André DEVILLERS – 1924-1997

Prière d’une vie.

‘ Accueil le, Seigneur, en ce jour, mon désir de te servir. Je t’offre ce
que je suis. Ta grâce me suffit.

Je ne demande rien d’autre afin de vivre selon ton Evangile, uni à tous
ceux qui, dans ton Eglise, cherchent à f aire ta volonté.

Père, fais que j’aborde avec respect et amour ta Parole. Donne-moi de
communier à ton intention, toi qui me donnes par elle ton fils Verbe. Fais
que je croie qu’elle est pour moi et pour tous les croyants Parole de Vie,
telle que tu me la donnes et parce
que c’est Toi qui me la donnes, c’est-à-dire animée par la présence de
Celui qui l’a dite, ton Fils Jésus Christ.

Et donne-moi d’être sous l’emprise de Celui qui l’a dictée et l’a fait
vivre dans le cœur des hommes, ton Esprit
d’amour et de charité, l’Esprit- Saint’.

Prière manuscrite trouvée dans une Bible de religieux.

André DEVILLERS

1924-1997

Religieux de la Province de France.

Une vocation du monde ouvrier.

André Devillers est né le 30 juin 1924 à Paris, dans le quartier de la paroisse Saint-Christophe de javel, prise en charge par les Assomptionnistes précisément en 1924. La famille compte 4 enfants. André, après les études en classes primaires travaille dans la métallurgie et peine à ébarber les grosses pièces à la lime. Au patronage et à la J.O.C. dont le P. Serge Toublanc est l’aumônier, il fait la connaissance d’un autre apprenti, typographe, Denis jénichon, appelé lui- aussi à la vie religieuse. En 1943, après une retraite sur la vocation, tous deux entrent à la maison des vocations tardives de Saint-Denis, au nord de Paris, d’où ils doivent prendre la fuite pour ne pas être réquisitionnés par le S.T.O. La maison de Chanac en Lozère les reçoit. Après la libération, en 1944, Denis gagne le noviciat des Essarts (Seine-Maritime) et André la maison des vocations tardives de Montéchor, près de Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais). Peu apte aux études André choisit en 1947 d’être frère coadjuteur et passe alors au noviciat des Essarts. Il y est un novice sensible, fraternel doué de bon sens pratique et de dévouement. Profès le 30 septembre 1948, il r ‘este affecté à la maison des Essarts, travaillant aux services de la cuisine et de la lingerie. Il prononce ses vœux perpétuels le 1er novembre 1931.

Nominations dans le cadre de la Province de Paris.

En 1952, le Frère André quitte la maison des Essarts. Homme de relation, il assure l’accueil partout où il est nommé et, selon les lieux, il est chargé aussi de l’entretien des maisons, dans les services de l’économat, de la lessive, de la cuisine, un domaine où il excelle. Bénéficient de sa générosité et de sa jovialité le collège de Nîmes (Gard), de 1952 à 1958, le scolasticat de Lormoy (Essonne) de 1938 à 1960,

la communauté de la rue Bouret à Paris (1960-1973) qui succède à l’expérience de ‘la Cloche’, communauté assomptionniste de Sèvres en monde ouvrier fondée après la seconde guerre mondiale dans l’ambiance de l’expérience des ‘prêtres ouvriers’, la communauté de Longpont (Essonne), près de Lormoy (1973-1974), la paroisse Sainte-Thérèse à Pierre-fitte (Seine-Saint- Denis) de 1974 à 1987. On peut remarquer que ces différentes obédiences ont toujours placé le frère André en contact avec un milieu plutôt populaire, celui de sa jeunesse qui est devenu celui de sa vie. En 1987, il participe, dans le cadre de la Province de France, à la fondation de Gonfaron dans le Var, secteur rural près de Lorgues. Il y assume les rôles d’économe et de cuisinier, fidèle à ses compétences. Il consacre une partie de ses jours et de ses nuits à l’accueil des clochards, des routards et des autres vagabonds et ‘blessés de la vie’. L’Assomption quitte Gonfaron en 1993 et le Frère André est alors nommé à la communauté voisine de Lorgues. Il y reste, malgré des infirmités croissantes, très actif jusqu’au bout. En communauté il mène une vie très régulière de prière, de service et de pauvreté, les trois marques distinctives de sa vie religieuse personnelle. Il a la lourde tâche, dont il s’acquitte avec compétence et discrétion, d’assurer la tenue des dossiers médicaux, la correspondance avec les organismes de Sécurité sociale et en collaboration avec le gestionnaire de la maison, le contrôle financier du poste Santé, important dans une maison comme celle de Lorgues. Soucieux de distraire ses confrères, âgés et handicapé, il accepte volontiers de passer du temps avec eux, notamment en jouant aux cartes. A l’extérieur de la maison, il aime participer aux activités du troisième âge, assurant des permanences au presbytère. Il s’investit auprès des plus pauvres, plusieurs jours par semaine, au Luc, dans le cadre de l’association Phanuel. A son retour il a souvent des bagarres à raconter et des nuits blanches. Mais c’est soutenu par la célèbre fresque du chapitre 25 de saint Matthieu, qu’il sert le Christ dans la personne des pauvres secourus. Il meurt subitement le 5 mai 1997 à Draguignan où il est hospitalisé une quinzaine de jours pour un pontage coronarien. Ses obsèques sont célébrées le lendemain, 6 mai. Son compagnon des premiers jours, le P. Denis Jénichon, prononce l’homélie. Le Frère André Devillers est inhumé à Lorgues.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 77-78. Assomption France, Nécrologie 1997, p. 391-392. Notices Biographiques