Barnabé (Jean-Marie) GLEDEL – 1904-1973

Etats de service d’un homme
‘vertueux’.
« C’est en pleine activité que le P. Glédel a été frappé par la maladie.
L’image privilégiée
pour celui que nous connaissons comme le P. Barnabé, est celle de la
fidélité, ‘ce juste mort avant l’âge, trouvant le repos’, selon le livre de
la Sagesse 4, 7. Fidélité s’alliait en lui à vérité et générosité, vertus
divines qui
ont trouvé en ce religieux des dispositions correspondantes. Si j’évoque la
diversité des services que le Père a assurés dans la Congrégation et les
difficultés que son sens de la responsabilité a su affronter, je reconnais
les dons particuliers qu’il a eus pour
créer, organiser, adapter. Partout son initiative, même contestée, s’est
ingéniée à découvrir des méthodes pédagogiques nouvelles, des moyens
matériels et financiers originaux: tout l’a exposé, en un sens, à faire de
lui, auprès des Provinciaux, l’homme providentiel auquel on a eu souvent
recours pour des fondations difficiles, dans des
conditions précaires de pauvreté en moyens et en personnel. Lui
a toujours gardé malgré tout l’ambition de servir les vocations, même à
l’heure où il fallut abandonner l’espoir de conserver des alumnats…
D’après l’homélie P. Guillemin,
12.04.1973.

Barnabé (Jean-Marie) GLEDEL

1904-1973

Religieux de la Province de Bordeaux.

Une formation rude.

Jean-Marie Glédel est né le 24 avril 1904 au Grand- Fougeray, bourg d’Ille-et-Vilaine, dominant la vallée de la Chère. Il est baptisé le lendemain. En 1910, il perd son père, coiffeur. Très jeune, il confie son désir de devenir prêtre et se plaît même à dire qu’il sera pape! Le petit séminaire diocésain de Châteaugiron étant trop cher la bourse d’une veuve chargée de quatre enfants, Jean-Marie est admis en 1917 à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire), nouvellement ouvert. Sans doute a-t-il préalablement reçu quelques rudiments de latin de la part d’un vicaire, car Jean-Marie ne fait que deux années à l’alumnat de grammaire (1917-1919). Il en garde un souvenir fort rugueux. Les alumnistes de Saint-Maur, de Saint-Sigismond (Savoie) et de Zepperen (Belgique) sont regroupés pour leurs humanités à Vinovo, près de Turin (Italie), de 1919 à 1921. Jean- Marie opte pour la vie religieuse à l’Assomption: il entre en août 1921 au noviciat à Saint-Gérard-de- Brogne, près de Namur (Belgique) où il prend l’habit le 4 novembre, sous le nom de Frère Barnabé. Il faillit être renvoyé, pour raison de santé, par l’inflexible Frère Pierre-Cosme Goret qui veille à l’état sanitaire des jeunes candidats. Profès temporaire le 5 novembre 1922, il passe à Taintegnies, près de Tournai, pour l’étude de la philosophie, revient à Saint-Gérard. La maison d’études de Louvain l’accueille à l’automne 1925 pour la théologie. Il y prononce ses vœux perpétuels le 5 novembre et est ordonné prêtre le 9 juin 1929. Très pieux, ascète même, il a organisé pour des volontaires une ‘Garde d’honneur du Sacré-Coeur’. Volontiers taquiné par ses confrères pour ses tics ou ses manies, il est affublé d’un sobriquet, ‘Petit Prophète’, un Frère hollandais de grande taille, Switbertus Gaajetaan, étant réservé pour l’ennoblissement biblique de ‘Grand Prophète’.

