Amédée (Prosper) VILLIEN – 1902-1982

Saint-Sigismond, 1964.
« Comme de juste je me présente d’abord. Je suis le P. Amédée Villien,
professeur à l’alumnat Notre-Dame de Saint-Sigismond. J’ai appris par les
nouvelles venues de Rome qu’au cours du récent chapitre général vous aviez
été nommé Procureur de la Congrégation, en remplacement du P. Rémi Kokel,
mon ancien maître des novices à Saint-Gérard entre
1920 et 1922. C’est donc à vous que je m’adresse en toute confiance pour un
service. Je suis le neveu du chanoine
Jean-Marie Villien qui, après avoir pendant 63 ans exercé son ministère
dans diverses paroisses du diocèse de Moûtiers, a été admis à la retraite
en 1958. Né en 1869, il a actuellement 95 ans accomplis. Ordonné prêtre en
1895, il va célébrer dans quelques mois ses noces de diamant sacerdotales.
Jeune vicaire, il a commencé son ministère à la paroisse de Beaufort, au
pied des Châteaux. Il a été l’ami intime du P. Eugène Monsterlet,
s’attirant les foudres de Mgr Lacroix. Je voudrais lui procurer un suprême
bonheur sur la terre, une bénédiction du Saint-Père avec quelques paroles
écrites de son auguste main et si possible un souvenir
… ».
P. Amédée Villien.

Religieux de la Province de France. Temps de formation. Prosper Villien est né le 16 juillet 1902 à Montvilliers-sur-Aime en Savoie, dans le diocèse de Tarentaise. Après ses écoles primaires à Montvilliers (1909-1913) et à Bourg Saint-Maurice (1913-1914), il parcourt le cycle secondaire à Vinovo dans le Piémont italien (19151920). Il prend l’habit au noviciat belge de Saint-Gérard, le 24 septembre 1920, sous le nom de Frère Amédée. Le P. Rémi Kokel est son maître des novices« Le Frère Amédée reste encore par bien des côtés un enfant. Il en a les qualités et les défauts. Il a l’air joyeux, expansif, confiant. On le dit énergique. Par moments son caractère vif lui joue encore quelques tours, mais il s’en corrige. Au physique comme au moral, il se développera encore. Je fais confiance à ses sentiments exprimés de foi et de fidélité à Notre- Seigneur. Profès le 24 septembre 1920, il s’en va à Taintegnies pour les études de philosophie (1922- 1922) et à Louvain pour celles de théologie (1924- 1928). Profès perpétuel le 25 septembre 1924, il est ordonné prêtre le 29 juillet 1928. Dans l’enseignement. Le P. Amédée est successivement professeur à Scherwiller (Bas-Rhin), de 1928 à 1930, au collège Saint-Augustin de Plovdiv en Bulgarie (1930-1932), à Zongouldak en Turquie (19321935), à l’alumnat de Florence (1935-1938), à celui de Saint- Sigismond (Savoie) de 1938 à 1939 et enfin à celui de Miribel-les-Echelles (Isère), de 1939 à 1940. Moblisé au printemps 1940, il est démobilisé durant l’été 1940. Il retourne alors à l’enseignement. Saint- Sigismond (1940-1943), à Briey (Meurthe-et- Moselle) de 1943 à 1944, à l’alumnat de Nozeroy (Jura) de 1944 à 1946, à Scherwiller (1946-1960) et enfin à Saint-Sigismond (1960-1968). Page :327/327 Ministère d’aumônerie. Nommé à Marseille (Bouches-du-Rhône), le P. Amédée devient aumônier de la maison de repos ‘Rayon d’espoir’. En septembre 1973, il retourne à Saint-Sigismond et rend quelques services. Entré à la maison de santé d’Albertville en février 1979, il y meurt le mercredi 31 mars 1982 vers trois heures du matin. Les obsèques du P. Amédée sont célébrées le lendemain. Le P. Jean-Daniel Gullung prononce l’homélie dont nous extrayons ces quelques lignes: Témoignage. « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout petits. Le Père Amédée n’était pas seulement petit de taille! Il était un petit devant Dieu et devant les hommes, ne cherchant pas à se mettre en avant. Comme il s’estimait incapable d’enseigner au-delà de la classe de cinquième, il a été surtout en contact avec des jeunes de onze à treize ans, l’âge calme avant l’adolescence. Parce qu’il était moins sévère que d’autres, nous lui étions très attachés et nous l’aimions bien. Pendant de longues années, il a ainsi été au contact des enfants, au service des vocations, oeuvre chère au P. d’Alzon et à ses disciples. Il y a mis tout son cœur de prêtre et il y a donné le meilleur de lui-même. Aussi ses anciens élèves lui en sont particulièrement reconnaissants. Cette spiritualité de la simplicité, le Père Amédée l’a aussi vécue comme une conséquence de sa consécration religieuse. Comme le dit le psalmiste, dans le Psaume 130 ‘Seigneur, mon cœur ne s’est pas gonflé ni mes yeux haussés. Non, je tiens mon âme en paix et en silence, comme un enfant contre sa mère’ le Père Amédée a fait tout simplement ce qu’on a lui demandé de faire, souhaitant pouvoir toujours rendre service, fût-ce auprès des vieillards quand il n’y eut plus de jeunes dans les alumnats. Simplicité, dépouillement. Et pourtant, le dépouillement qu’il allait encore devoir vivre pendant les dernières années de sa vie reste aussi pour nous comme un enseignement.. ». Page :328/328

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (Il) 1981-1983, p. 44-46. A Travers la Province (Paris), mai 1982, n° 21, p. 13-14. Lettre du P. Amédée Villien au P. Alfred Farne, procureur, Saint-Sigismond, 21 septembre 1964.