Auguste CLAUDET – 1867-1897

« FraterAugustusClaudet, natus die octava septembre anni millesimi
octingentesimi sexagesimi septimi, qui habitum novitlu
conversiacceratdiedecima Augusti anni millesimi octingentesimi octogesimi
quarti post expletum primum temporalis professionis triennium, iterum
admissum est a Reverendo Patre Emmanuel Bailly, nomine acvice
Reverendissimi Patris
Francisci Picard, Moderatoris Generalis Congregationis Augustinianorum
Beatae Mariae Virginis in caelos assumptae ad professionem trium votorum
simplicium Paupertatis,Castitatis et Obedientiae ad triennium.
In conventu Sancti Augustini, Phanarakienci, prope Chalcedorum, die 18
sept.
1891.

Signatures: Fr. Auguste
Claudet, E. Bailly. Registre des professions Phanaraki 1889-1896.

Religieux français.

Une véritable famille assomptionniste.

Auguste est né le 8 septembre 1867 à La Roche- Cevins, en Savoie, au diocèse de Tarentaise. En 1883, à 17 ans, il se présente à Notre-Dame des Châteaux au P. Pierre Descamps comme postulant. Au mois d’août, le P. Picard l’accepte comme novice convers sous le nom de Frère Auguste. Il se montre religieux exemplaire et travailleur infatigable, ce qui lui fera dire plus tard « J’ai beaucoup travaillé dans ma vie, mais ce n’était pas toujours pour le bon Dieu. J’étais fort et je travaillais pour montrer ma force et m’en vanter, mais j’espère que le Seigneur me pardonnera, car j’ai aussi travaillé pour les églises de nos maisons ». En effet le Frère Auguste, doué d’une santé robuste, d’une force corporelle peu commune, mais aussi d’une volonté énergique et d’une grande habileté dans les travaux manuels, va connaître dans les jeunes implantations d’Orient, encore inachevées, où il est envoyé dès 1887, matière à un dévouement infatigable: Gallipoli, Koum- Kapou, Kadi-Keuï et Phanaraki sont ses grands chantiers. Si les pierres brutes, transformées en édifices comme l’Anastasie de Koum-Kapou ou la chapelle du noviciat de Phanaraki pouvaient parler, elles diraient dans un langage autre que minéral les labeurs et les fatigues du Frère Auguste. Avec le temps la famille Claudet, très dévouée à l’Assomption, s’y est largement impliquée: un autre frère cadet d’Auguste est entré à l’Assomption en 1884, Frère Vincent, profès perpétuel en octobre 1894 – il quittera la vie religieuse par la suite- ; une des filles Claudet est devenue Oblate de l’Assomption sous le nom de Sœur Germaine. Le père de famille, Pierre Claudet, est employé comme familier au noviciat de Livry tandis que la vieille mère, Ambrosie née Léger, reste quasi seule au logis. Le Frère Auguste, profès simple en 1891,

prononce ses vœux perpétuels le 24 octobre 1894 à Phanaraki où il déploie tout son zèle à aménager ce qui n’est encore sur de grandes surfaces que terrain vague ou bancs de pierres à exploiter comme carrière. Phanaraki doit au Frère Auguste la construction de sa chapelle, les longs murs d’enceinte et de clôture, le déblaiement du terrain aménagé en jardin, les nombreux puits et citernes qui ravitaillent généreusement la propriété en eau potable.

Maladie et mort.

En 1893, le Frère Auguste ressent les premières attaques d’un rhumatisme aigu. Il doit même un temps se contenter de surveiller le groupe des ouvriers employés pour les travaux pénibles. En 1896 on croit utile pour sa santé de le faire bénéficier d’une cure d’eau à Brousse (Turquie d’Asie). Il en revient soulagé mais non guéri, car il est victime d’une tuberculose pulmonaire que l’on ne sait pas enrayer. Durant l’hiver 1896, le Frère Auguste se rend à Constantinople pour y être soigné à l’hôpital français par des Sœurs de Saint Vincent de Paul. Il rentre à Phanaraki et à son frère Vincent, désolé de le visiter dans cet état, il ne donne qu’une consigne: « je ne ressens rien mais je sens que je m’en vais. Ne te désole pas et écris à la mère pour la consoler ». Le mercredi 10 mars 1897, à l’àge de 31 ans, le Frère Auguste rend son âme après avoir demandé à son frère des plantes et des fleurs. Le lendemain jeudi 11, les obsèques, présidées par le P. Alfred Mariage, sont célébrées par les religieux rassemblés de Kadi-Keuï et de Phanaraki et des représentants des communautés voisines, Assomptionnistes et Oblates. Le Frère Auguste est inhumé dans le caveau de la maison de Phanaraki (1). (1) Lors des journées de septembre 1957, à cause d’événements à Chypre, les églises et les cimetières des Grecs ont été saccagés par des Turcs. Par crainte, le P. Laurentien Lemaître a fait enterrer de nuit les corps des Religieux et des Sœurs qui se trouvaient dans le jardin de la propriété de Phanaraki (Fenerbahçe, en turc). Il les fit enterrer dans la sacristie et ensuite recouvrir d’une chape de béton. Une bouteille contenant des noms, dit-on, existait, mais M. Manestar, témoin de ce fait, ne savait plus très bien lui-même où elle pouvait se trouver. Sophie Dimitriakopoulis, l’actuelle gardienne de l’église, confirme ces affirmations. D’après une note du P. Alain Fontaine, 28.09.1998.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1910, n° 68, p. 271. Souvenirs 1897, n° 294, p. 81; n° 295, p. 90-91. Circulaire du P. F. Picard, mars 1897, n° 107 (édit. t.. II, p. 234). Notice sur le Fr. Auguste Claudet par le P. Marie-Alexis Caudefroy. Missions des Augustins de l’Assomption 1897, n° 40, p. 49-50.