Auguste (Auguste-Marie) DURAND – 1881-1944

Les débuts de la maison des
Essarts.

« La maison Saint-Antoine, aux Essarts près de Rouen
(Seine-Maritime), a été fondée en octobre 1920 pour l’œuvre des vocations
tardives. Cette œuvre a cessé en août 1924. Pendant ce temps, 46 jeunes
gens ont fait leurs études de latin et plusieurs sont devenus prêtres.
Jusqu’en septembre
1927, le P. Jean-Antoine
[Garde] est resté seul avec un frère convers. Le 31 octobre
1926, M. l’abbé Serin a été installé curé des Essarts. En février 1927,
l’abbé Garde a été chargé de la paroisse des Hauts Fourneaux à Grand-
Queveilly. En septembre
1927, la maison de Bourville était transportée aux Essarts ».

Note du P. Garde.

Par la suite, de 1927 à 1958, la maison des Essarts devint noviciat pour la
province de Paris créée en 1923. Puis les novices sont regroupés à Pont-
l’Abbé d’Arnoult (Charente- Maritime). La maison des Essarts est alors
affectée à la formation des Frères Coadjuteurs [entre 1959 et
1968], tout en servant de centre d’accueil notamment pour des groupes
confessionnels du diocèse de Rouen. Un service de Procure est organisé pour
la mission malgache.

Auguste (Auguste-Marie) DURAND

1881-1944

Religieux de la Province de Paris.

Une notice récapitulative.

Le P. Gervais Quenard donne à propos du Frère Auguste Durand ces brèves indications biographiques, au moment de son décès, le 3 février 1944: « On a déjà prié pour ce bon Frère qui s’est dévoué très humblement en diverses maisons, spécialement aux soins de la ferme et du jardin: à Jérusalem (1907- 1914) à Bourville (1917-1927) et aux Essarts (1927- 1929) où il était revenu en 193-5, après une interruption consacrée à Poussan, Davézieux et Vérargues. Chassé par l’autre guerre de Jérusalem, où il avait pris 1.habit en 1907, il passa le temps des hostilités à Rome, (1915) à Fara Sabina (1916-1917) et à San Remo (1915-1916) où il fit sa profession perpétuelle en 1915. Frappé de pneumonie en décembre, il avait demandé lui-même l’Extrême- Onction depuis un mois, et il s’est éteint pieusement le 3 février après de longues souffrances. Requiescat in pace ».

Une vie dans l’ombre.

La consultation du dossier personnel de ce religieux donne quelques renseignements complémentaires: Auguste Durand est né le 3 septembre 1881 à Châtillon-sur-Seine (Côte d’Or). Auguste entre au noviciat à Jérusalem en mai 1907, à 26 ans, et reçoit l’habit le 22 décembre 1907 des mains du P. Athanase Vanhove. Ce dernier le présente aux premiers vœux de façon très favorable le 22 décembre 1910: « Le Frère Auguste qui s’est conservé bon chrétien dans un milieu indifférent, a été attiré en Terre Sainte par le désir de s’y dévouer aux soins des malades. Nous l’avons chargé de soigner en partie notre bon Frère Polycarpe [Hudry] devenu tout à fait infirme. Il le fait de grand cœur. Il se livre à tous les autres travaux que lui assigne l’obéissance. Ancien garçon boucher,

il sait très bien soigner le bétail et il aime aussi la nature. Nous avons remarqué surtout qu’il est fidèle à ses prières, qu’il désire vivement connaître et pratiquer les obligations de la vie religieuse, qu’il aime à se dévouer au bon Frère Polycarpe et aux autres charges de la maison. Ce sera un bon Frère convers ». D’après sa propre fiche personnelle, autographe, le Frère Auguste prononce ses vœux perpétuels le 22 décembre 1916 [et non 1915] à San Remo, après un rapport tout aussi élogieux de son supérieur local, le P. Ferréol Poux-Berthe: « Voilà un an et 8 mois que je possède le Frère Auguste Durand et je n’ai eu qu’à me louer de ce frère en tout et toujours. Il est vraiment religieux et il travaille chaque jour à l’être davantage. Frère consciencieux, silencieux, porté à la solitude, travailleur à ne pas perdre son temps, sachant s’occuper, soucieux d’être exact à ses exercices de piété, obéissant à l’aveugle, qualité qui devient rare de nos jours, s’en tenant ric-à-ric (sic) aux ordres de son supérieur, dévoué auprès de nos malades et d’un grand secours pour son supérieur en ce qui regarde la surveillance des domestiques et des fournisseurs : tel est mon humble avis sur ce Frère pour le temps qu’il a passé ici à San Remo ». C’est le dernier témoignage que nous possédions sur ce religieux intégré dans la Province de Paris après 1923. Nous regrettons de n’avoir pas trouvé d’autres échos sur la vie de ce Frère: les notices biographiques du P. Marie-Alexis Gaudefroy s’arrêtent en 1936-1937; la maison des Essarts ne publie pas de bulletin pendant la seconde guerre mondiale; la correspondance échangée entre les religieux de cette communauté et la Curie généralice, est muette en février-mars 1944 sur le compte du Frère Auguste que l’on dit malade et de faible santé, mort à l’âge de 63 ans. On comprend sans peine que les préoccupations de l’heure [1944] soient concentrées sur les difficultés de la vie quotidienne en temps de guerre. Quoi qu’il en soit, ce silence lui-même peut être interprété en faveur d’une vie religieuse toute donnée, dans le droit fil des dispositions et attitudes relevées au temps de la formation du Frère: humilité, travail, service fraternel, fidélité dans la prière au choix de vie consenti en 1907. Le Frère Auguste est inhumé aux Essarts.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Nouvelles de la Famille occupée, 1er mars 1944, n° 30, p-1. Lettre du P. Jean-Antoine Garde (non datée). Echos des Essarts, 1959-1964. Notices Biographiques