Aubert (Albert) COLLARD – 1915-1986

Journaliste à La Croix de
Belgique.
« Mis à part les 3 ans de stage où de ma lucarne au 3ème étage de la rue
Duquesnoy, je n’avais sur la ville et le monde qu’une vue très
superficielle,
15 autres années ont passé. Ma préparation était mince! Le tirage a remonté
rapidement,
la concurrence s’est fait sentir rudement. Un imprimeur nous fit perdre
rapidement une partie des efforts de diffusion. Les finances étaient liées
au tarif unique et de compétition entre les paroissiaux. La publicité,
élément d’équilibre budgétaire, mais aussi souci quotidien.
Il y a quelques années encore, tous ces problèmes arrivaient sur le même
bureau. Aujourd’hui les responsabilités partagées rendent cela plus
supportable. Vue sur le passé? En feuilletant les collections depuis 1953,
on se demande comment cela a été possible
de sortir certains numéros. Orientation permanente, ma ligne de conduite
générale dans la rédaction des 750 numéros parus depuis 15 ans: un journal
comme celui-ci doit intégrer trois plans principaux: religieux, social,
familial… ». Aubert Collard, juin 1967.

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Un religieux éducateur et journaliste.

Né le 23 décembre 1915 à Gomery,commune de Virton dans la province belge de Luxembourg, Albert Collard fait ses classes primaires à Gomery de 1921 à 1929, puis entre dans les alumnats de Bure (1929-1932) et de Sart-les- Moines (1932-1934). Il est accueilli au noviciat de Taintegnies où il prend l’habit le 30 septembre 1934 sous le nom de Frère Aubert et où il prononce ses premiers vœux le 1er octobre 1935. « D’une piété éclairée et affective, il doit éviter le surmenage. Sérieux, tenace, un peu têtu même, mais intelligent , plus littéraire que spéculatif, il a beaucoup d’esprit et ne résiste pas touiours au plaisir de lancer une flèche » notent ses différents formateurs. Après ses années de philosophie à Saint-Gérard (1933- 1937) , le Frère Aubert commence sa théologie à Louvain (1937-1940) où il est reçu comme profès perpétuel le 1er octobre 1937. Du fait de la guerre, il va achever sa théologie à Saint- Gérard, pour être ordonné prêtre à Namur le 26 juillet 1942. Déjà au cours de ses humanités, on reconnaît chez lui des capacités littéraires au- dessus de la moyenne. S’il rencontre certaines difficultés pour la spéculation, son esprit d’observation et de saine curiosité lui permettent de discerner rapidement, dans une situation donnée, ce qu’il peut y avoir de bizarre, de ridicule ou de cocasse. Il excelle en des trouvailles qui dérivent charitablement. Il sait avoir l’esprit caustique. Après son ordination sacerdotale, le P. Aubert est envoyé comme professeur à Bure (1942-1949), en première année d’humanités. Il y connaît la pénurie due à la guerre et la situation périlleuse de la bataille des Ardennes (hiver 1944). Rédacteur du bulletin de l’école, il s’attache à donner à ses lecteurs une meilleure connaissance du P. d’Alzon et de l’oeuvre de l’Assomption.

Il écrit à l’intention des jeunes une brochure d’une centaine de pages, intitulée ‘Fleurs d’étape’. En 1949, le P. Aubert vient à Bruxelles, au service des Medias, seconder le P. Sulpice Galloy à la rédaction de La Croix de Belgique. Dès 1952, il en devient directeur jusqu’à la fusion du journal avec Dimanche à la fin de l’année 1970. Il donne alors des cours de religion dans une école d’infirmières et devient aumônier des Equipes Notre-Dame. Puis, à la demande du vicariat de Bruxelles, il rédige le bulletin En direct. Conseiller à l’U.O.P.C., il rédige également Livres-Actualités (Actuel Livres) participe au Forum de la Presse à Paris, à la Biennale du Livre religieux à Tournai, à la Foire du Livre à Bruxelles. Décédé le 25 novembre 1986 à la clinique Saint-Jean de Bruxelles, le Père Aubert est inhumé au cimetière du village natal le samedi 29 novembre à Gomery, dans la tombe familiale. Ses obsèques ont été célébrées la veille, vendredi 28 novembre en l’église de la Madeleine de Bruxelles.

La Croix de Belgique, une longue histoire.

En février 1874, Victor Mousty, ancien zouave pontifical, lance La Croix (Bruxelles), journal quotidien, organe de l’association catholique militante, ‘Association de La Croix’. Ce journal paraît à Bruxelles de février 1874 à janvier 1878. Le P. Vincent de Paul, ancien aumônier des Zouaves pontificaux, reprend le titre en 1880, avec l’approbation du P. d’Alzon, pour la parution d’une revue mensuelle, appelée La Croix (Paris). C’est seulement à partir du 16 juin 1883 que la revue La Croix se transforme en un journal quotidien, La Croix, d’inspiration catholique, ultramontaine, populaire et conservatrice. Mais l’histoire du titre ‘franco-belge’ ne s’arrête pas là: en 1923 reparaît à Bruxelles un nouvel hebdomadaire intitulé La Croix de Belgique, en souvenir du journal belgo-cosmopolite disparu depuis 45 ans. Cette parution est due à l’initiative de M. Edmond Marette. Quand ce dernier meurt prématurément, le P. Sulpice Galloy, assomptionniste, en reprend la direction qu’a continuée jusqu’en 1970 le P. Aubert.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 142-143. Belgique-Sud Assomption, 1986, no spécial 173, p. A-D. Belgique-Sud-Assomption, 28 juin 1967, no 21 (article du P. Aubert: La Croix de Belgique). Pages d’Archives, octobre 1965, no 7, p.477-485. Presse-Actualité mars 1965, no 17, p. 6 et no 18, p. 4 (article du P. Charles Monsch). Le P. Aubert Collard a écrit en 1949 un petit ouvrage de présentation de la Congrégation des Augustins de l’Assomption et de sa spiritualité, Fleurs d’étape. On a conservé dans les ACR un certain nombre de ses correspondances et de ,ses articles (entre 1940 et 1969).