Auguste (Francois Régis) DISDIER – 1925-1976

Scherwiller, dernier alumnat.
«Nous formons en 1965 une communauté de 15 religieux, dont le P. Auguste
Disdier, arrivé parmi nous en septembre 1965. L’esprit dans l’ensemble est
bon. Les caractères divers obligent les
uns et les autres à beaucoup de compréhension. Pourtant, souvent, pour ne
pas blesser
tel ou tel confrère, on laisse de côté tel ou tel problème qui mériterait
discussion. Dans quelle mesure passer outre? Dans l’ensemble c’est une
bonne communauté sur le plan humain. Notre point noir, c’est le travail en
équipe ou une réflexion commune. La communauté n’est pas encore ouverte au
dialogue. On a peur de s’exprimer. On se renferme sur soi-même et sur son
travail, sans préoccupation sur l’ensemble. Il manque un
esprit d’initiative, à l’intérieur d’un cadre de réflexion commune. Le
budget est équilibré: les recettes couvrent les dépenses grâce aux pensions
et aux dons des bienfaiteurs qui soutiennent l’œuvre des vocations. Une
instruction religieuse est faite dans chaque classe. Les élèves sont formés
dans l’esprit des nouvelles règles liturgiques. Nous exploitons aussi le
passage des religieux missionnaires et les revues ».
P. André Wenger 1965.

Auguste (Francois Régis) DISDIER

1925-1976

Religieux de la Province de Lyon.

Une vie conforme au ‘modèle assomptionniste’.

François-Régis Disdier est né le 25 avril 1925 à Chantaussel, hameau de Saint-Julien en Champsaur (Hautes-Alpes) au sein d’une famille chrétienne. Dans son milieu, il s’ouvre tout naturellement aux choses de Dieu, de l’Eglise et de la vie. Elève des Frères Maristes à Saint-Julien pour ses classes primaires, il entre comme alumniste à Notre-Dame à Saint- Sigismond (Savoie), de 1936 à 1941, et à Notre-Dame du Rosaire à Miribel-les-Echelles (Isère), de 1941 à 1944. Il est du nombre des alumnistes qui trouve un abri provisoire dans le château de Saint-Albin de Vaulserre, à proximité de Miribel. C’est presque tout naturellement qu’il demande son admission au noviciat à l’Assomption qui, en ces temps troublés par la guerre, peut commencer le 4 novembre 1944 à Miribel. Il prend le nom de Frère Auguste: « Pendant tout le noviciat j’ai toujours remarqué que le Frère Auguste est tout à son travail du moment. Plus tard il fera son travail avec conscience, sans bruit et à la satisfaction de tous » note le P. Eleuthère Eisen, le maître des novices improvisé à Miribel. Le 4 novembre 1945, Frère Auguste prononce ses premiers vœux à Miribel. Les études de philosophie commencent pour lui à Layrac (Lot-et-Garonne), en 1945-1946, et se poursuivent à la maison Saint-Jean à Scy-Chazelles (Moselle), de 1946 à 1947. Ce temps d’études ne fait que confirmer les heureuses dispositions du Frère Auguste à son choix de vie: religieux heureux, confrère charmant, jovial, aimant rire et plaisanter, optimiste, quelquefois tenté par le paradoxe, mais enthousiaste et prêt aux tâches qui lui seront confiées. Les études de théologie se font à Lyon, dans la nouvelle maison que la Congrégation vient d’acheter, au lieu-dit ‘Valpré’ (1948-1951).

Le Frère Auguste a prononcé ses vœux perpétuels à Valpré le 21 novembre 1948.

Panorama sur une vie.

Ces tâches à chaque fois reçues, le P. Auguste Disdier va les servir dans les différentes maisons d’éducation de la Congrégation, à l’intérieur du cadre de la Province de Lyon principalement. Sa vie apostolique, c’est l’enseignement dans les alumnats et collèges de l’époque: la Savoie (Saint-Sigismond, Douvaine en 1960), l’Alsace (Scherwiller) en 1965, La Lorraine (Scy- Chazelles, en 1970) mais également Nîmes parce que le collège de l’Assomption appelle au secours. Toutes ces communautés le voient au travail et l’apprécient, car partout on peut faire appel à lui, surtout pour les tâches secondaires et sans gloire, et pour les ‘extra’, les coups de main occasionnels en paroisse et en famille. Quand on lui fait remarquer qu’il paie son écot plus souvent qu’à son tour, il éclate de son rire retentissant qui met en déroute le calculateur. Doué pour le genre de prédication populaire, il ne refuse jamais ce ministère d’appoint ou d’entr’aide. Sa vie se déroule dans ce cadre pour lui naturel du don sans calcul, mais aussi sans éclat. Homme simple, généreux dans le don de lui-même sans condition, il ne peut que souffrir des défaillances et exemples démoralisants qui entachent la vie post-conciliaire de l’Église comme de sa famille religieuse: défections, remises en question agissent comme une douche glacée sur son enthousiasme. S’ensuivent pour cet être sensible une sorte de fermeture ou repli sur lui-même, un manque à gagner de vie heureuse. Quand il doit quitter Scherwiller, dernier alumnat à fermer ses portes vers 1975, le P. Auguste prend du service à Haguenau (Bas-Rhin) chez les Missions Africaines. Mais c’est l’âge des accrocs de santé, des examens médicaux, des révisions et des opérations qui accélèrent le processus vers l’éternité. Le 17 mai 1976, à l’hôpital de Strasbourg, il meurt à 51 ans accomplis, dans la force de l’âge et dans la conviction que la tourmente ecclésiale, vécue dans la décennie 70, appartient au passé. Sa famille souhaite une inhumation en terre natale. Les obsèques sont célébrées le 20 mai par Mgr. Chagué, évêque de Gap.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 27-28. Lyon Assomption, mai 1976, n° 50, p. 13-14. Notices Biographiques