Armand (Jules Joseph Gislain) GOFFART – 1887-1980

Festivités.
« Le 16 mai [1959], j’ai eu la joie de fêter mes 50 ans de profession et
mes 50 ans de séjour à Worcester. Le P. Polyeucte Guuissard a fait le
sermon: c’est un régal de l’entendre. A midi, grand banquet avec la
communauté, les religieux de la Province, les amis: nous étions 100 à
table. Le P. Olivier
[Blanchette] a fait un discours très délicat, j’ai dû parler à mon tour et
remercier les uns et les autres, pensant n’avoir oublié personne. Ce
jour-là, j’ai reçu 650 dollars, une té1évision superbe pour l’infirmerie et
différentes choses. M. Toupin avait envoyé un magnifique gâteau évalué à
plus de 100 dollars. Pendant ce demi-siècle, j’ai partagé les joies et les
peines
de nos Pères, j’ai travaillé dans ma sphère pour le bien de la maison et
pour que les é1èves soient heureux. Je remercie le Seigneur, au soir de mon
pèlerinage, pour les grâces de fidélité que j’ai reçues dans la
Congrégation. Dans la soirée, le Dr Beaucharnp qui avait dû faire une
opération, m’a présenté ses félicitations et 50 dollars. Le lendemain, 17,
réunion des anciens, nouveau banquet pour mon jubilé d’or présidé par M.
William Aubuchon et M. Goguen. On a dévoilé une plaque de cuivre
en reconnaissance .
Fr Armand, 25 mai 1959

Armand (Jules Joseph Gislain) GOFFART

1887-1980

Religieux belge de la Province d’Amérique du Nord.

Un raccourci biographique.

Jules-Joseph-Gislain Goffart, frère du P. Zénobe, est né à Leignon, dans la province belge de Namur, le 4 juin 1887. Il est le 7ème enfant d’une famille de 12. C’est le P. Pierre Descamps qui le reçoit à Bure comme postulant le 15 octobre 1095 avec cette remarque: « Jules est un enfant bon, timide, scrupuleux, pleurant assez facilement quand on le gronde un peu trop fort. Il est entré à l’alumnat en 1901 ». Sous le nom de Frère Armand, Jules prend l’habit à Bure, près de Grupont, alumnat fondé l’année précédente. Le P. Marie-Clément Staub l’accueille au noviciat des frères convers à Gempe (1906-1908) et témoigne de façon élogieuse à son propos pour le faire admettre à la première profession: « je n’ai que du bien à dire sur le Frère Armand: il a été durant tout son séjour au noviciat le modèle des frères, au point de vue de la piété, du travail, de la docilité et du bon esprit. Il a fait et il fera beaucoup de bien. C’est une vraie consolation de pouvoir présenter de pareils frères convers à la Congrégation ». Le Frère Armand prononce ses premiers vœux le 15 octobre 1908 à Louvain. Très vite, il est envoyé au service du collège de Worcester aux U.S.A. où il va rester toute sa vie: il y arrive le 4 septembre 1909, confié au P. Omer Rochain qui le présentera à la profession perpétuelle en 1914, après les 6 années de vœux annuels. Il est reçu à la profession perpétuelle le 5 juin 1915 à Worcester. Frère Armand est affecté au collège (1909-1970), puis il rejoint la résidence communautaire (1970-1980). C’est à qu’il meurt le 7 mai 1980, à 93 ans. Ses obsèques sont célébrées le 10 mai. Il a accompli a peu près tous les métiers: assistant économe, infirmier, imprimeur, chef de la cuisine, magasinier. On lui reconnaît quelques traits de caractères bien marqués:

taquin et grognard, vif pour la répartie et plein d’humour, nerveux et travailleur, porté à la critique, aimant fumer de bons cigares, mais toujours disponible et fraternel.

Echos fraternels après un demi-siècle de services.

En 1959, le Frère Armand fête au collège son double jubilé d’or de profession religieuse et de présence. Le P. Roland Leroy évoque ainsi le long séjour de son confrère: « Frère Armand a exercé, dans nos murs, à peu près tous les métiers, depuis la cuisine où il a présidé aux fourneaux, aux temps héroïques, jusqu’à la cave où il a régné seul ou à peu près. Infirmier-chef, il a toujours pris un soin maternel des élèves malades ou aspirants-malades, leur évitant souvent les revanches des préfets et professeurs, en cas de rechute trop fréquente dans les mêmes incommodités. Quant aux religieux, il reste plutôt sur la défensive et les tient au garde- à-vous pour éviter les récidives et ou les convalescences indûment prolongées. ‘Vous avez un rhume? C’est passager. Faites comme moi, mouchez-vous!’ Mais mon Frère, c’est chronique! ‘Allez, circulez! On se reverra’. Et le patient, de s’en aller en bougonnant. Il n’est pas commode, ce petit pain de sucre (il est en effet surnommé ‘Sugar’ ou ‘P’tit Boss’). Cependant qui connaît son homme finit toujours par obtenir ce qu’il lui faut. Le Frère Armand, quand il était plus jeune, a développé l’infirmerie, installée dans une dépendance du grenier, au 4ème, sous les combles. Avec l’aide du Frère Arthur et le concours volontaire de deux élèves dévoués, Deshaies et Rancourt, le Frère Armand imprimait les feuilles de notes mensuelles, les programmes des séances, les menus des banquets, tous artistement composés etc. Ses banquets ont toujours joui d’une réputation méritée, pour leur qualité et la bonne organisation du service. Les religieuses, sous sa direction, ont réussi des menus à la hauteur des plus grandes occasions et dignes de la réception de personnages éminents de l’Eglise, de la diplomatie et même de l’armée. Pendant les jours de printemps, d’été et d’automne, il trouvait moyen de nettoyer, d’arroser et de fleurir les parterres et les alentours de l’école. Dans la vie de communauté, il se montre boute-en-train, prêt à la riposte devant les taquineries et les récriminations plus ou moins justifiées, souvent pour le faire parler. Des répliques piquantes tombent à pic et mettent en joie toute la gent monastique. Son entre-gent et son savoir-faire, son à propos, sa délicatesse et ses bonnes manières avec les visiteurs, anciens ou nouveaux, lui ont valu de nombreuses sympathies, manifestées, non pas en paroles seulement, mais en rubans, diplômes, décorations, souvenirs appréciés. En un mot, tout le monde admet et proclame ce que la communauté, les anciens, et les élèves actuels doivent au Frère Armand. Le Frère Armand reçut en effet plusieurs marques d’estime et de reconnaissance: en 1934, il devient Chevalier de Léopold. En 1959, le réfectoire du Collège devint ‘Goffart Dining Hall’.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 94-95. Worcester Telegram, Priday, May 9, 1980. Assumption North America, june 1, 1980, p. 9-12. Alumnus (The Assumption Preparatory School), Worcester, 1959, n° 287, p. 1-6. Assumptionists Deceased in North America, p. 10. Le Frère Armand a publié deux articles ‘Souvenirs d’un petit belge’ dans Alumnus, 1963 (deux numéros). Notices Biographiques