Armand-Gabriel (Aymard-Fr.) COMBES – 1856-1906

Comment on devient moine, selon Le Figaro.
« Pas de drame, nul roman d’amour, aucune catastrophe à l’origine de la
vocation de mon ami de Combes. Mais on voit assez rarement un journaliste
se faire moine. C e n’est pas à la presse que se recrute d’ordinaire le
personnel des couvents. Issu d’une bonne famille de Tarbes, petit neveu du
spirituel musicien
Dalayrac, maître charmant de l’opéra comique, M. Gabriel de Combes
s’engagea d’abord dans un régiment de dragons. I1 quitta l’armée pour
entrer dans le journalisme pour batailler autrement, ce qui est dans sa
nature. Attaché à un journal royaliste de Lyon, il vint à Paris reporter
parlementaire dans une agence. I1 rédigea la Gazette de Paramé puis entra
dans au Petit Journal où pendant dix ans je vécus côte à côte avec lui. Ses
sentiments religieux se réveillèrent lors d’un voyage
en Palestine. La visite des Lieux Saints l’impressionna au point de le
transformer. ‘De Combes, regrettez-vous rien
en allant au couvent?’. ‘ Rien,
me répondit-il d’un ton brusque, mais si ,peut-être je regrette les vrais
amis ».

Grâce à la correspondance de son cousin lyonnais, nous
connaissons les circonstances immédiates

Religieux français.

Un journaliste au couvent.

Aymard-François de Combes est née dans une famille titrée de Tarbes (Ilautes-Pyrénnées) le 16 avril 1856. Il fait ses études secondaires au petit séminaire de Saint-Pé et chez les jésuites à Toulouse (Haute-Garonne). Peu doué en mathématiques, il ne peut préparer Saint-Cyr après l’obtention de son baccalauréat ès-lettres. Mais comme il aime passionnément le cheval, sa famille obtient son entrée comme élève engagé à l’école de Saumur. En 1880, il entre dans un régiment de dragons à Saint-Etienne (Loire) qu’il laisse bientôt pour entrer à la Décentralisation, journal légitimiste de Lyon. Celle-ci disparue, il devient rédacteur au Nouvelliste, plus clérical. M. Chenevaz le prend au Soleil du Midi et Pierre Giffard au Petit journal où ses compagnons le surnomment (déjà) le Moine. En reportage en Palestine, il revient avec l’idée de se donner à Dieu, rencontre le P. Roger des Fourniels à Toulouse lequel l’adresse au P. Picard. Après une retraite à la Grande Trappe de Soligny, il prend alors la décision d’entrer à l’Assomption sous le nom de Frère Armand-Gabriel. Le 21 novembre 1897 il prend l’habit à Livry et prononce ses vœux perpétuels deux années plus tard, dans sa 44ème année. Il commence sa théologie à Rome (1898- 1900), passe ensuite à Bure et Louvain (1900- 1902) et revient dans la Ville éternelle de 1902 à 1906. Il a été ordonné prêtre à Malines le 21 septembre 1901. Il donne quelques articles sur l’Assomption en Belgique dans les Souvenirs et collabore à diverses revues de la Bonne Presse. A Rome, il est aumônier des Petites-Sœurs de l’Assomption, au Testaccio.

Une mort prématurée.

qui précèdent le décès du P. Armand-Gabriel de Combes, survenu à San Remo le 6 novembre 1906: « je comprends mieux l’adage peint sur les murs d’un vieux couvent: ‘Le plaisir de mourir sans peine vaut bien la peine de vivre sans plaisir’. Vous connaissez le chemin de croix de mon cousin à San Remo et à Mongreno. Il vint à Lyon, à la fin du mois de juillet [l906] et y passa douze jours avec mon fils aîné qui devina la nature de sa terrible maladie. Vers le 10 août il s’annonça dans le département des Landes où j’étais en villégiature, comme devant y faire une halte avant de se rendre à Lourdes. J’allai le chercher en landau à la gare de Mont- de-Marsan et je le conduisis à sept km. de là, à notre campagne de Laborde. Effrayé de sa maigreur, de sa toux, je me demandai comment il avait pu faire seul la traversée de la France. Le médecin mandé en toute hâte m’apprit que le P. Gabriel avait une tuberculose avancée et quïl était ex posé à finir très rapidement. Il me demanda de l’éloigner de mes enfants qui ne pourraient affronter la contagion. J’avertis le P. Bailly du danger que courait son religieux, il en parut étonné. Mon cousin luttait désespérément contre la phtisie, espérant reprendre son apostolat près des Sœurs de l’Assomption. Sa foi lui faisait espérer un miracle à Lourdes. Après quatre semaines de repos, il s’est senti assez fort pour gagner Lourdes. A son regard, en lui disant au-revoir à Mont-de-Marsan, je compris que, malgré la sécurité qu’il affectait, il sentait que c’était l’adieu suprême ». Revenu à San Remo épuisé le 13 octobre, le P. Armand- Gabriel est averti de la gravité de sa maladie. Il se prépare alors courageusement à la mort, survenue le 6 novembre 1906. Ses obsèques sont célébrées le lendemain et ses restes sont inhumés dans le cimetière de San Remo. « Religieux de forte trempe, d’une grande droiture et ayant du caractère, il a réalisé la parole que le cardinal Mermillod a prononcée sur lui en le bénissant enfant: Esto vir. Il ajouta à cela une grande distinction et les usages du monde qui faisaient de lui un parfait gentilhomme ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: L’Assomption 1907, n° 121, p. 8-10; n° 122, p. 22-24; n° 123, p. 36-37. Le Figaro, 30 septembre 1897 (article de Maxime Serpeille). Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Lettre de L. de Combes, Lyon, 2 novembre 1906. Dans les ACR sont conservées des correspondances du P. Armand-Gabriel de Combes datées de 1897 à 1907.