Artémon (Pierre-Laurent-Joseph) SERIN – 1876-1959

Perpignan, 1939.
« Mon titre de plus ancien de la communauté de Saint-
Louis et aussi la raison de mon âge, me rendant libre de toute obligation
militaire, me valent aujourd’hui de recevoir sur mes faibles épaules la
lourde charge, toute momentanée je l’espère, de la direction de St- Louis.
Cet établissement sous le coup d’une réquisition pour servir d’hôpital
militaire s’est
vu dans l’obligation de fermer ses portes. Désireux de garder le contact
avec nos élèves, les trois religieux non encore mobilisés et moi, nous nous
sommes mis aussitôt en mouvement pour assurer la continuité des études dans
la mesure du possible. C’est ainsi que l’externat de la rue Bastien
Saint-Dominique servira de refuge pour tous les jeunes élèves des classes
inférieures jusqu’à la 5ème inclus. Quant
à ceux des classes supérieures, Mgr a bien voulu très aimablement mettre à
notre disposition une partie des locaux de la maison des oeuvres. La
grande, difficulté
à l’heure actuelle est de trouver du personnel. Je me suis permis de
demander au Provincial le P. Louis de Gonzague Martin, actuellement à
Lormoy. Ce serait un très heureux choix bien accueilli par tout le monde.
Lui et moi nous partagerions les deux maisons
».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Paris. Une vie bien remplie. Né le 20 mai 1876 à Rodez (Aveyron), Pierre- Laurent-Joseph Serin est scolarisé dans sa ville natale d’abord au pensionnat Saint-Joseph, puis à l’institution Sainte-Marie. Attiré par la vie apostolique de l’Assomption, il se présente au noviciat de Livry (Seine-Saint-Denis) où il prend l’habit le 8 décembre 1895 et où il fait profession le 8 décembre 1896, sous le nom de Frère Artémon. Ses études ecclésiastiques, commencées à Rome (1897-1898) où le P. Emmanuel Bailly reçoit ses vœux perpétuels le 14 février 1898, sont entrecoupées par trois années de professorat à Notre-Dame des Châteaux (Savoie), de 1901 à 1903. Il peut les poursuivre à Toulouse (Haute- Garonne), de 1898 à 1899, à Bure et Louvain en Belgique (1900-1904). Il est ordonné prêtre à Louvain, le 9 juillet 1905. Son rapport de présentation est au-dessus de tout éloge: « Religieux d’une piété foncière, héritée de son éducation familiale, d’une grande distinction de langage, de tenue, de relations, réservé, discret sans être timide, d’une vertu intérieure solide, d’une sensibilité affinée, tel est le Frère Artémon dès le début de son noviciat, tel il restera toute sa vie ». D’abord professeur dans les alumnats du Bizet en Belgique (1905-1906) et de Mongreno-Vinovo en Italie (1906-1907), il donne son concours pour des services d’aumônerie à San Remo (1908-1910). En 1911 commence pour le P. Artémon une période d’activité paroissiale qui va se poursuivre pendant près de 20 ans. Attaché d’abord au patronage de la rue Bonnard à Montpellier (Hérault) de 1911 à 1913, il est nommé curé en 1914 de la paroisse de Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) que Mgr de Cabrières confie à l’Assomption. Pendant la guerre, il est affecté comme aumônier dans divers hôpitaux du Midi, puis à Lyon (Rhône). A.A Libéré de toute obligation en 1919, il est chargé successivement des paroisses de Notre-Dame de Lumières (Vaucluse), de 1919 à 1920, de Saint-Joseph à Toulouse (1920-1924) et de Gorbio, près de Menton (Alpes-Maritimes), de 1924 à 1925. En 1926, il est chargé de la paroisse des Essarts (Seine-Maritime) où il doit affronter les rigueurs de Mme Pimont, propriétaire des lieux. Il ne fait que passer à Nîmes (Gard) en 1929, avant de faire partie de la communauté de Pontlevoy (Loir-et-Cher). En 1935, le P. Artémon est chargé de la direction du ‘petit collège’, annexe de l’institution Saint-Louis de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Il reste à ce poste jusqu’en 1944. Agé de 68 ans, il ressent des fatigues cardiaques qui l’invitent à restreindre son ministère. Il se résigne à solliciter le service d’une aumônerie auprès d’une communauté religieuse à Paris, tout en étant rattaché à la communauté provinciale de l’Avenue Denfert-Rochereau. Aumônier des bénédictines de Limours (Essonne), puis en 1946 au noviciat des Oblates à Evry-Petit-Bourg, enfin au Mesnil-Saint-Denis (Yvelines) où il doit lui- même prendre du repos à partir de 1958. Les Oblates aiment se souvenir de ce religieux toujours ponctuel, minutieux dans le service liturgique, délicat dans les relations et toujours disponible pour la direction spirituelle et la confession. En novembre 1959, son état de santé nécessite de nouvelles dispositions. Il est transporté le 9 décembre suivant à la clinique des Sœurs Augustines de Paris, rue de la Santé. D’une sensibilité très forte, sans doute exacerbée par ses troubles cardiaques, le P. Artémon a pris l’habitude de renouveler à chaque anniversaire une confession générale, pleurant à chaudes larmes. Il demande qu’on ne lui consacre aucune notice biographique, mais que l’on se contente d’annoncer son décès, le moment venu. « Je ne suis qu’un religieux misérable. Que Dieu ait pitié de moi et qu’on n’écrive rien sur moi ». Visité le jour de Noël 1959 par le P. Provincial, le P. Paul Charpentier, il meurt quelques heures après, vers 17 h. 30. La cérémonie religieuse de ses obsèques est célébrée dans la chapelle de l’Avenue Denfert-Rochereau, le 28 décembre. Son corps est inhumé dans le caveau de l’Assomption (tombe Bailly), au cimetière parisien de Montparnasse.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1960, p. 98. Lettre à la Famille, juin 1960, no 291, p. 378-379. Paris-Assomption, 1960, no 70, p. 1-11. Lettre du P. Artémon Serin au P. Gervais Quenard, Perpignan, 14 septembre 1939. Dans les ACR, du P. Artémon Serin, correspondances (1902-1939) Notices Biographiques