Aurelio (Joseph) MARTINEZ – 1902-1967

Vie à la caserne.
« Nous sommes tous des cavaliers au régiment, enfin les uns moins que les
autres, aucun complètement puisqu’on monte rarement à cheval. Notre travail
consiste uniquement à assurer l’élevage, à panser les jeunes chevaux que
nous recevons
ici, une fois dressés. Les haras à Tarbes sont confiés à des civils. Nous
travaillons aussi à l’entretien et à
l’embellissement de la caserne qui est très tranquille. Les quatre ou cinq
écuries sont assez vastes pour contenir une centaine de chevaux chacune. Le
bâtiment central est bordé d’allées fleuries de géraniums, de rosiers, de
palmiers en fleurs et de petits sapins. Au milieu des pelouses découpées en
rectangles et bordées de haies de lauriers, il y a des massifs le tout
offre un beau coup d’œil. Si je pouvais ajouter à mon poste le métier de
planton, ce serait le filon, car je pourrais aller matin et soir librement
au séminaire en tirant un peu sur la ficelle et
en prenant le chemin de l’écolier. C’est ici une tradition et on m’en
voudrait de la rornpre. Ce matin, à la messe à la cathédrale, on a annoncé
l’ouverture d’une souscription pour la construction d’un nouveau grand
séminaire à Tarbes ». Tarbes, mai 1924.

Religieux d’origine franco-espagnole, de la Province de Bordeaux, affilié à la Province d’Amérique du sud.

Cadre biographique.

Né le 12 juillet 1902 à Buanes (Landes) d’un père espagnol et d’une mère française, Joseph Martinez fait ses études secondaires à l’alumnat d’Elorrio au pays basque espagnol (1915-1920). Il prend l’habit, sous le nom de Frère Aurello, le 24 septembre 1920 à Saint-Gérard (Belgique) et prononce ses premiers vœux le 25 septembre 1921 au même lieu. Ses études de philosophie se déroulent à Taintegnies (1922-1923) et à Louvain (1923-1924) où il revient pour ses études de théologie (1925-1929). L’année 1923 a été marquée par quelques mois de service militaire à Tarbes (Hautes-Pyrénées) et l’année 1924 par un temps de professorat à Elorrio. Profès perpétuel le 21 septembre 1925, il est ordonné prêtre le 9 juin 1929. La liste de ses résidences et emplois principaux est la suivante: Elorrio (1929- 1930), départ au Chili en septembre 1930, Rengo (1931-1935), Lota (1936), Valparaiso (1936-1938), Lota (1938-1950), Rengo (1951-1960), Valparaiso (1960), Conception (1961) et Lota (1962-1967). C’est à Santiago qu’il meurt le 16 juillet 1967.

Personalité et responsabilités.

Presque tout l’apostolat sacerdotal du P. Aurelio, durant 37 ans, s’est déroulé au Chili. Il est vicaire dans les différentes paroisses desservies dans le pays par l’Assomption, mais principalement à Rengo et à Lota. Le Père a en charge surtout les gens de la campagne, parcourant et visitant jusqu’aux familles les plus éloignés des centres paroissiaux. Là il sait se faire tout à tous, adoptant même le langage des paysans de la région. Pour que rien ne puisse le séparer de ses ouailles, il se fait naturaliser chilien en 1947.

Il sait marquer sa préférence pour les déshérités, en prenant sur lui le ministère du campo, la population rurale dispersée loin des centres. Il a le cœur d’un fils de paysan et communie aux conditions de vie de cette population comme à sa mentalité. Il tient de son tempérament espagnol un enthousiasme toujours prêt à éclater, une forme de confiance éperdue, une piété un rien démonstrative mais nourrie par une foi profonde. D’un dévouement illimité, on le voit toujours à l’entière disposition de ses paroissiens et des communautés où il est affecté. Très dévot envers la Sainte Vierge, il cherche à promouvoir partout le culte de Marie. Dans les paroisses où il travaille, il fait connaître et établit la Légion de Marie. Il a un souci spécial de former des catéchistes pour les paroisses. Poussé par son zèle, il se rend plusieurs fois dans le grand Sud du pays, à l’époque des vacances, pour prêcher des missions, là surtout où il manque régulièrement de prêtres. D’un extérieur très joyeux, assez original, le Père Aurelio cache sous des apparences très simples une foi profonde et un grand esprit surnaturel.

Une pauvreté dernière.

En 1960, le P. Aurelio connaît la grande épreuve de la maladie. L’artériosclérose lui fait croire que ses confrères lui en veulent. Il s’imagine la mort prochaine et se voit entouré partout d’ennemis. C’est ainsi qu’il doit vivre des années très pénibles. Il doit être soigné en clinique et prendre de longs mois de repos. En 1962, on juge cependant qu’il peut encore rendre service comme vicaire supplétif à Lota. Il ne peut plus guère que confesser et célébrer l’Eucharistie. Atteint de la maladie de Parkinson, il en est bientôt réduit à une inactivité complète. Ces années d’épreuves et de souffrances révèlent le P. Aurello égal à lui-même: un religieux plein de foi, fidèle et ponctuel à tous les exercices religieux de la communauté, toujours le chapelet à la main. En avril 1967, pour être mieux soigné, le P. Aurelio est transporté à Santiago, d’abord au lieu du noviciat (Las Condes) et, au mois de mai, au couvent de Lourdes. En quelques semaines, la maladie fait de grands progrès. De lui-même, il demande les derniers sacrements et les reçoit en pleine lucidité. Le 16 juillet, il rend le dernier soupir.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. janvier 1968, p. 235-236. A Travers la Province de Bordeaux, septembre 1967, n° 154. Notice de la Province d’Amérique du Sud: in memoriam P. Aurelio Martinez (1902-1967: texte espagnol transmis au P. Vargas (non signé). Dans les ACR, du P. Aurelio martinez, quelques correspondances (1930-1937).