Axente (Joan) AXENTE – 1908-1943

Situation de l’Assomption en
Roumanie.

Il est très difficile, sinon impossible, d’avoir une idée exacte de ce que
vit l’Assomption en Roumanie pendant la seconde guerre mondiale, les
relations avec l’Occident étant presque coupées. Un état de 1945 y totalise
27 religieux ou assimilés, répartis entre 21 roumains (dont 9 prêtres, 5
coadjuteurs, 5 étudiants et 2 postulants) 4 français, 1 anglais et 1 belge.
L’Assomption y est officiellement fondée depuis
1923, date de la fondation de Blaj où les religieux de rite
gréco-catholique animent un petit séminaire oriental et une chapelle
publique.
En 1924, deuxième fondation à Beius où les religieux ont en charge un
important internat diocésain, un noviciat et un centre de presse.
En 1926 est fondé Lugoj: petit internat et centre de prédication de
missions.
En 1933, l’Assomption prend pied à Bucarest avec un foyer étudiant, une
paroisse de rite roumain uni, une œuvre de presse et, depuis 1937, le
centre de l’Institut des Etudes byzantines transféré de Kadi- Keuï.
Parallèlement, les 0blates de l’Assomption animent en Roumanie des œuvres
scolaires et médicales.

Religieux roumain de la Province de Lyon.

Une santé fragile, une responsabilité très tôt assumée.

Né le 29 novembre 1908 à Seica-Mare en Roumanie, au diocèse de Blaj, Auxentius commence sa scolarisation dans son village natal avant de les poursuivre à Blaj (1920-1928) où il se révèle comme un brillant élève. Il est admis au noviciat de Beius par le P. Alype Barrai et prononce ses premiers vœux le le 21 octobre 1928. C’est le premier alumniste roumain. Les P. Tiburce Donche, Irénée Merloz et Alexandre Malfatti sont sur place ses formateurs. Il gagne ensuite la Belgique pour ses études de philosophie au scolasticat de Saint- Gérard.

Un problème de santé le dirige sur Lorgues (Var) en 1930-1932 avant qu’il n’entame à Blaj son cursus de théologie (1933-1936). A Lorgues il est reçu à la profession perpétuelle le 22 octobre 1932 et à Blaj en une semaine lui sont conférés, selon la coutume reçue dans l’église gréco-catholique, tous les ordres majeurs. Il est prêtre le 9 octobre 1935 à 27 ans, décision prise assez rapidement par ses supérieurs pour lui éviter une prochaine incorporation militaire, selon les termes de la loi roumaine. Sur place, il est chargé d’accompagner les quelque douze élèves séminaristes de la Casa Domnului qui suivent les cours à l’extérieur, au lycée de la ville.

Il y souffre de la situation un peu exceptionnelle de la communauté: le décès du fr. Ariton, la défection d’un des trois premiers religieux roumains, le fr. Liviu, mais aussi de l’incompréhension du P. Evrard, un supérieur souvent absent de sa communauté au témoignage même des religieux sur place: PP. Adhémar Merckx, Austin Treamer et Léandre Gayraud. Ces derniers n’hésitent pas à soutenir fraternellement leur jeune confrère et à l’encourager aux heures difficiles.

Notices Biographiques A.A Page : 109/109 Dans l’exercice prématuré de ses responsabilités, ce religieux n’a pas démérité: il exprime volontiers son désir d’attirer à la vie religieuse quelques très bons sujets du séminaire que la position du clergé séculier en Transylvanie laisse sur leur faim quant aux conditions d’exercice de leur futur ministère. D’autre part il s’ingénie à être proche des jeunes alumnistes, mangeant avec eux et les guidant dans le choix de leurs lectures. Il a surtout le don de recon naître loyalement les limites de son caractère que lui-même estime trop impressionnable et irascible, devant porter sur ses jeunes épaules le poids trop lourd d’ expériences encore à acquérir. Cette situation réclame un changement qui est accordé au jeune P. Axente que son Provincial, le P. Sollier, encourage volontiers: il est envoyé à Beius en 1936, après avoir pu compléter le cursus normal de sa formation théologique. La commmunauté qui a en charge un internat de 160 élèves est dirigée par le P. Judicaël Nicolas; elle compte également, vivant selon son régime propre, un noviciat dirigé par le P. Evrard. En font partie à cette date outre le P. Judicaël et le P. Evrard, les PP. juste Bonnet, Irénée Merloz, le P Axente et le fr. Andreiu Maghiar: c’est bien peu pour assurer tous les services d’un tel ensemble: cours et leçons, surveillance, études et lectures, animation spirituelle. Le supérieur ne cesse de demander au Provincial un renfort de personnel pour un partage du travail et l’équilibre de la vie religieuse. Mais le destin ne laisse pas au P. Axente le temps de donner toute sa mesure. Repris par la maladie, il doit de nouveau reprendre le chemin de Lorgues (Var), en semi-repos (1938).

Une vie tronquée.

Celui qui a été et reste le premier alumniste roumain en 1925 ne peut demeurer en France dans le contexte de ces années difficiles qui marquent l’entrée en guerre de son pays aux côtés de l’Allemagne. Il rentre en Roumanie se soigner au sanatorium de Sibiu en Transylvanie. C’est là qu’il meurt le 8 mai 1943. Son corps est ramené à Blaj où l’archevêque préside ses funérailles.

Page : 110/110

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Nouvelles de la Famille occupée, juin 1943, n° 20, p. 85. Rapports de Blaj (1933-1936) et de Beius (1936-1938). Dossier Mission de Roumanie, 1938-1960 (il n’existe pratiquement aucun document daté des années de guerre).