Augustine (Patrick John) DANBY – 1918-1985

Un dossier difficile, Jérusalem.

« Le Saint-Siège est disposé à satisfaire les désirs des Pères
Assomptionnistes, afin de régler définitivement le s rapports économiques
et juridiques entre les deux parties. Le reliquat de la somme donné par les
Israéliens comme dommages de guerre à Notre-Dame de France serait utilisé
pour le maintien de la communauté AA de Saint-Pierre en Gallicante. Le
Saint-Siège est prêt à prendre en charge les frais des travaux urgents qui
s’imposent actuellement à
Saint-Pierre, jusqu’à la hauteur de la somme convenue. Le Saint-Siège
déclare qu’il ne demandera pas d’autre contribution aux AA pour l’affaire
de Notre-Dame. Les Assomptionnistes de leur côté ne demanderont pas d’autre
somme au Saint-Siège pour les indemniser de la perte de Notre-Dame de
France et pas davantage d’autres subsides pour leurs maisons en Terre
Sainte. Ils sont prêts à remplir toutes les formalités nécessaires pour
renoncer à tout droit civil et canonique
sur Notre-Dame de France… ».

Pro memoria, Vatican, 29
mars 1972.

Augustine (Patrick John) DANBY

1918-1985

Religieux anglais, assistant et économe général (1969-

1975).

Un Assomptionniste de Charlton.

Patrick John Danby est né le 3 mars 1918 à Chariton, paroisse assomptionniste desservie par les religieux de l’Assomption lors de sa fondation en 1903. Il est scolarisé à Our Lady of Grace School, puis à St Joseph’s Academy Blackheath. Il entre au noviciat des Essarts (Seine-Maritime), noviciat pour la Province de Paris dont fait partie l’Angleterre à l’époque: il y prend l’habit le 1er octobre 1934 sous le nom de Frère Augustine et il y prononce ses premiers vœux le 3 octobre 1935. Son maître des novices le P. Albert Devynck, le présente de façon très favorable: « jeune homme intelligent, cultivé, à l’esprit ouvert, curieux, ardent au travail, au caractère souple et simple, parfois candide, très sincère dans son ouverture de cœur et cordial avec ses frères ». Sa formation se poursuit en France: la philosophie à la maison Saint- Jean de Scy-Chazelles (Moselle) de 1935 à 1937, théologie à Lormoy (Essonne) de 1937 à 1940 d’abord, mais, par suite de la guerre et de sa nationalité, il va terminer ses études à Nîmes (Gard) où il est ordonné prêtre le 25 octobre 1941. Il est profès perpétuel depuis le 7 mars 1939. Jeune prêtre, le P. Danby est envoyé à Layrac (Lot-et-Garonne) pour y enseigner l’Ecriture sainte, complétant le corps enseignant dégarni par la guerre, mais l’occupation allemande dans la zone sud à partir de novembre 1942 l’oblige à fuir, via l’Espagne, avec plusieurs confrères anglais pour ne pas tomber entre les mains ennemies. Une maison d’études est alors ouverte à Somerset, le P. Augustine y poursuit son enseignement exégétique pour les étudiants anglais dont la formation depuis la guerre est organisée en Angleterre (1943-1945). Il joint à l’enseignement quelque ministère paroissial de secours aux alentours

et il est en outre confesseur des novices, lesquels apprécient ses qualités de direction spirituelle. Pendant une année il retraverse la Manche pour venir enseigner à Soisy-sur-Seine (1946-1947). En 1947, il est affecté à la paroisse de Bethnal Green à Londres, huit ans comme vicaire (1947- 1955), dix ans comme curé (1955-1965), période que le P. Augustine, redevenu P. Patrick, aimera par la suite évoquer comme la plus féconde de sa vie. Ce milieu populaire et ce genre d’apostolat direct lui conviennent parfaitement. Il est doué pour l’administration et l’organisation il sait gagner la confiance des fidèles et, malgré une pointe d’originalité, il collabore avec ses confrères. Original mais non excentrique, il se trouve de plein pied avec ses paroissiens qui aiment en leur pasteur ce sens du partage de leurs joies et de leurs peines, sa foi et son humour. En 1965, le P. Augustine-Patrick est nommé à la paroisse de Newhaven où il se découvre avec la même ardeur mais pour un temps plus compté.

Au service de l’Institut.

En effet, délégué de la Province d’Angleterre au Chapitre général de 1969, le Père Danby y est élu assistant et économe général, le 30 mai 1969, fonctions qu’il va remplir durant six ans (1969-1973) avec compétence, exerçant ses capacités aussi bien dans les petits détails que dans les grandes questions auxquelles la Curie doit faire face en cette période. Une des plus difficiles va être la recherche d’une ‘solution honorable’ pour la vente de Notre-Dame de France à Jérusalem. On sait que l’opération, bien négociée, va être cassée par le Saint-Siège en sa faveur pour devenir un centre culturel pontifical « Notre-Dame de Jérusalem Center ». En 1975, le P. Danby rentre dans sa Province. Il s’y adonne au ministère paroissial et prend encore en charge la paroisse de Hitchin en 1981. En juin 1985, il subit une opération qui n’améliore pas son état. Il se prépare alors à la mort avec courage et humour, soutenu par une grande foi. Il peut encore concélébrer la Messe dans sa chambre d’hôpital le jour précédant sa mort, survenue le 8 novembre 1985.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 97-98. Dossier personnel. Les ACR gardent trace des dossiers établis par le P. Dandy en tant qu’assistant et économe général, notamment à propos des tractations concernant la vente de Notre-Dame de France à Jérusalem. Marie Chalendar, Jérusalem Notre-Dame de France (1882-1970), 1984 édit. Téqui, 109 pages. Dominique Trimbur, Une présence française en Palestine, Notre-Dame de France, dans Bulletin du Centre de recherche français de Jérusalem, automne 1998, n° 3, P. 33-58. Notices Biographiques