Antoine GALTIER – 1894-1916

Louvain en temps de guerre.
« On nous lit au déjeuner, le
21 mars 1916, une lettre que le Gouverneur de la Belgique occupée vient
d’adresser au Cardinal Mercier pour le prier de s’abstenir à l’avenir de
tout acte politique, d’écrit principalement, de nature à jeter le trouble
dans la population si crédule de la Belgique. Le Gouverneur incrimine aussi
le voyage de Mgr Mercier à Rome où il
s’est livré à des actes de nature politique. Le ‘Général-Colonel’ aura-t-il
les honneurs d’une réplique de la part du ‘Grand Cardinal’? Il est tombé
[au 23 mars] de la neige la nuit, mais le temps redevenu sec vers midi nous
permet de faire une promenade pendant une heure, durant laquelle nous
récitons Complies. Pour la fête de l’Annonciation, au 25 mars, nous nous
levons seulement à
5 heures 30 et nous avons messe chantée. Dimanche 26 mars, c’est le Frère
Vincent Ferrier [Denis] qui donne la conférence sur ‘l’autorité doctrinale
du Saint Office’. Les deux examinateurs seront les FFr. Cécilien [Le Serre]
et Aubert (Danset]. Le lundi 27 mars, nous avons le règlement
des jours de classe. Le soir, le Frère Climente (Gotchev] qui donne son
sermon sur ‘le jugement dernier’ ». Ephémérides, Louvain 1916

Antoine GALTIER

1894-1916

Religieux français, profès in articulo mortis.

Faire-part en temps de guerre.

De la part du P. Emmanuel Bailly, Supérieur Général, est communiquée par télégramme, le 2 avril 1916, cette nouvelle du décès du frère Antoine Galtier, pour être diffusée par le canai du bulletin, Lettre à la Dispersion: Antoine Galtier décédé Louvain, 28 mars [1916]. Le P. Archange Emereau développe la nouvelle de façon plus personnelle et circonstanciée:

« Le Frère Antoine Galtier est un religieux convers de la maison de Louvain. Il est né à Louviers (Eure), le 23 juillet 1894. Son père, que nous avons prévenu tout de suite, est un ancien médecin-major de l’armée. Un de ses frères est religieux Capucin; un autre est officier sorti de Saint-Cyr. Le Frère Antoine avait terminé ses trois années de noviciat. Admis à la première profession des vœux triennaux en juin 1915, il a eu le bonheur de mourir en religieux de l’Assomption. Nous n’avons aucun détail sur sa mort ni sur la maladie qui l’a emporté si vite. La difficulté de communiquer avec Louvain nous prive de plus amples renseignements. Nous savons qu’il était d’une santé très délicate qui avait sans cesse besoin de ménagements. Prions pour lui. Vous avez appris la venue à Rome du cardinal Sevin [de Lyon]. Hier, 1er avril, nous avions la joie de posséder dans l’intimité d’un petit dîner de famille, auquel a daigné aussi prendre part le cardinal Billot, le prince Ghika, le chanoine Chassagnon, vicaire général de Lyon, le P. Le Floch, supérieur du séminaire français à Rome. A l’heure où je vous envoie ces lignes, Rome est en fête pour Asquith. Hier, le grand lord anglais est monté au Capitole. Quand y verrons-nous monter le nouveau cortège des pères conscrits et des triomphateurs que nous prépare la guerre actuelle? Faut-il souhaiter voir à leur suite honteux et humiliés,

les mains chargées de fers des chefs vaincus et découronnés? ».

Ephémérides de Louvain.

Nous lisons sur le cahier des Ephémérides de la maison de Louvain au mardi 28 mars 1916:

« Le P. Possidius [Daubyl nous dit que le Frère Antoine [Galtier] a passé une nuit très agitée. Il demandait sans cesse la communion qui lui fut portée à 1 heure du matin. Ensuite il se calma. La matinée fut même assez bonne; mais vers une heure de l’après midi, tandis que nous étions en récréation, le P. Possidius vient nous avertir de nous rendre à la chapelle. Notre malade est à l’agonie. Nous récitons les prières de recommandation de l’âme avec le P. Fabien [Petit]. Les autres Pères les récitent auprès du malade. Nous ne les avons pas complètement finies qu’on vient nous dire que le Frère avait rendu son âme à Dieu. Il est 1h.1/2. l’agonie n’a pas été longue mais très douloureuse. Notre cher Frère s’est éteint dans une grande sérénité et a gardé toute sa connaissance jusqu’au dernier moment. A 15h. il est exposé dans une chapelle ardente au grand parloir St Pierre et nous commençons la veillée, deux à deux. On se relève toutes les 1/2 heures. En raison du deuil, les cours sont suspendus jusqu’à vendredi. L’Office et le souper restent à l’heure habituelle. Ce soir, le Frère Marie-Albert [Devynck] donne son sermon, comme prévu, sur la ‘Sainte Vierge notre avocate’. Nous veillons le mort jusqu’à une heure du matin ensuite ce sont les frères convers qui assurent la relève jusqu’après la messe du matin. Le mercredi 29 mars, nous chantons la messe de Requiem à 6h30 et disons l’Office des morts. Après l’obéissance le soir, nous fermons le cercueil. Le jeudi 30 mars, cérémonie de l’enterrement à 8h30. Ce sont 4 frères qui portent le cercueil. Messe avec matines et laudes. Le cortège funèbre sort du couvent à 10h30. Les étudiants rangés en deux files précèdent le corbillard jusqu’au cimetière de Park, dans la propriété des Pères Prémontrés. Le trajet a duré 55 minutes. Le Frère Antoine repose à côté des FF. Saint Vanne et Hervé ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1916, n° 350, p. 377. Registre des Ephémérides de Louvain (1915-1925): ACR H 12. [D’après une note déposée dans le cahier des Ephémérides de Louvain, le Frère Antoine, religieux convers, est agé de 22 ans en 1916. Il est entré au noviciat le .24 avril 1911, a pris l’habit le 15 août 1912 et a prononcé ses vœux perpétuels in articulo mortis le dimanche 26 mars 1916]. Notices Biographiques