Basile (Jean-André) HABRAKEN – 1907-1979

Nouvelles de Saint -Hilaire en
Woëvre, 1946.
« Voilà déjà plus d’une semaine que nous sommes à St Hilaire. Les premiers
jours
le presbytère n’était pas encore habitable. Nous avons logé chez le maire.
Mais
maintenant depuis plusieurs jours déjà, nous sommes dans notre maison qui
est encore bien pauvre. Mais jusqu’à maintenant, le bon Dieu nous
a aidés et il le fera encore. Nos paroissiens sont de bons chrétiens. Tous
les dimanches, l’église est pleine. Hier nous avons été installés
officiellement. Monsieur le Doyen devait le faire, mais à l’improviste
voilà que son Excellence Mgr Petit s’amène lui-même. Dommage que
notre presbytère était encore trop dénué pour le recevoir comme il faut, il
a parlé longuement aux paroissiens et s’est montré une fois de plus un
véritable ami de l’Assomption. Pour le moment, nous n’avons qu’une seule
paroisse sur trois communes, mais je crois que bientôt nous aurons plus de
travail, car il manque beaucoup de prêtres dans ce
diocèse de Verdun. Aussi le P. Benoît Oosterlaak qui devait nous rejoindre
peut venir ici, il n’y a pas de moyen de communication entre Verdun
et Saint-Hilaire. Je demande au Frère Koenraad de nous abonner à la Croix
».

Religieux de la Province des Pays-Bas.

Formation.

Jean-André Habraken est né le 14 novembre 1907 à Boxtel (Brabant), dans les Pays-Bas, au diocèse de Bois-le-Duc. Après ses classes primaires à l’école Saint-Pierre, il entre à l’école apostolique de Stapelen (Boxtel, 1920-1926). Il choisit la vie à l’Assomption, prend l’habit à Taintegnies le 5 novembre 1927 et, sous le nom de Frère Basilien, fait son noviciat sous la conduite du P. Savinien Dewaële, puis du P. Aubain Colette. Il est admis à prononcer ses premiers vœux le 5 novembre 1927: « Le Frère Basilien se rend parfaitement compte de ce qui lui manque encore. Il aime qu’on lui donne des raisons fortes et surnaturelles qui le pressent de s’amender, car il désire sincèrement le faire; mais il faut lui donner le temps de se vaincre. Il est édifiant, malgré un peu de mollesse, je l’ai trouvé très spontané et très ouvert. Il apprendra à mieux dominer sa réserve excessive ». Après le noviciat, commencent les études de philosophie à Saint- Gérard (1927-1929), il sert un an dans une maison d’œuvres (Kapelle-op-den-Bos) et étudie la théologie à Louvain (1930-1934). Il est admis à la profession perpétuelle le 6 novembre 1930. Il est ordonné prêtre à Louvain par le Cardinal Van Roey le 16 avril 1934.

Emplois et résidences.

Le P. Basile est nommé professeur de sciences à Louvain (1934-1935) et à Saint-Gérard (1935- 1941). Pendant la guerre, les étudiants d’origine hollandaise ayant été regroupés en dehors des zones de combats, le P. Basile enseigne la philosophie au scolasticat de Bergeyk (1941-1945). Il part ensuite en décembre 1945 pour la France. Après un voyage de 8 jours, il arrive à la commune et paroisse de Saint-Hilaire, près d’Etain (Meuse), dans le diocèse de Verdun où il est nommé curé

et supérieur de la communauté comptant quatre religieux (1946-1949): PP. Basile Habraken, P. Benno Oosterlaak, P. Salvator Moerkenken et P. Augustinus Wiss. C’est en effet l’époque où la jeune province hollandaise, créée en 1946, est riche de nombreux et jeunes éléments qui ne trouvent pas d’insertions pastorales dans les diocèses des Pays-Bas dont les évêques, eux- mêmes bien pourvus en clergé, ne souhaitent guère la collaboration des réguliers. Ce secteur Nord-Est de la France, assez pauvre sur le plan de l’encadrement pastoral, est heureux d’accueillir ces religieux qui prennent en charge progressivement une quinzaine de paroisses tant dans la Meuse (Harville) qu’en Haute-Marne (Thonnance-les-Joinville). D’un des rapports annuels du P. Basile nous extrayons cet aperçu sur le travail pastoral des religieux hollandais: « La grande difficulté de notre action est l’indifférence religieuse de la population. Il n’y pas d’hostilité à l’égard de la religion, sauf parfois un peu déclarée selon les familles et les opinions. L’indifférence vient selon nous de l’état de fortune de nos paroissiens qui sont en général des gros cultivateurs aisés, facilement matérialistes. Nous sommes ici 4 prêtres pour environ 2.000 âmes, nous devons faire le catéchisme partout. Nous devons parcourir de grandes distances, d’où la nécessité d’être motorisés. L’entente avec le clergé local est très bonne, même si nous sentons parfois un peu de découragement. Nous souhaiterions un plus grand presbytère pour nous regrouper et éviter l’isolement ». Le P. Basile est nommé ensuite curé de Woël-en-Woëvre où il va rester plus de 30 ans (1949-1979)! Il est en même temps responsable des paroisses de Docourt-aux-Templiers, Avillers-Sainte-Croix et Saint-Benoît. En 1979, pendant un mois, il est hospitalisé à Verdun où il meurt, à 73 ans, le 24 mars 1979 d’une crise cardiaque. Le 27 mars ses obsèques sont célébrées dans l’église de Woël-en-Woëvre, puis il est inhumé au cimetière d’Avillers-Sainte-Croix.

Bibliographies

?Bibliographie et documentation:

Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 76-77. De Schakel, juli, n° 2, p. 75-79. Du P. Basile Habraken, dans les ACR, rapports sur Saint-Hilaire (1948-1950 et 1954-1957). Lettre du P. Basile H. au P. Gervais Quenard, Saint-Hilaire, 14 janvier 1946.