Arnaldo (Antonius Cornelis) NULLE – 1927-1996

Rome, 1969.
« A la date du 21 juillet 1969 se termine mon deuxième mandat de Vice-
Provincial du Brésil. Je vous demande de procéder en conséquence à la
consultation prévue d’après les R. O. C. auprès de tous les religieux.
L’état psychologique de la Vice-Province rend nécessaire le fait que soit
tenu le chapitre vice-provincial dès que possible, de préférence sous la
présidence du nouveau Vice-Provincial. Si la procédure de consultation
pouvait être faite avant le 15 août, la nomination de mon successeur
pourrait avoir lieu au début du mois de septembre. Je voudrais vous
communiquer aussi par cette présente lettre mon désir de ne plus accepter
un troisième triennat et j’aimerais que cela soit dit clairement dans la
lettre de consultation. J’en donne les motivations: à mon avis, je ne suis
plus dans les conditions psychologiques nécessaires. Après une période où
l’on a établi la base des structures pour un bon fonctionnement de la Vice-
Province (Pinhal, vice- provincialat, foyer de jeunes),
il est bon qu’un autre prenne la relève. Durant ces six années, j’ai porté
un certain nombre de situations conflictuelles qui
ont laissé des traces et qui rendraient difficiles des décisions objectives
».

