Arnould (Edouard-Camille) VERQUALIE – 1920-1990

Lubéro, 1958.
« Aussitôt débarqué dans notre vicariat, j’appris ma nouvelle destination.
Lubéro-Cité, situé à
2.000 mètres d’altitude. L’installation s’est faite rapidement. Une petite
maison, composée de 3 pièces, est mise à ma disposition. Quelques
tranformations intérieures et un sérieux coup de pinceau lui donnent déjà
un aspect agréable malgré l’humidité qui y règne.
Le climat est plutôt dur. Le jour je ne quitte guère mon pardessus et la
nuit, les 5 couvertures ne sont pas un luxe. Le sommeil n’en est que plus
profond et plus rémunérateur. Afin de bien équilibrer le
budget, je me passe de boy qui n’aurait d’ailleurs pas grande besogne. Un
réchaud à pétrole et des légumes à volonté généreusement fournis par la
communauté de Mulo, ainsi que le beurre, le fromage et le lait. pas là de
quoi faire un succulent repas du soir! me réservant le plaisir de partager
celui de midi
avec les Pères de Lubéro-Centre à 6 km d’ici. Un balai, une raclette et un
torchon, voilà de quoi tenir mon home en parfait état de propreté. Le
travail est
tel qu’il faudrait trois missionnaires au moins. Les Noirs sont tellement
heureux de la présence du Père qu’ils ne craignent pas de l’intégrer en
quelque sorte à toute leur vie …
».

Religieux de la Province de Belgique-Sud. De la Belgique au Congo. Edouard-Camille Verqualie est né le 21 avril 1920 à La Louvière en Belgique. Il y commence ses humanités au collège Saint-Joseph (1932-1935) qu’il termine à Sart-les-Moines (19351938). Il entre alors au noviciat de Taintegnies, le 25 septembre 1938, sous le nom de Frère Arnould. Il y prononce ses premiers vœux le 26 avril 1939. Les études de philosophie et de théologie se font à Saini-Gérard, de, 1939 à 1946. Il est admis à la profession perpétuelle, émise le 26 septembre 1942 et il y est ordonné prêtre le 5 mai 1946. Après un bref passage dans la communauté de Tamines, il est nommé à Haine-Saint-Pierre et il est vicaire à Jolimont. En 1950, il réalise le rêve de sa jeunesse en devenant missionnaire au Congo: Musyenene, Manguredjipa, Lubéro et Mulo. Nous retrouvons quelques échos de son apostolat au Congo dans des articles donnés à la revue L’Afrique Ardente: « Tous les soirs, une bonne centaine de jeunes se réunissent au Cercle. Ils jouent aux cartes, aux dames. L’ambiance est excellente. Ces jeunes de la Cité ont abandonné les cafés afin de passer la soirée dans le calme et des amusements sains. Quelques séances de théâtre organisés par eux ont rencontré le plus grand succès et c’est toujours devant un millier de spectateurs au moins que ces jeunes artistes se produisent. La salle devient tout doucement le lieu de rencontre des familles chrétiennes qui volontiers y passent leur après-midi du dimanche. De ces rencontres est sortie la nouvelle société folklorique très sympathique. Le mois prochain, j’espère inaugurer le foyer social où seules sont admises les femmes des membres du Cercle trois fois par semaine. Pourvu quelles ne viennent pas trop nombreuses, car alors il me faudrait songer à agrandir les locaux déjà trop exigus. Page :305/305 Grâce à Dieu, la santé se maintient: il le faut pour tenir le coup, étant chargé tout seul de 15.000 1âmes dont la majeure partie se trouve sans doute à Lubéro, mais dont une autre non moins importante est dispersée dans la brousse … » (1). Animation paroissiale en Belgique. Sous la pression des événements consécutifs à l’indépendance (1960), il quitte en 1962 le Congo qui devient quelques années plus tard le Zaïre. Il est alors nommé à la communauté paroissiale de Haine-Saint-Pierre où il est supérieur de 1971 à 1976 et vicaire de Saint-Vaast. Il s’y installe dans le nouveau quartier et y aménage une communauté paroissiale. Son grand objectif, c’est de créer précisément une communauté de vie et de foi. Les dernières années de la vie du P. Arnould ont été marquées par des ennuis cardiaques qui ont eu raison de lui le ler octobre 1990, à la clinique de Jolimont. Nous extrayons ce témoignage du Doyen de La Louvière, lors des obsèques du P. Verqualie: « Le P. Arnould est ici chez lui. D’ailleurs, lorsqu’on vient ici, peu d’entre nous disent. Ve vais à la chapelle de Notre-Dame de Grâces. On dit plus simplement. ‘On va à la chapelle du P. Verqualie’ et cela pas simplement parce qu’avec l’aide de toute la communauté il l’a construite, mais surtout parce qu’il y avait choisi son quasi-domicile. Elle est empreinte de sa présence, de ses options d’une spiritualité à la fois mariale et orientale, empreinte de symboles, d’icônes et d’encens. Ce gamin du quartier du Haquet qui adorait le jeu de balle avec ses copains a rencontré Celui qui, seul, est digne d’adoration… Toutes les liturgies en cette chapelle étaient teintées de dignité, de majesté et, en même temps, d’intimité. Le service de Dieu était premier dans sa mission. Le Père Verqualie en réalisant beaucoup n’était pas un activiste. Je crois que toute son action était le fruit d’une longue contemplation. Et c’est probablement cette longue contemplation qui a fait de lui un visionnaire. Il voyait l’Eglise de demain, il n’a pas attendu l’encyclique de Jean-Paul II ‘Christi fideles laïc!’ pour mettre sur pied une équipe solide de laïcs au service de l’Eglise et en particulier pour la liturgie. Depuis de longues années, cette communauté est préparée à prendre ses responsabilités. Cela n’a pas toujours été apprécié par tout le monde et ne s’est pas déroulé sans heurts. Sa personnalité S’imposait quelquefois un peu fortement et la vraie co-responsabilité des laïcs reste toujours un équilibre à chercher. Mais depuis de longues années, le P. Edouard disait à qui voulait l’entendre qu’il n’y aumit plus un prêtre résidant dans chaque paroisse et qu’une équipe de laïcs devait être capable d’assurer l’animation de la prière de la communauté. Il aurait bien voulu continuer, mais dans l’ombre, à soutenir et animer la communauté de Saint-Vaast qui lui était si chère. Il a été jusqu’au bout de ses forces … ». D’après Belgique-Sud Assomption. (1) L’Afrique Ardente, mai-juin 1960, n° 116, p. 18. Page :306/306

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 103-104. Belgique-Sud Assomption, septembre-octobre 1990, no 206-207, p. 2594-2595. Marc Champion, Province du Zaïre, Religieux défunts 1929-1994, Butembo, 1994, p. 80-83. Lettre du P. Arnould Verqualie, Lubéro, d’après L’Afrique Ardente, 1958, no 107, p. 29-30. P. Lieven Bergmans, Cinquante ans de présence assomptionniste au Nord-Kivu 1929- 1979, 1979, 195 pages.