Peut-être cela lui vient-il d’un air ou d’un ton doctement imposant …

Responsabilités, fondations et services. Agé de 25 ans, le P. Barnabé reçoit pour première obédience un poste important, en qualité de ‘socius’ ou de bras-droit du maître des novices, le P. Savinien Dewaele, à Scy-Chazelles (Moselle), de 1929 à 1931. Le noviciat se mue alors en scolasticat de philosophie et trouve un nouveau refuge à Nozeroy (Jura). Le P. Barnabé s’y transporte avec les 8 novices de Lyon et les 14 de Bordeaux, la Province de Paris se réservant à elle-seule la maison des Essarts, il y côtoie le fameux P. Gausbert Broha, terreur quelque peu légendaire de la jeunesse assomptionniste, (1931-1934). La Province de Bordeaux se dote alors d’un noviciat propre à Pont-l’Abbé- d’Arnoult. Le P. Barnabé y accompagne les novices de sa province, pour 7 mois (janvier- septembre). En septembre 1934, les supérieurs lui confient la fondation d’une maison de vocations tardives à Blou (Maine-et-Loire), mais dès 1935 il est appelé à prendre la direction de l’alumnat voisin de Saint-Maur, poste qu’il occupe onze ans (1935-1946). Il y rencontre pas mal de difficultés, d’adaptation auprès d’enfants plus jeunes, de collaboration auprès de ses confrères. Durant l’été 1939, c’est le drame de la noyade accidentelle de 4 jeunes dans la Loire. Avec la guerre, c’est le temps des restrictions et à la fin de la guerre un bombardement inopiné qui, s’il ne fait pas de victimes, cause de gros dégâts. En octobre 1946, le P. Barnabé est choisi comme économe du scolasticat de Layrac (Lot-et-Garonne). En septembre 1947 on fait encore appel à lui pour la délicate fondation de Kerbernès, près de Quimper, d’un Centre agricole et horticole pour apprentis orphelins. Pour renflouer la caisse, il lance les jeunes dans des travaux de vannerie. En 1953, il est nommé deux ans économe à l’alumnat de Cavalerie (Dordogne), puis part enseigner à Melle (Deux-Sèvres) de 1955 à 1959. Eà-i 1959, il est encore déraciné pour enseigner la classe de 6è-me à Cahuzac (Gers). En 1966, les alumnats de la province de Bordeaux sont tous fermés. Le dernier reste d’alumnistes est envoyé au collège Saint-Sauveur de Redon (Ille-et-Vilaine). C’est un déchirement pour le P. Barnabé d’accepter ce temps de profondes mutations, lui qui a consacré la plus grande part de sa vie religieuse et sacerdotale ;à la formation de futurs prêtres. Courageusement il se ‘reconvertit’: il s’adonne à partir de 1966 à la prédication de récollections auprès de religieuses. Il obtient de pouvoir se fixer à Massérac (Loire-Atlantique) où il peut prendre soin de sa vieille mère. On lui connaît ensuite d’autres résidences. Langon (Ille-et-Villaine), Paramé, Bain-de-Bretagne… Il essaie de faire sienne la devise de l’Académicien Ernest Legouvé: ‘Regarde non pas ce que la vieillesse te prend, mais ce que la vieillesse te laisse’. Il meurt assez subitement, après quelques ennuis de santé, à l’hôpital de Pontchaillou à Rennes, le lundi 9 avril 1973. Il n’a que 69 ans. Il est inhumé dans le caveau familial, au cimetière de Massérac, le jeudi 12 avril 1973.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1974, p. 227. A Travers la Province (Bordeaux), août 1973, n° 214. Du P. Barnabé Glédel, dans les ACR, correspondances (1926-1954), rapports sur Saint-Maur (1935-1938), Kerbernès (1948-1953). Le P. Glédel a prêché de nombreuses retraites à des religieuses (textes ronéotypés) et a composé un travail de présentation ‘La Vie du Christ’. Il a aussi imaginé une nouvelle méthode pour enseigner le latin. On peut trouver des détails biographiques sur les jeunes années du P. Glédel dans les Mémoires (non publiés) du P. J.-E. Rème (Montembault), tome III. Notices Biographiques