Antonino-Maria (Alessandro) CORPACCI – 1903-1985

Va-et-vient entre Tor du Nona et ‘Due Pini’.
« Depuis hier samedi 22
[juillet 1966], maison de Tor di Nona n’a plus que Mère Rita comme Oblate,
les autres étant parties pour la retraite à Florence. Le P. Carlo
[Viscardi] et le Frère Piermarlo Gadda s’occupent bien là-bas pour garder
la
maison et aider au transport de la bibliothèque pour laquelle depuis hier
soir le Frère Paul- Maurice [Gosselin] va rester tout seul, vu que les FF.
Corentin [Kersalé] et
Raymond [?] nous ont quittés pour Lyon et Saint-Maur. Ici il ne reste que
les Frères Robert
[Garcenot], Gérald [Roy] et Paul-Maurice [Gosselin]. La présence de Mère
Rita permettra aux deux religieux de Cannero de prendre leur repas à Tor di
Nona. Les candidats acheteurs de Tor di Nona sont déjà cinq ou six, c’est
l’avocat Merlini qui a été
chargé par le P. Moquin de les renseigner sur nos conditions. Depuis votre
départ, la nouvelle Via San Pio V est toujours en chantier: les
égouts et les pilotis pour soutenir la rue, l’espace entre les deux pins
est bien rempli de terre de remblai. Les travaux pour l’atelier et la
buanderie sont achevés. On va transporter les machines à laver … ».
P. Antonino, 23.07.1966.

Religieux italien de la Province de France.

Une enfance assomptionniste.

Alessandro Corpacci est né le 17 novembre 1903 ;à Fara Sabina, près de Rome. Son père est sacristain de la paroisse, sa mère est cuisinière pendant les vacances à la maison de campagne des religieux de Rome: ainsi le jeune Alessandro connaît et suit-il la vie des religieux dès son enfance. Il va faire ses études secondaires à Vinovo (1917-1922) et de là entre au noviciat de Saint-Gérard où il prend l’habit le 21 octobre 1922 sous le nom de Frère Antonino-Maria. Son maître des novices, le P. Rémi Kokel le décrit ainsi: « C’est un petit italien, remuant, inquiet, peu doué intellectuellement, mais plein de foi et de bonne volonté. Il n’est jamais fatigué de se dévouer, très attaché à l’Assomption, plein de cœur. En somme il restera enfant toute sa vie, avec des côtés très sérieux ». Le Frère étudie ensuite la philosophie à Taintegnies (1923- 1924) et à Saint-Gérard (1924-1925), études faites avec goût et conscience. On relève chez lui un certain entêtement à défendre ses propres opinions et quelque difficulté à accepter les observations de ses professeurs. Sa piété et ses qualités de coeur contribuent à atténuer les violences de son caractère inhérentes à une nature ardente. En 1925, le Frère Antonino vient de commencer sa théologie à Louvain lorsqu’il est atteint de tuberculose osseuse à un bras. Obligé d’interrompre ses études, il est envoyé à Rome, à l’Ara Coeli, où il fait sa profession perpétuelle le 1er novembre 1926. Autorisé pour raison de santé à poursuivre ses études de théologie dans la maison de repos de Lorgues (Var), c’est en la cathédrale de Toulon qu’il est ordonné prêtre le 24 juin 1929.

Fondateur d’alumnat et Factotum.

Le P. Antonino est l’un des fondateurs en 1929 de l’alumnat de Castel-Gandolfo,

Va-et-vient entre Tor du Nona et ‘Due Pini’. « Depuis hier samedi 22 [juillet 1966], maison de Tor di Nona n’a plus que Mère Rita comme Oblate, les autres étant parties pour la retraite à Florence. Le P. Carlo [Viscardi] et le Frère Piermarlo Gadda s’occupent bien là-bas pour garder la maison et aider au transport de la bibliothèque pour laquelle depuis hier soir le Frère Paul- Maurice [Gosselin] va rester tout seul, vu que les FF. Corentin [Kersalé] et Raymond [?] nous ont quittés pour Lyon et Saint-Maur. Ici il ne reste que les Frères Robert [Garcenot], Gérald [Roy] et Paul-Maurice [Gosselin]. La présence de Mère Rita permettra aux deux religieux de Cannero de prendre leur repas à Tor di Nona. Les candidats acheteurs de Tor di Nona sont déjà cinq ou six, c’est l’avocat Merlini qui a été chargé par le P. Moquin de les renseigner sur nos conditions. Depuis votre départ, la nouvelle Via San Pio V est toujours en chantier: les égouts et les pilotis pour soutenir la rue, l’espace entre les deux pins est bien rempli de terre de remblai. Les travaux pour l’atelier et la buanderie sont achevés. On va transporter les machines à laver … ». P. Antonino, 23.07.1966.

Notices Biographiques A.A alumnat transféré à Florence en 1932. Il aime enseigner sa langue maternelle et le français dans un cadre de formation religieuse ‘catholique’ selon son mot. Au début de la guerre en 1939, il est appelé à Rome pour s’occuper de la maison de Tor di Nona. Avec beaucoup de courage et de dévouement, il pourvoit à la subsistance des religieux qui manquent souvent du nécessaire en ces temps de pénurie et il protège la maison presque vide, à la fois siège de la curie et collège international, contre toute menace d’expropriation. Il veille aussi sur 5 alumnistes rescapés de Florence qu’il installe dans la maison, dépeuplée à cause de la guerre. On redoute les tracasseries policières et les bombardements alliés, on vit de rutabagas et de leurs ramures. Pour augmenter la ration quotidienne, on retourne les cailloux de la cour avec l’espoir de faire pousser quelques plantes potagères. On entretient sur les terrasses une basse-cour inféconde dont le ramage indispose le voisinage! Depuis 1940, le P. Antonino est devenu le fac-totum officiel et le chargé d’affaires auprès des Congrégations romaines et de l’administration civile. Il rend de précieux services de dactylographie pour les traductions. Quand il suit la Curie à ‘Due Pini (1959), il reste le confesseur des Sœurs Oblates et assure l’eucharistie quotidienne aux sœurs espagnoles de l’Immaculée-Conception qui sont au service de la maison et vivent un peu ‘retranchées’ dans leur propre bâtiment. Il sert de secrétaire particulier au P. Wilfrid Dufault. Le P. Antonino aime se dire ‘catholique’, d’une catholicité vraie qui préserve du nationalisme dans une communauté internationale. Le renouveau conciliaire ne l’effraie pas, même s’il souffre des excès non contrôlés des années post-conciliaires, ce qui renforce un peu sa rigidité sur quelques points de liturgie. Foncièrement disponible, d’un sens religieux élevé et cultivé, il souffre les dernières années de sa vie de ne plus pouvoir être utile. Peu à peu l’artériosclérose a raison de son organisme solide et sain. Il est gagné par les rhumatismes et somnole fréquemment. Il meurt sans bruit, sans déranger comme à son habitude, dans sa chambre le matin du Mercredi des Cendres, 20 février 1985, à 82 ans. Il est inhumé le 22 février suivant dans le caveau de l’Assomption, à Rome, Campo Verano.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 56-58. Assomption-France, Nécrologie n° 4, année 1985, p. 63-64. Le P. Antonino Corpacci, romain une longue partie de sa vie et accrédité comme représentant légal de la Congrégation en Italie, a laissé sur place un lot important de correspondances concernant surtout la gestion des immeubles de ‘Tor du Nonal et de ‘Due Pini’.