Arthur (Joseph-Arthur-Philippe) BLAIS – 1901-1982

Fondation d’un noviciat à Bergerville (Québec). L’Assomption s’est
implantée dans le diocèse de Québec en mars 1917, avec l’agrément du
cardinal Bégin en réponse à la demande d’autorisation du P. Emmanuel
Bailly.

« Un terrain a été acheté à Bergerville (actuellement Sillery) aux portes
de la ville de Québec le 13 août 1921. Les constructions du noviciat du
Sacré-Cœur et du siège de
l’Archiconfrérie de Prière et de Pénitence pour le Canada qui édite la
revue ‘L’Appel du Sacré- Cœur’ ont commencé le 13 juin 1925. La prise de
possession de la maison a eu lieu le 4 septembre 1926, l’ouverture
canonique le 4 septembre 1927. La propriété comprend un magnifique
terrain d’environ neuf
hectares, situé sur les bords du Saint-Laurent, à dix minutes des limites
de la ville de Québec. La moitié de ce terrain est plantée en bois
(pins, chênes, érables) et l’autre est constituée de prairies et jardin
potager. Les religieux de la maison de Québec constituent une Société
civile-religieuse, appelée ‘Les Pères Augustins de l’Assomption’. Cette
Société possède et gère tous les biens meubles et immeubles de la
Congrégation à Québec ».

Note du P. Tranquille Pesse.

Religieux canadien de la Province d’Amérique du Nord.

Une vie en quelques lignes.

L’article biographique consacré au frère Arthur Blais se réduit à quinze lignes dans la notice nécrologique qui lui est consacrée, modèle du genre, ce qui milite au moins en faveur de l’humilité et du détachement auxquels ce religieux a été confronté sa vie durant et qui lui ouvre, nous l’espérons, les portes d’un éternel souvenir dans la mémoire de Dieu…

Né à Québec le 28 novembre 1901, joseph fait ses classes primaires dans une école tenue par des Frères des Ecoles chrétiennes à Québec. On sait que pendant trois ans, il travaille comme typographe dans une imprimerie avant de frapper à la porte de l’Assomption, à l’âge de 26 ans. Il fait un postulat de sept mois (1927-1928) à Bergerville, la résidence canadienne de l’Assomption récemment inaugurée. Le 8 mai 1928, il reçoit l’habit assomptionniste des mains de Mgr. Langlois, évêque de Valleyfield sous le nom de Frère Arthur et prononce ses premiers vœux annuels le 8 mai 1928. Présenté par son maître des novices, le P. Marie-Alexis Gaudefroy, il est qualifié de naïf et simple d’esprit, mais travailleur, obéissant et pieux, pouvant se sanctifier et rendre de bons services. On peut dire au moins de ses qualités reconnues que la vie religieuse du Frère Arthur ne les démentira pas. Aussitôt après sa première profession, le Frère Arthur est envoyé au collège de Worces- ter (USA) où il est reçu à la profession perpétuelle le 9 mai 1932 par le P. Crescent Armanet. Affecté à différentes tâches d’entretien, il travaille à Worcester plus de trente ans, jusqu’en 1963. Il revient alors au Montmartre canadien et s’adonne à divers travaux matériels. Jamais inactif, il occupe ses loisirs à récupérer de vieux papiers, à collectionner des timbres-poste qu’il revend au profit des missions. Même durant sa longue maladie – laquelle dure plus de trois ans –

il continue à rendre à la communauté une multitude de menus services. Il a la joie de fêter le 3 juin 1979 ses noces d’or religieuses à Montmartre, entouré de ses confrères. La maladie l’emporte le 8 mai 1982, jour anniversaire de sa profession. Il est inhumé sur place.

Les espérances d’un maître de novices, inquiet mais non soucieux.

Une correspondance du P. Marie-Alexis Gaudefroy, du 30 mars 1928, nous permet d’évoquer les réalités vécues de la récente fondation du noviciat de Bergerville:

« Il me serait agréable de vous faire part d’un développement rapide de notre petit noviciat, mais je crois bien qu’il faille se résigner à de très lents débuts, à moins d’événements imprévus. La question du recrutement et des ressources paraît être des plus nécessaires et des plus urgentes à résoudre, et il faut espérer que l’on pourra trouver une bonne solution, si l’ on veut aboutir à un résultat. Nous avons eu notre premier profès, le fr. M. Léopold Braun, à la messe de l’Annonciation le 26. Il va, je pense, nous quitter aussitôt après Pâques pour voir sa famille et s’embarquer vers la fin du moins à destination de St Gérard comme vous l’avez suggéré. Il paraît plein de bonnes dispositions, et je veux espérer qu’il donnera toutes les satisfactions attendues. Son compagnon, le fr. Robert Langlais est très hésitant depuis plus de 5 mois, obsédé par un tenace pessimisme dont on a toutes les Peines à venir à bout. Tout espoir n’est pas perdu puisqu’il est encore là. Si l’on pouvait organiser quelque recrutement dans les collèges, les petits séminaires comme font d’autres, paraît-il, mais il faudrait un recruteur doué de quelques-unes des qualités du P. M. Clément (Staub). Lui réussit pour sa Congrégation, mais il se donne de la peine et il a de l’audace. Comme vous savez, deux novices convers nous ont quittés. Un autre novice convers branle assez fortement, mais j’espère que les 3 restants sur les 5 de l’an dernier pourront tout de même arriver jusqu’à la fin de leur noviciat. Deux postulants attendent encore leur prise d’habit pour le début de mai (dont Joseph Blais). Mgr Langlois a accepté en principe de venir la présider, car un des postulants est un ancien domestique de l’évêché. Nous sommes toujours sous la neige. De loin et en retard, je vous offre mes vœux de saintes joies pascales, mais nos prières arriveront à temps. Avec ma filiale obéissance. M. Alexis ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 51. Assumptionists Deceased in North America, p. 23. [L’année 1982 du bulletin ‘Assumption North Americal’ est absente de la collection des ACR]. Note du P. Tranquille Pesse du 1er décembre 1927 (ACR). Lettre du P. Marie-Alexis Gaudefray, maître des novices, du 30 mars 1928. Yves Garon, Les Assomptionnistes au Canada, Sillery, 1997.