Notices Biographiques A.A

Religieux hollandais de la Vice-Province du Brésil, Vice- Provincial du Brésil (1963-1969). Jeunesse et formation. Dans sa famille, on l’appelle Ton: en fait il est né Antonius Cornelis Nulle, le 13 novembre 1927, cinquième d’une famille de douze enfants, à La Haye (Pays-Bas). Les parents du futur P. Arnaldo (1) meurent relativement jeunes, le papa Cornelis Joannes en 1960 à l’âge de 64 ans, la maman, Johanna, née Arkesteijn, en 1952, à l’âge de 55 ans. Antonius ou Ton fréquente l’école des Frères avant d’aller à l’école missionnaire Sainte-Thérèse de Boxtel en 1940. La guerre lui fait perdre une année d’études, mais il passe ses humanités sans problèmes (1940-1948). Ses condisciples disent de lui qu’il a un tempérament colérique. C’est à Halsteren, en compagnie de 24 novices, qu’il s’initie à la vie religieuse en étudiant le Père d’Alzon et saint Augustin. Il prend l’habit le 6 octobre 1948, sous le nom de Frère Arnoldus qui donnera plus tard Arnaldo au Brésil. Ton aime la Congrégation dans laquelle il s’engage à Halsteren par la profession des vœux, le 7 octobre 1949. Il y est un Assomptionniste heureux, toujours souriant, de bonne humeur, aussi bien comme étudiant en philosophie de 1949 à 1952 que comme étudiant en théologie toujours à Bergeyk, de 1952 à 1956. Profès perpétuel le 7 octobre 1952, il est ordonné prêtre le 21 décembre 1955. Il se défoule en faisant du travail manuel au jardin. Le chant, la musique et la charge de souffleur pour les pièces de théâtre sont pour lui d’autres passe-temps favoris agréables. Il est bon étudiant et s’attend à être nommé professeur de mathématiques à Boxtel à cause de son goût pour cette matière. Mais sa joie est plus grande encore de pouvoir partir pour le Brésil, car il a une âme missionnaire et a dit son attrait pour le ministère paroissial. Missionnaire au Brésil. En 1956, le Père Arnoldus, s’embarque avec le Père Jo Coenen pour le Brésil, un pays un peu trop grand pour son appétit de travail. Il commence modestement comme vicaire à Alem Paraiba. Comme tout est nouveau pour lui, il en parle avec beaucoup d’humour dans ses lettres. Après cinq belles années, il déménage pour Sao-Paulo. Une église énorme qui ne sera achevée que 20 ans plus tard, est en construction dans une nouvelle paroisse dont il devient le curé. Il confie la charge des constructions au P. Schurmans pour pouvoir se donner entièrement à la pastorale. En 1963, à l’âge de 37 ans, il est nommé Vice-Provincial du Brésil. Avec l’aide du P. Wenceslas Stoop, il fait construire la maison vice-provinciale. Malgré le temps incertain et troublé des années soixante, il a la hardiesse de construire le petit séminaire de Pinhal. Page : 79/79 Il sait prendre des initiatives à risque, car il place sa confiance dans la Providence. Après ces 6 années de vice-provincialat (1963-1969), il devient secrétaire de la Conférence Nationale des Religieux du Brésil pour la région de Sao-Paulo, travail ardu et aussi risqué dans la conjoncture des temps. Puis il s’occupe de la formation à Pinhal. Ce travail au milieu des jeunes candidats au sacerdoce ou à la vie religieuse lui plaît beaucoup. Il y connaît des grands moments de joie, mais aussi des souffrances au moment de la fermeture du séminaire. Il n’a pas peu contribué à implanter et à faire grandir l’Assomption en terre brésilienne. Après une année de pastorale à Ibitiura qui n’est pas à la taille de son zèle, il succède au P. Cornelio Van Der Kamer comme curé de la grande paroisse de Monte-Siao. Il y passe encore de belles années: « Il y a maintes responsabilités: il est administrateur, supérieur, secrétaire, formateur, directeur, mais ce qui lui tient le plus à cœur, c’est d’être un homme heureux parmi les hommes, proche d’eux et leur ami. C’est sa vraie vocation, c’est sa passion. Comme le paysan qui trouve un trésor dans son champ, comme le marchand de perles qui en trouve une rare, il s’en va vendre tout ce qu’il possède pour acquérir ce qui n’a pas de prix. la passion de Dieu pour l’homme, l’homme créé à l’image de Dieu » selon le témoignage de son frère, le P. Fidelis Nulle. Souffrant du cœur, ayant eu un infarctus du myocarde, il trouve sur sa route beaucoup de laïcs pour le seconder. Ses paroissiens se préoccupent plus que lui de son état de santé. Au crépuscule de la vie. Au mois de mai 1996, le P. Arnaldo est à bout de force et le médecin l’oblige à prendre sa retraite et à se reposer dans la communauté de Pinhal. Il annonce cette information dans la revue U.N.A. en commentant: « Pendant trois jours le Monte-Siao s’est transformé en Vallée de larmes. Ma tâche principale, c’est de ne rien faire. Et je me lasse à ne rien Ure. C’est la plus difficile obédience que j’ai vécue pendant mes 40 ans de sacerdoce. Mais Dieu m’a accordé tant de bonnes choses qu’il a droit à une réponse positive de ma part, me trouvant en d’autres circonstances ». Cardiaque, il meurt le 4 août 1996, à l’âge de 69 ans, d’une façon subite. Claudette, la cuisinière de Pinhal, témoigne: « Lorsque je vais frapper à la porte pour appeler le Père au dîner et qu’il ne me répond pas, je peux constater en rentrant que Dieu l’a appelé avant moi ». Le Père Arnaldo est enterré le lundi 5 août, entouré de beaucoup d’amis. Le maire de Monte-Siao proclame ce jour comme un jour de deuil officiel pour toute sa commune. Et au moment où le cercueil est mis au tombeau, la foule applaudit en signe de reconnaissance pour tout le bien que le Père a réalisé pour elle et pour tous ceux qu’il a tant aimés. Les célébrations du septième jour ont lieu le 10 août à Pinhal et à Monte-Siao. Il y a une célébration d’action de grâces à Boxtel le 12 août 1996 pour fêter Ton qui vit maintenant dans la paix du Seigneur. Le P. Arnaldo est le frère d’un autre religieux assomptionniste hollandais, le P. Fidelis Nulle, son cadet né en 1926. (1) Arnoldus ou Arnaldo, prénom du bienheureux Arnold Janssen, né à Goch en Allemagne en 1837, fondateur à Steyl de la Société du Verbe Divin, mort en 1909, béatifié en 1975. Page : 80/80

Bibliographies

Bibliographie et documentations Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 35-37. De Schakel, oktober 1996, n° 4, p. 251-266. U.N.A. (Vice-Provincia do Brasil), Agosto 96, p. 45-54. Lettre du P. Arnaldo Nulle au P. Paul Charpentier, 4 juin 1969. Dans les ACR, du P. Arnoldus ou Arnaldo Nulle, rapports sur Sao-Paulo (1961-1962)rapport sur le Brésil (1964), correspondances (1957-1977) . Le P. Arnaldo a donné de nombreuses chroniques de sa vie missionnaire dans la revue De Schakel. On doit au P. Emanuel Van Der Stappen un fascicule contenant une petite notice sur tous les Assomptionnistes défunts qui ont oeuvré au Brésil, de 1935 à 1997, soit, à cette dernière date, 27 Néerlandais, 7 Français, 1 Belge et 1 Espagnol. Notices Biographiques