Amance (Aimé-Louis) ARANDEL – 1908-1999

Fondation Bône-Dugeaud,
1949.

« Tout a fallait être compromis. Le maire de Bône
(député) crut nous rendre service en faisant annoncer par la presse qu’un
collège catholique allait s’ouvrira Bugeaud. La vieille garde maçonne
surgit. On proposa à l’administration du local envisagé d’en faire une
annexe du lycée. Le Conseil d’administration alerté nous accorda
heuresement une préférence. Pour location, un franc symblique. Le P.
Provincial [P. Marie-Germain Filliol] a l’approbation de Mgr Duval
(Constantine). L’œuvre semble partir sur de bonnes bases. Je me fais
adresser les inscriptions à La Marsa. Elles commencent à affluer, il y a
un véritable enthousiasme de la part des Bônois et des Constantinois.
J’irai voir Mgr Duval (1) à la rentrée d’octobre, pour tout régler.

P. Arandel , délégué régional. Dans La Lettre à la Famille,
1949, n° 83, P. 80.

(1) Mgr Léon-Etienne Duval, né en 1903 à Chenex (Haute- Savoie), évêque de
Constantine en
1947,archevêque d’Alger en
1954, cardinal en 1965, décédé à Alger en 1996.

Religieux de la Province de France. Premiers parcours. Aimé-Louis Arandel est né le 13 juin 1908 à jarsy (Savoie), dans le massif des Bauges qui dominent la Combe de Savoie, dans une famille chrétienne qui a déjà donné à l’Eglise le fils aîné, Constant, Frère Mariste, encore vivant en 1999, âgé de 99 ans. A 12 ans, Aimé Louis fait part à ses parents de son désir de devnir prêtre. Il est accueilli dans les alumnats de l’Assomption, Notre-Dame à Saint-Sigismond (Savoie), de 1921 à 1923, et Notre-Dame du Rosaire à Miribel-les-Echelles (Isère), de 1923 à 1926. Le 5 novembre 1926, il prend l’habit à Taintegnies (Belgique) sous le nom de Frère Amance. Il prononce ses voeux le 6 novembre 1927, à Scy-Chazelles (Moselle) où est organisé le noviciat pour les Provinces françaises. Revenu en belgique pour les études de philosophie à Saint-Gérard (1927-1930), il accomplit son service militaire (1930-1931) avant d’entreprendre ses études de théologie à Louvain (1931-1934) où il est admis à la profession perpétuelle, le 7 mars 1933. Le Frère Amance est de la prrn.ière promotion d’étudiants qui fondent le scolasticat de théologie à Lormoy (Essonne) en France tandis que celui de Louvain est réservé aux Frères de la Province de Belgique-Hollande. Il est ordonné prêtre, à Noël 1934, en la basilique Notre-Dame de Longpont, à Montlhéry (Essonne), tout à fait voisine de l’Institut Saint-Augustin. Enseignement et ministère des deux côtés de la Méditerranée. Le P. Amance Arandel, très doué sur le plan intellectuel et soucieux de pédagogie, commence son ministère apostolique dans l’enseignement, à Miribel-les-Echelles (1935). Il passe une licence de lettres à Grenoble, juste avant sa longue mobilisation en 1939. Il connaît la guerre et surtout la captivité en Allemagne qui interrompent une carrière prometteuse. Lui-même dans un ouvrage postérieur, Calme dans la tempête, évoque cette période de sa vie, aventure vraie où il tient ferme contre l’adversité des temps et remonte le moral de ses compagnons d’infortune dans les camps par des conférences et l’aide de son ministère sacerdotal. Il dresse pour La Lettre à la Famille un long-compte rendu de ses années de guerre 1940-1945. De retour au pays, on lui confie une lourde tâche: implanter des structures d’enseignement de la Congrégation en Afrique du Nord où les colons français réclament des collèges pour l’éducation de leurs enfants. Il crée un réeau de relations utiles qu’il sait enthousiasmer pour cette oeuvre, fonde deux collèges, l’un en Tunisie, à La Marsa, près de Tunis et de Carthage, l’autre en Algérie, fondé à Bugeaud en 1949 et transféré en 1950 à Bône, ancienne Hippone, ville épiscopale de saint Augustin, devenue aujourd’hui Annaba. Il complète ce cycle secondaire en créant à Tunis une maison d’étudiants. On imagine sans peine le zèle que le P. Amance doit déployer, les démarches à faire et les ressources à solliciter pour entreprendre une telle oeuvre éducative, tout en poursuivant un ministère sacerdotal très actif. Mais au bout de 12 ans, c’est la fin d’un bel effort. Le collège d’Alzon à Bône est vendu en 1963 et l’Assomption se retire de la Tunisie en 1964, suite à l’émigration des colons en métropole et à la proclamation d’indépendance des pays d’Afrique du Nord. Il lui faut aussi quitter ces pays qu’il aime et tous les amis qui l’ont généreusement aidé. Il est dur au P. Amance de se réadapter sur le continent, dans les collèges en France (Mongré). Transféré à la maison de Lormoy (1960) et à la Province de Paris, il continue ce ministère de l’enseignement, la philosophie et l’instruction religieuse, notamment à Soisy-sur-Seine (Essonne), à partir de 1966 jusqu’à la fermeture de l’alumnat. En 1970, il devient aumônier-adjoint à la communauté du Sacré-Coeur de Vendôme (Loir-et-Cher). Il y poursuit un ministère sacerdotal apprécié, écrit une montagne de sermons et de conférences religieuses. Homme cultivé, intelligent, sensible et bon à qui l’expérience de la captivité, de l’éprouve et de la souffrance a enseigné les leçons de la croix, de la miséricorde et de la fraternité, il écrit en guise de passe-temps des ouvrages de poésie publiés à compte d’auteur. Il passe ainsi à Vendôme les 29 dernières années de son existence, paisible, laborieuse, apostolique. C’est là qu’il meurt à 91 ans, le 17 mars 1999. Il y est inhumé le vendredi 19 mars.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999, p. Assomption-France, Nécrologie, année 1999, p. Dans les ACR, du P. Amance Arandel, correspondances (1929-1954), rapports sur La Marsa (1949-1955), sur Tunis-Belvédère (1955-1957), sur la Bonne Presse (1964). Le P. Amance a donné quelques articles et nouvelles pour la Lettre à la Famille (1945) et la revue de Lormoy Jeunesse Missionnaires (1960-192). on trouve un écho de la célébration de son jubilé sacerdotal à Mongré dans le bulletin provinvial de Lyon Rhin-Guinée, 1959, n° 17, p. 9-10. On a souligné dans la notice ci-dessus l’oeuvre poétique du P. Amance Arandel. Il a publié trois ouvrages: une autobiographie: ‘Calme dans la tempête, (1996) et deux livres de poésie: Poèmes choisis (1192) et Préludes à la poésie (1993). Beaucoup d’autres de ses textes sont restés à l’état de manuscrits.