Andéol (Paul-Jean) BESSET – 1875-1953

Les joies de l’épigraphie improvisée.

« Ce soir, en revenant de Dorylée avec le P. de Jerphanion, s.j., j’ai
relevé en même temps que lui l’inscription ci-jointe. N’ayant pas les
collections épigraphiques nécessaires pour vérifier si elle a paru quelque
part, je vous laisse ce soin. Si vous la jugez intéressante et inédite,
publiez-la au plus vite afin de donner vous-même la primeur au monde des
épigraphistes. Le P. de Jerphanion m’a paru avoir le désir de la publier.
Le texte en est admirablement lisible et la copie ci-jointe parfaitement
exacte. Plus tard je vous enverrai une petite collation d’autres
inscriptions recueillies en fin juillet à Sidi
el Ghazi, lors de notre excursion vers les tombeaux phrygiens de Midas et
Cie. Le P. de Jerphanion rapporte des églises souterraines cappadociennes
près de 400 photographies et une petite collection de dessins et
d’aquarelles, à paraître en un volume. Le Père est resté chez nous depuis
hier soir samedi jusqu’au lundi matin. Ne viendrez-vous pas un jour en
Anatolie nous voir et faire des recherches archéologiques? Il y a 3 ans que
je n’étais pas retourné à Dorylée qui se trouve à 45 minutes de la Mission
… ». Besset, Eski- Chéir 6 oct. 1912.

Religieux de la Province de Lyon.

Un Missionnaire en Orient.

Paul-Jean est né le 8 avril 1875 à Labeaume (Ardèche) où il est scolarisé jusqu’en 1889. Il fait ses études de grammaire (1889-1891) et d’humanités à Brian (1891-1893), alumnat dans la Drôme. Il prend l’habit au noviciat de Livry- Gargan le 10 septembre 1893 pour achever ce temps de formation à la vie religieuse à Phanaraki (Turquie) où il est reçu à la première profession le 10 septembre 1894 sous le nom de Frère Andéol. C’est en Orient qu’il va passer 55 ans de sa vie apostolique active dont il a lui- même retracé le cadre chronologique. Il devient profès perpétuel l’année suivante, le 19 septembre 1895 à Koum-Kapou où il fait ses premières armes dans l’enseignement (1895- 1897). De 1897 à 1899, il étudie la philosophie et la théologie à Kadi-Keuï et le 2 septembre 1900 il est ordonné prêtre par Mgr Bonnetti. Il retourne à Koum-Kapou comme directeur de l’école (1900- 1901), passe à Eski-Chéir en 1901-1902, revient à Koum-Kapou (1902- 1905). Nommé supérieur de la communauté d’Ismidt (1905-1908), puis de celle d’Eski-Chéir (1908-1913), il est envoyé à Zongouldak (1913- 1919), vaste paroisse à cette époque comprenant en particulier le personnel étranger d’une société de mines de charbon. Le P. Andéol ne peut régler sa situation militaire lors de l’ordre de mobilisation, ayant dû, seul, rester à son poste sur ordre du P. Félicien. Par mesure de représailles, il est arrêté par les Turcs et envoyé à Bolou, petite ville d’Asie Mineure, où il est interné en 1915 mais traité avec humanité. Parlant le grec, le turc, l’italien et l’allemand, il se dévoue, une fois libéré, auprès des petites communautés chrétiennes, formées surtout de levantins, qu’il visite à cheval et auxquelles il apporte les services de son ministère: catéchisation des enfants, sacrements,

visite des malades.

Supérieur et curé à Kadi-Keuï.

De 1924 à 1936, le P. Andéol est établi curé de la paroisse de Kadi-Keuï, sur la rive asiatique d’Istanbul. Il partage la vie de communauté avec les religieux qui s’adonnent aux études byzantines et rédigent la revue des Echos d’Orient. « Excellent curé, très ordonné, d’une régularité exemplaire presque méticuleuse dans l’administration de sa vaste paroisse, il apporte à sa fonction le souci du bien des âmes qui lui sont confiées, aimant instruire les pa,roissiens par des prédications bien préparées, donnant de J’éclat aux cérémonies liturgiques et visitant avec assiduité les malades. Il est aidé dans son ministère par trois confrères vicaires: les PP. Humbert, Laurentien Lemaitre et Macaire, ce dernier desservant le quartier d’Haidar-Pacha où les Oblates dirigent un pensionnat florissant ». C’est avec tristesse aussi que le P. Andéol constate, année après année, l’étiolement de la communauté chrétienne. Les lois civiles et religieuses de l’état turc, sous Mustapha Kemal, sont plutôt restrictives et rendent la vie difficile aux populations non-musulmanes qui préfèrent émigrer à l’étranger. De 1939 à 1949, le P. Andéol est nommé vicaire provincial de la Mission d’Orient. Atteint d’une maladie de cœur, il doit même être hospitalisé et attribue sa relative guérison à Notre-Dame de Lourdes. En 1948, à 73 ans, il demande à rentrer en France.

Une vieillesse fortement diminuée.

A Lorgues (Var), le P. Andéol retrouve en 1948 nombre de vétérans de la Mission d’Orient qui comme lui y ont consacré leur vie apostolique. Très affaibli par sa maladie cardiaque, le P. Andéol ne quitte guère sa chambre que pour de courts voyages en famille. C’est avec courage qu’il supporte ses souffrances et sa diminution physique. Le dimanche 21 juin 1953, vers 1 h 30, le P. Andéol meurt alors qu’il attendait pour ce même jour la visite de sa sœur établie à Marseille et de son neveu. Il est inhumé le lendemain, lundi 22 juin. Ses obsèques sont célébrées par le P. Jean de Matha, suivies de l’inhumation dans la chapelle-caveau de la communauté.

Bibliographies

Bibliographie et documentation B.O.A. juin 1954, p. 70. Missions des Augustins clé l’Assomption, 1953, n° 24, p. 69-72. Lettre à la Famille 1953, n° 155, p.42-43. Le P. Andéol a donné des articles, régulièrement de 1916 à 1918, dans le Bulletin du Vicariat de Constantinople. Il a donné de nombreux articles d’information sur la Mission d’orient dans les revues de l’Assomption, des Missions (signature A.B.C.), de la Lettre à la Dispersion, du Royaume (Oblates) … Les Archives de Rame conservent une partie de sa correspondance (entre 1903 et 1950), ainsi que ses rapports de supérieur sur les communautés et œuvres d’Orient.