Aymard (Jean-Baptiste) FAUGERE – 1881-1955

Redécouverte de Lavagnac
(1920).
« M. le Doyen de Montagnac m’a invité à assister a la Confirmation donnée
par le Cardinal de Cabrières le 5 juillet [1920]. J’ai accepté avec
empressement, puisque j’avais l’occasion de visiter la
paroisse sur le territoire de laquelle se trouve le château de Lavagnac…
Mme la Comtesse de Puységur [nièce du P. d’Alzon] et Mme de Rodez-Bénavent
sa fille, insistèrent pour m’amener au château. J’ai passé une soirée
délicieuse dans cette résidence princière, restée telle que la connut le P.
d’Alzon. Ces dames eurent la délicatesse de m’installer dans la chambre
même du Père avec le bénitier qui ornait le dessus du lit de
M. Henri d’Alzon. Le mardi 5 juillet, j’ai célébré la messe dans la
chapelle du château, devant la Vierge Auxiliatrice, confidente du jeune
d’Alzon pendant la nuit qui précéda sa fugue au séminaire de Montpellier.
Puis j’ai récité le rosaire dans ‘l’allée des Pères
‘ou ‘allée du Bréviaire’, si recueillie. Vous savez que le frère de Mme de
Puységur, Dom Emmanuel [de Quinsonnas] s’est fait Chartreux, renouvelant
l’aventure du P. d’Alzon… Dom Emmanuel est à la Chartreuse de Pise ».
P. Aymard au P. Moubon, 10
juillet 1920.

Aymard (Jean-Baptiste) FAUGERE

1881-1955

Religieux de la Province de Paris, premier Provincial de Paris (1923-1929).

De maison en maison.

Jean-Baptiste Faugère naît à Tulle (Corrèze), le 6 mars 1881. Il fait ses études de grammaire à l’alumnat du Breuil (Deux Sèvres), de 1893 à 1898, puis à Saujon (Charente-Maritime) continuation de Laubat, de 1899 à 1890. A la fin de ses humanités, il opte pour l’Assomption. Par suite de la dissolution de la Congrégation (1900), le noviciat de Livry est transféré le 28 avril 1900, à Gemert (Hollande), dans une ex maison des jésuites. C’est là qu’il prend l’habit sous le nom de Frère Aymard le 18 septembre 1900, le noviciat se terminant à Louvain depuis son transfert le 7 août 1901. Il y prononce ses premiers vœux le 8 septembre 1901. Il est alors envoyé au Breuil comme professeur et économe (1901-1905), avec l’interruption du service militaire accompli à Tulle (1902-1903). Au Breuil il est inculpé ainsi que le P. Alphonse Cadoux, supérieur, par le procureur de Melle, comme faisant partie d’une Congrégation non autorisée. La condamnation se solde par deux amendes de 7 francs. Après sa profession perpétuelle, émise à Louvain 9 juillet 1906, le Frère Aymard est envoyé à Rome où il fait ses études de philosophie et de théologie (1906-1911). Il y décroche les grades de docteur en philosophie (1909) et de bachelier en théologie (1910). Il est ordonné prêtre le 10 juin 1911.

Vie apostolique d’un religieux, responsable, décidé.

Le P. Aymard commence sa vie ministérielle à Montpellier (Hérault) où il est chargé des patronages (1911-1912). En 1912, il partait aux U.S.A. pour Worcester où il reste deux ans comme professeur et économe (1912-1914). La déclaration de guerre le rappelle en France: il est mobilisé d’août 1914 à mars 1919.

De 1919 à 1923, il retourne à Montpellier, cette fois en qualité de supérieur, point de départ de son ascension dans les responsabilités. A la suite de la division de la Congrégation en Provinces, il est choisi comme premier Supérieur Provincial de Paris: tout à créer, charge d’autant plus lourde qu’il est nommé en même temps curé de la paroisse Saint-Christophe de javel à Paris. Il termine ses fonctions de Provincial en 1929, mais reste curé de javel jusqu’en 1951, terrassé par la maladie. La Province de Paris qui va de Lille à Perpignan comprend les vicariats d’Amérique du Nord et d’Angleterre. Dans l’hexagone, l’Assomption lui doit la construction du nouveau collège de Nîmes, la résurrection de Clairmarais (Pas-de-Calais), l’établissement des alumnats de Poussan (Hérault), de Davézieux (Ardèche) et la maison de vocations tardives de Saint-Denis. Il n’oublie pas la mission anglophone qu’il visite à intervalles réguliers et à laquelle il imprime une impulsion remarquable. Il est, en qualité de curé, un administrateur éminent. On lui doit la construction, menée énergiquement, de l’église Saint- Christophe, entreprise réalisée sans subvention ou subside officiel, mais grâce à un réseau étendu de collectes auprès de bienfaiteurs. Il lance des souscriptions originales, celle du bidon d’essence, celle des pierres et celle des demi-pierres… D’une foi intrépide et d’un désintéressement absolu, doué d’une facilité d’improvisation à partir de simples schémas, le P. Aymard parle avec clarté et un sens concret des réalités de la vie pratique. Il aime présider avec prestance les grandes cérémonies liturgiques et entoure l’organisation du culte d’un chapelet d’œuvres sociales: écoles, centre de jeunesse, dispensaire, secrétariat social de la Ligue féminine… Animateur ferveur du pèlerinage national de Lourdes, le P. Aymard est apprécié comme confesseur et prédicateur auprès de nombreuses familles religieuses. En 1951, le diabète et une tuberculose pulmonaire l’obligent à prendre du repos à Lorgues (Var). Il meurt d’une embolie le 21 janvier 1955, à 74 ans. Les obsèques sont célébrées sur place le lendemain. Un service religieux solennel est consacré à sa mémoire à Paris, quai de javel, le 26 janvier, de façon à permettre aux anciens paroissiens du P. Aymard de s’associer à la prière et au deuil de l’Assomption.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1956, p. 155. Lettre à la Famille 1955, n° 186, p. 62-69. Le Passeur, n° 52, mars-avril 1955. Dans les ACR, de nombreux écrits du P. Aymard Faugère: rapports provinciaux, correspondances (1904-1950), circulaires, articles écrits dans les bulletins paroissiaux de Saint-Christophe de Javel (Le Passeur et l’Echo du Passeur) Notices Biographiques