Amédée (Francois-Albert) OLLIER – 1864-1913

Charlton, 1905.
« Vous m’aviez promis au mois d’août dernier, dans le cas où l’on se
déciderait à imprimer l’explication du catéchisme en images de l’abbé
Fourrières que j’avais traduite en anglais, de m’écrire une petite préface.
La maison de la Bonne Presse se décide enfin sur nos pressantes instances
de publier cet ouvrage en anglais. Je suis donc en train de revoir mon
manuscrit avec une dame anglaise afin de ne
pas y laisser trop de grosses incorrections et de le recopier ensuite au
fur et à mesure avant de l’envoyer à l’imprimerie. Je vous serais donc bien
reconnaissant, si vos occupations vous le permettent, de m’écrire quelques
lignes à ce sujet et de me les envoyer le plus tôt possible afin que je les
traduise et les joigne au reste de l’ouvrage. Il était impossible de faire
de la propagande pour le catéchisme en images sans traduire au moins cette
explication. Après il me sera facile d’agir. Dans le
programme d’instruction religieuse, il est recommandé d’enseigner le
catéchisme au moyen d’images religieuses. Je pourrais ensuite faire valoir
que je possède une fameuse collection d’images de la plus grande utilité
pour instituteurs et institutrices. Je réussirai avec Mgr de Southwark.

Notices Biographiques A.A

Religieux français. Entre l’ancien et le nouveau Monde. François-Albert Ollier est né le 4 octobre 1864 à Montpellier (Hérault). Il fait ses études secondaires au petit séminaire de Montpellier de 1875 à 1882, puis au grand séminaire de la ville (1882-1887). Le 25 mars 1887,1 il demande à entrer à l’Assomption et prend l’habit au noviciat de Livry-Gargan (Seine- Saint-Denis), sous le nom de Frère Amédée. Il prononce ses premiers vœux en mars 1888 et ses vœux perpétuels le 15 août 1890 à Livry. Après un temps sur place pour un complément d’études, le Frère Amédée est envoyé en maison d’œuvre à l’alumnat d’Arras (Pas-de-Calais) de 1891 à 1894. Il est ordonné prêtre le 10 août 1894 à Livry par Mgr Pierre-Charles-François Cotton, évêque de Valence, ami de la Congrégation. Il commence sa vie ministérielle par une année de surveillance et de professorat au collège de Nîmes (1894-1895). Puis il part à la découverte du Nouveau Monde, en devenant chapelain des Petites Sœurs à New York de 1895 à 1897, en remplacement du P. Henri Brun décédé. Il envoie quelques nouvelles en 1895. « Les Dominicains de la province de Lyon ont fondé à 28 milles de New York un scolasticat et un noviciat ‘Rosary Hill’ ou la colline du Rosaire. C’est un endroit délicieux. Dernièrement, nous avons été invités à assister à une fête en l’honneur d’Albert le Grand. Nous avons rencontré là parmi les religieux Dominicains plusieurs Pères qui ont été à Jérusalem comme professeurs ou étudiants: PP. Flohsoone, Barnabé, Jean-Marie Perrier, Emile Pilncet. Ils nous ont prié de les rappeler au souvenir des Pères et Frères de Jérusalem ». Au bout de deux ans, le P. Amédée est invité à participer à la fondation assomptionniste d’évangélisation des Noirs en Louisiane, basée à Klotzville, qui compte parmi les entreprises missionnaires Page : 93/93 de l’Assomption au XIXème siècle comme la moins connue ou la plus oubliée. Le P. Picard a en effet envoyé au départ en 1895 en Louisiane trois religieux, le P. Marcellin Guyot, le P. Ildefonse Causse et un Frère Macaire (?] pour un genre de mission qui aurait réjoui les aventuriers en Australie des années 1860: évangéliser les Noirs autochtones. L’habitation des religieux à Klotzville, construite en bois sur le modèle colonial des Etats du sud américain, repose sur 20 colonnes de briques. À 500 mètres de là, ils animent une chapelle et desservent les environs en parcourant la campagne à la recherche des âmes. Il faut croire que cette mission évangélisatrice ne rencontre pas l’adhésion de toute la population si nous nous référons au récit du P. Amédée de février 1898: « Le P. Marcellin a à peine remis le pied à La Nouvelle-Orléans qu’il lui faut comparaître devant le Comité d’ordre public pour défendre notre oeuvre contre une pétition des habitants, une cinquantaine de membres de la haute aristocratie francophone qui protestent contre l’établissement d’une école et d’une église de couleur sur J’avenue Esplanade, estimant que ces établissements sont des nuisances pour les propriétés environnantes. Ces créoles qui se vantent d’être des catholiques pratiquants et déclarent notre oeuite sublime ont une horreur de la race noire. Ils entrent dans une véritable rage à la seule pensée qu’on pourra établir des oeuvres de nègres dans leur voisinage. Au bout de trois heures de discussions, le Comité a déclaré que notre oeuvre était une nuisance pour le voisinage ». On comprend dès lors que la mission vit ses dernières heures. Le P. Amédée rentre en France en 1900. Chapelain, il s’occupe aussi des mariniers à l’Isle-Saint-Denis. Il est envoyé ensuite à Londres (Bethnal Green) de 1903 à 1905, puis à Charlton (1905-1906), à Brockley (1906-1908), à Newhaven (1908-1913) pour le ministère paroissial. Malade, il vient à San Remo (Italie) pour y mourir, le 24 décembre 1913, d’après la lettre circulaire du P. Ferréol Poux-Berthe. « Le P. Amédée est venu d’Angleterre quelques jours après la mort du P. Burgard, le 22 octobre [19131. Son état de santé très précaire ne tarde pas à devenir inquiétant. Vers le 20 novembre, il présume trop de ses forces. A la suite d’une promenade trop longue, une forte crise de cœur compliquée d’albumine se déclare. En un mois elle a raison de sa constitution physique robuste ». Il meurt à l’aube de ses 50 ans et il est inhumé à San Remo. Page : 94/94

Bibliographies

Bibliographie et documentation., Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Circulaire du P. Ferréol Poux-Berthe, 24 décembre 1913. Souvenirs 1895, no 235, P. 335; 1898, no 338, p. 58. Lettre du P. Amédée Ollier au P. Vincent de Paul Bailly, Charlton, 3 avril 1905. Du P. Amédée ollier, dans les ACR, rapport sur Charlton (1906), correspondances (1895-1908). Notices Biographiques