Amable (Ernest-Charles) DU BUYSSON – 1854-1924

Un devoir de reconnaissance,
« Je ne veux pas laisser partir le bon P. Emmanuel [Bailly] pour Louvain,
sans le prier de vous transmettre l’expression tardive, mais sincère des
vœux que je fis hier pour vous, à l’occasion de votre fête. C’est un devoir
que la reconnaissance m’impose et qu’il m’est doux de remplir. Comment
pourrais-je oublier en effet avec quelle bonté
vous avez bien voulu me supporter l’an dernier, rue François ler? Aurais-je
la joie de m’y retrouver un jour avec vous et de vous y servir encore la
messe? Dans tous les cas, j’espère bien que vous n’oubliez pas la demande
que
je vous faisais chaque matin au confietor. Quant à moi,
mon Révérend Père, quoi que ce ne soit guère à un pauvre qu’il appartienne
de faire l’aumône à un riche, j’ai trop
de motifs pour ne pas penser à vous dans mes prières. Le Père Emmanuel veut
bien me permettre, comme vous l’an dernier à Paris, de lui servir chaque
matin la messe. Avec quel bonheur, hier ai-je voulu unir mes prières aux
siennes!
».
F. Amable, Bure, 10 juillet
1902.

Amable (Ernest-Charles) DU BUYSSON

1854-1924

Religieux français.

Un aristocrate assez mai connu.

Ernest-Charles-Marie Du Buysson est né le 11 février 1854, au château de Meillard, près du Montet, dans l’Allier, au diocèse de Moulins. D’après son nom et celui de son ascendance, il appartient à l’armorial du Bourbonnais: il est le fils de Stanislas Du Buysson et de Berthe Hugon de Givry. D’après sa fiche personnelle, après son préceptorat dirigé par un M. Melin, il fait ses études au collège-petit séminaire des jésuites [Yseure? Dijon?], de 1865 à 1871 et entreprend ensuite des études de droit à la Faculté de Dijon. Il obtient une licence, après avoir soutenu une thèse sur la succession des biens vacants. On ne sait pas quelle est l’origine de son projet de vie religieuse et sacerdotale. Nous ignorons également ce qui constitue sa vie entre les années 1875 et 1896. Il entre comme postulant, à 42 ans, en mars 1896, à l’abbaye de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), alors sous la direction du P. Ernest Baudouy. Le 30 mai 1896, il commence son noviciat et prend l’habit sous le nom de Frère Amable. L’année suivante, il prononce ses premiers vœux, le 2 juin 1897, à Livry. Le P. Vincent de Paul auquel il semble très lié, reçoit ses vœux perpétuels le 24 juin 1899, toujours à Livry. Frère Amable, jusque là frère de chœur, nourrit le projet de devenir prêtre et reçoit les premiers ordres: tonsure et ordres mineurs le 10 août 1899. Mais en raison d’un tremblement nerveux qui le rend maladroit, il doit renoncer à tout projet de vie sacerdotale. Cela lui cause un réel chagrin, mais cet obstacle ne remet pas en cause sa vocation de religieux. De 1899 à 1900 il passe une année à la communauté parisienne de la rue François ler. Au temps de la dispersion, il quitte la France pour la Belgique: Bure de 1901 à 1908, Zepperen de 1908 à 1921, San Remo, de 1921 à 1923, sur la riviera italienne,

enfin de 1923 à 1924 Locarno (Suisse) où il meurt le 15 septembre 1921, jour de la fête de Notre-Dame des Douleurs. Depuis le 23 août précédant, il était cloué au lit, paralysé. Il était entré dans sa 68ème année depuis le mois de février. Sa grande joie était de servir le plus de messes qu’il pouvait par jour. Le Frère Amable est inhumé dans le cimetière de Locarno.

L’hommage des contemporains.

Nous ne disposons que de peu de renseignements (1) sur les emplois de Frère Amable dans les différentes maisons où il est signalé, :à part ses fonctions liturgiques. Cela pourrait laisser supposer qu’il ne remplissait pas d’office particulier, en raison de ses infirmités physiques. On lit seulement dans la Lettre à la Dispersion:

« Ceux qui ont connu le Frère Amable savent combien il était bon, charitable, humble, édifiant. Un accident dans lequel il se cassa le bras droit, qui fut mai rajusté, aggrava encore son impotence. Il cherchait néanmoins à se rendre utile et ne refusait aucun service. Si la nature avait été quelque peu marâtre pour lui physiquement, elle lui avait donné une belle âme, délicate, loyale, généreuse. La grâce l’avait embellie de tous les dons surnaturels. Il n’aurait voulu pour rien au monde faire de la peine à qui que ce soit. Depuis plusieurs années, des infirmités de tout genre s’étaient abattues sur lui, il les supportait avec une patience admirable, n’ayant qu’un souci, celui de n’être à charge à personne, qu’un regret, celui de se faire servir. S’il n’a pu prendre part aux œuvres extérieures de sa Congrégation, il lui a du moins donné l’exemple d’un vrai religieux, très renoncé, sans prétentions, sans exigences. Il souffrait en silence de l’incapacité où il était réduit, et il rachetait cette inaction par des prières ferventes et par une résignation très surnaturelle… ». (1) On sait seulement qu’aux mois de juin et de juillet 1912, le Frère Amable se rend à Givry (Allier), au chevet de son frère, Gaston, atteint d’une congestion cérébrale dont il se remettra lentement.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1924, n° 107, p. 245-246; n° 109, p. 266-265. L’Assomption 1924, n° 280, p. 173. Natice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Correspondances dans les ACR (1902-1912). Notices Biographiques