Alphonse (Joseph) PICOT – 1894-1979

Layrac, 1967.
« Je m’empresse de vous remercier de la dispense du Bréviaire que vous avez
bien voulu m’accorder. Je remplacerai sa récitation par celle d’un chapelet
quotidien. Comme le pape Jean XIII, j’ai pris l’habitude de réciter mon
rosaire chaque jour. Je compte être opéré fin janvier ou début février.
Comme vous l’avez
été vous-même, j’ai été affecté par la mort du P. Kernoa. Nous avions eu
une longue conversation la veille. On le sentait usé, vieilli, mais on ne
s’attendait pas à un dénouement si brusque. C’était un humaniste comme il
en
reste peu à l’Assomption, humaniste dévot au sens du XVIIème siècle. La
première demande qu’il me fit en arrivant à Layrac, c’était de lui procurer
l’éloge funèbre de saint Basile par saint Grégoire de Nazianze! J’ai relu
avec plaisir la vie du P. Gervais Quenard qui parlait volontiers
du passé, sans vanité. Il y avait des écueils à éviter dans le rappel de
certains événements. J’estime que son neveu s’en
tire du mieux qu’il peut. Le plus émouvant, c’est sa dernière confession.
J’ai des échos très positifs du livre par une tertiaire. Excusez mon
écriture, l’état de mes yeux ne
la favorise pas, mais j’écris des notes quotidiennes sur le 3ème âge ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France, assistant général de 1949 à 1952. Un religieux à l’allure de professeur ‘Tournesol’. Né à Plouvorn (Finistère), le 21 octobre 1894, Joseph Picot fait ses études secondaires au Bizet en Belgique (1908-1911) et à Taintegnies (1911-1913). Le 14 novembre 1913, il prend l’habit à Limpertsberg (Luxembourg) sous le nom de Frère Alphonse, en compagnie des Frères Marie-Abel Albouy, Gluseppe Allavena, Berthou Berthou, Louis Folliard, Carmel Pémoulié, Similien Gulgueno et Tugdual Tréhorel. Tous font profession le 19 mai 1918. Après deux années de noviciat, un an de philosophie et un an de travail dans les fermes, le Frère Alphonse gagne Louvain à la fin de l’année 1917. Il y complète sa philosophie, commence la théologie en 1919, est reçu à la profession perpétuelle le 6 novembre 1921 par le P. Léonide Guyo, et est ordonné prêtre le 5 août 1923 par Mgr Wachter. Les 26 années qui suivent sont consacrées à la formation des jeunes religieux : le Père Alphonse enseigne l’introduction biblique à Louvain (1923-1924), à Saint-Gérard ( (1924-1934). Il devient supérieur du scolasticat de Layrac (Lot-et- Garonne), de 1934 à 1949. On ne peut pas dire qu’il ait été favorisé par la nature: il bégaie, il louche, mais sa bonhomie et sa bonté lui gagnent tous les cœurs. Il gagne Rome pour un premier intermède, de 1949 à 1952, comme assistant général dans la dernière équipe généralice remaniée du P. Gervais Quenard. De 1952 à 1958, il est maître des novices à Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime), avec ce style consciencieux et tranquille qu’on lui connaît. Il retourne à Rome pour un deuxième séjour, de 1958 à 1964, comme archiviste général et travaille à la rédaction de La Lettre à la Famille. Il revient à Layrac, se dépense à la bibliothèque, travaille au service de la paroisse, A.A visitant les malades et les personnes âgées, récupère les vieux timbres pour les vendre au profit des missions. Il prend part à une fête de troisième age près de l’église du village de Layrac. Une pluie d’orage le surprend, de là un œdème pulmonaire qui précipite sa fin. Le 7 juillet 1979, après une courte maladie, il meurt à Layrac où il passé 30 ans de sa vie. Le mardi 10 juillet, Mgr Saint-Gaudens, évêque d’Agen, tient à présider la cérémonie de ses obsèques, en présence d’une foule de prêtres et de laïcs. Témoignage du P. Hémon. Ceux qui ont été les compagnons de vie du P. Alphonse Picot savent ce qui a constitué la vie de cet homme, en apparence ordinaire, qui ne manque pourtant ni de sagesse ni d’humour, qui a pleinement assumé ses responsabilités comme ses limites et a donné prise à de nombreuses plaisanteries de la part de ses jeunes auditoires, souvent Marquées au coin de la simplicité et de l’innocence, un peu comme le P. Cayré. Répondant à une enquête, il remplit sa fiche en y portant les mentions suivantes: ‘Diplômes: certificat d’études primaires, certificat agricole de l’enseignement privé; compétences spéciales: aucune; degré de santé: petite, désirs: absolument rien, en dehors du repos éternel, car je suis comblé au-delà de toute mesure’ Tel qu’il est, le Père Picot a apporté une grande contribution au chapitre de la formation religieuse de nombreuses générations d’Assomptionnistes. Religieux plein de foi, témoignant d’une soumission entière à l’enseignement de l’Eglise, ne cachant rien de ce qu’il pense ou de ce qu’il fait, il est à l’aise dans toute situation ou toute responsabilité, car il porte sa vie librement avec l’humour des enfants de Dieu. Sans prétention, il met sa vie au service de l’Eglise et des jeunes religieux qui lui sont confiés. Jusque dans les années de sa vieillesse, il cultive la lecture de saint Thomas, son maître de vie, épluchant les revues à la lumière de son sens catholique. Il entend servir les missions en collectant les timbres usagés, lui qui n’a jamais mis les pieds hors de l’Europe, et cela jusque dans les jours heureux d’une vieillesse tranquille, active dont les après-midis sont consacrés à la visite des personnes âgées. Lui qui a donné tant de leçons aux jeunes, il sait tirer profit de ce qu’il recueille auprès de ce que vivent les autres: ‘Je puis dire que les consolations que ce ministère des personnes âgées apporte sont inexprimables’. Il sait engranger toute chose au chapitre de la foi vécue et de la communion de la vie en Eglise. Rien n’est jamais perdu de ce que vit un homme. On le croit sur parole parce que sa parole est portée par la bonté. Parler du P. Picot, c’est évoquer Jésus-Christ, celui auquel il a voué toute sa vie depuis son enfance. Comme lui, il est passé en faisant partout le bien. Comme les pauvres de Yahwé,. il était un cœur pur et un cœur pacifique qui ne laisse derrière lui que des gens heureux de l’avoir rencontré.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 81-82. Documents-Assomption, 1980, n° 5, p. 354-355. Ouest-Assomption, 1979, n° 266, p. 5-9. Courrier Français du Lot-et-Garonne, A l’écoute du diocèse, 1979. Voulez-Vous? (Layrac), 1979, n° 110, p. 3-14. Lettre du P. Alphonse Picot au P. Wilfrid Dufault, Layrac, 6 décembre 1967. Du P. Alphonse Picot, dans les ACR, rapports sur Pont-l’Abbé d’Arnoult (1952-1958), correspondances (1922-1967), visites canoniques, révision des Constitutions (1964), cours de noviciat, articles dans l’Assomption sur le P. d’Alzon, dans le bulletin de Pont-l’Abbé d’Arnoult (1953-1958), dans Voulez-Vous? Notices Biographiques