est un esprit sans prétention, ne tenant aucunement à ses idées. Le seul reproche qu’on ait pu lui faire, c’est qu’il travaille trop et qu’il doit davantage ménager sa santé ». Un homme de service, de travail et de dévouement. En 1931, le Frère Aloys se trouve au scolasticat de Saint-Gérard où il passe 16 ans (1930-1946) au service de la grande communauté d’étudiants, seulement coupés par un séjour de trois ans à Kapelle-op-den-Bos (1938-1941). En 1946/1947 il est transféré, puis affilié à la Province de Paris. Page :241/241 Affecté au service de l’alumnat de Clairmarais (Pas-de-Calais), il s’y dévoue jusqu’à la date de son départ pour la maison de Lorgues (Var). Dans ses différents postes, le Frère Aloys remplit généralement la fonction de jardinier, tout en rendant de multiples services à la cuisine, aux commissions et aux relations avec l’extérieur. Il est doué d’une excellente mémoire et se souvient toujours des dates de fêtes et d’anniversaires à souhaiter à ses confrères, que ce soit pour leur profession ou leur ordination. Le P. Girard Pellegrin écrit à son sujet: « Bien que le Frère Aloys soit venu de Clairmamis à Lorgues pour y prendre un temps de repos, il se rend toujours utile en assurant la charge de réfectoire et, clans ses moments libres, aider au jardin. Sa santé ne semble pas le préoccuper et bien souvent on doit lui recommander en vain de se couvrir et de consulter un médecin, si bien que la semaine précédant sa mort, il faut encore intervenir d’autorité pour qu’il consente à se laisser soigner. Il n’est pas question pour lui de garder le lit ou la chambre. On le voit toute la journée du mardi 14 janvier [1964] se livrer à tous les exercices communs. La partie de cartes est même plus animée que d’habitude et à qui prend pitié de son asthme, conseillant un temps de repos, il répond: ‘Ah! vous voulez m’expédier!’De ce fait, on n’insiste pas. Le soir, il s’attarde à la télévision, n’éprouvant aucune envie de se mettre au lit où il ne peut respirer à l’aise. Sans doute la nuit est-elle pénible, mais il prend grand soin de ne déranger personne. A l’aube le Frère Christo [Duelibi] son voisin, l’entend pousser un cri. Ce dernier se précipite et le trouve mourant. Le temps d’avertir le supérieur, de lui faire une onction, et le Frère a déjà expiré. Nous sommes le 15 janvier, à 5 heures 30 ». Le Frère Aloys avait toute la sympathie de la communauté à cause de son sourire, de sa gaieté et de sa serviabilité. Sous un aspect assez froid de nordique, il était la bonté même. Ses obsèques sont célébrées le vendredi 17 janvier, un peu retardées en fait à cause d’autres funérailles, celles de Sœur Aldegonde, Oblate, la sœur du P. Liguori Ruytens venu de Bure pour la circonstance. On s’est rappelé que le Frère Aloys avait longtemps travaillé en Belgique, bien représentée à la cérémonie, avant de venir au secours de la Province de Paris. Page :242/242

Bibliographies

Bibliographie et documentation B.O.A. juin 1965, p. 80-81. Lettre à la Famille, juin 1964, n° 374, p. 584. Paris-Assomption, avril 1964, n° 88, p. 20-21. Lettre du P. Girard Pellegrin à un religieux de la Curie, Lorgues, 15 janvier 1964.