Arsène (Julien Edouard) CALMELS – 1873-1899

Echos de la vie à Notre- Dame de Jérusalem par le P. Arsène,
1897.

« La fête du P. Athanase
[Vanhove] a subi de nombreux renvois. Le jour de Saint- Athanase, nous nous
trouvions en expédition scientifique au pays d’idumée, dans les gorges de
Pétra. La ville est couverte de tombeaux: c’est un endroit peu propice pour
une fête, quoique les monuments tumulaires soient des plus riants. De plus,
une marche le long des falaises de la mer Morte, le souvenir des cinq
villes malheureuses de la Pentapole, la préoccupation de trouver quelques
inscriptions
au pays du bon Esaï, avaient suspendu les talents poétiques. On était au
milieu des ruines,
il fallait leur arracher quelque secret. On se promettait, au retour de
l’expédition au pays des Nabathéens, de fêter le P. Athanase avec toutes
les fleurs cueillies en chemin. La fête vient d’avoir 1ieu… Les chantres,
dirigés par le P.
René [Paris], exécutèrent la messe à quatre voix de sainte Cécile, de
Gounod. Un groupe d’élèves du séminaire grec orthodoxe de Sainte-Croix
assistaient à la messe. A midi, les poètes chantèrent le P. Athanase sur
tous les tons. Pour la soirée, Esther de Racine et une comédie de
Labiche… ».

Religieux français.

Le faire-part du décès du Fr. Arsène.

Une dépêche du P. Félicien [Vandenkoornuysel, supérieur de Phanaraki annonce que le P. Arsène est saintement décédé à Phanaraki: « J’ai la douleur de vous annoncer la mort de notre très regretté P. Arsène Calmels. Il s’est éteint aujourd’hui [Il septembre 18991, vers 2 heures de l’après-midi, à l’âge de vingt-six ans. En deux mois, la phtisie avait ravagé sa constitution un peu frêle et délicate. jusqu’au dernier moment, les sentiments les plus surnaturels ont animé son âme. Il regardait la mort sans crainte. Il a supporté avec une inaltérable patience les dernières crises de sa maladie. Il a offert plusieurs fois sa vie pour l’Eglise, le Pape, l’Assomption, les missions, l’union des Eglises … ».

Curriculum vitae reconstitué.

Julien-Edouard est né le 1er avril 1873 à Jonquières (Aveyron), au diocèse de Rodez. Il entre à l’alumnat de Mauville (Pas-de-Calais) en 1884 où il laisse le souvenir d’une nature ardente, d’une piété vive et d’une intelligence travailleuse. Homme de cœur, porté à l’enthousiasme, il sait faire preuve d’une exubérance un peu fantasque… Clairmarais lui ouvre ses portes de 1888 à 1890. Il entre ensuite au noviciat de Livry dans la banlieue parisienne de l’Est le 28 juillet 1890 et il prend le nom religieux d’Arsène. Il est du nombre des novices qui vont faire leur seconde année de noviciat en Turquie à Phanaraki de 1891 à 1892 (1): il y prononce ses vœux perpétuels le 6 août 1892. L’idée de la mort, au cours d’une forte attaque d’influenza, change brusquement l’allure de ses pensées. Le Frère Arsène en sort déterminé à consacrer dorénavant sa vie à une action de sanctification plus humble, plus silencieuse,

Echos de la vie à Notre- Dame de Jérusalem par le P. Arsène, 1897.

« La fête du P. Athanase [Vanhove] a subi de nombreux renvois. Le jour de Saint- Athanase, nous nous trouvions en expédition scientifique au pays d’idumée, dans les gorges de Pétra. La ville est couverte de tombeaux: c’est un endroit peu propice pour une fête, quoique les monuments tumulaires soient des plus riants. De plus, une marche le long des falaises de la mer Morte, le souvenir des cinq villes malheureuses de la Pentapole, la préoccupation de trouver quelques inscriptions au pays du bon Esaï, avaient suspendu les talents poétiques. On était au milieu des ruines, il fallait leur arracher quelque secret. On se promettait, au retour de l’expédition au pays des Nabathéens, de fêter le P. Athanase avec toutes les fleurs cueillies en chemin. La fête vient d’avoir 1ieu… Les chantres, dirigés par le P. René [Paris], exécutèrent la messe à quatre voix de sainte Cécile, de Gounod. Un groupe d’élèves du séminaire grec orthodoxe de Sainte-Croix assistaient à la messe. A midi, les poètes chantèrent le P. Athanase sur tous les tons. Pour la soirée, Esther de Racine et une comédie de Labiche… ».

Notices Biographiques A.A laissant tomber les exubérances qu’il a jusque-là dépensées un peu à l’aventure, dans une forme de vie insouciante. Peu de temps après sa profession, il suit ses compagnons de vie à Jérusalem où il va poursuivre pendant cinq ans ses études de philosophie et de théologie. Son ardeur pour l’étude, servie par une belle intelligence, est un peu gênée par les exigences d’une santé délicate, mais son engagement en faveur d’une vie de perfection ne se dément pas. En communauté, il fait les délices de ses confrères. D’une obéissance exemplaire, d’une piété mieux formée, il est pour ses frères un chemin d’appel et d’entrain sur le plan de la patience, de la douceur et de l’oubli de soi. Il s’ingénie à mener une vie simple, faite de renoncements quotidiens et à ne pas se mettre en avant, malgré les atouts dont il dispose. On n’a pour lui qu’une seule peine, celle de lui faire accepter les adoucissements et les aménagements que son état de santé nécessite. Il est ordonné prêtre à Jérusalem le 19 décembre 1896 et quitte la Ville Sainte au mois d’août 1897 pour revenir comme professeur-formateur au noviciat de Phanaraki. Après un court séjour à Varna (Bulgarie) en 1898, il est chargé du cours sur Saint-Thomas.

Un chemin de croix vécu dans l’oblation.

Mais en juillet 1899, le médecin traitant diagnostique une tuberculose qui, des poumons, a gagné la gorge. Il est trop tard pour l’enrayer. C’est à Phanaraki que le P. Arsène meurt le 11 septembre 1899, à l’âge de 26 ans. Il n’a que trois ans de vie sacerdotale et sept ans de profession religieuse. C’est là qu’il est enterré dans l’attente de la résurrection.

(1) Phanaraki, dont le nom signifie ‘petit phare’ est une modeste presqu’île qui enfonce sa pointe ombragée de cyprès séculaires dans les eaux de la mer de Marmara. Elle est située à 3 ou 4 km. de Kadi-Keuï, l’antique Chalcédoine. Durant l’été 1886, l’Assomption vient y fonder un petit séminaire, sorte de Babel ou de Pentecôte composée de slaves, arméniens, syriens, latins originaires du Levant, mais aussi de France, d’Italie, des îles grecques et d’Autriche, formant un ensemble composite ou international. En 1889, le séminaire St-Jean est doublé du séminaire St- Pierre en même temps qu’est inauguré un noviciat. Les Oblates établies également à Phanaraki vers 1886 dans une maison en planches, laissent aux A.A. leur maison en pierre achevée en 1890 mais encore agrandie un peu après.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Souvenirs 1897, n° 317, p. 291 (texte cité du Fr. Arsène). Souvenirs 1899; n° 400, p. 196; n° 401, p. 197. Notes biographiques du P. Marie-Alexis Gaudefroy sur le P. Arsène Calmels, s.d.