Bède (Arthur Jacques) HORWOOD – 1903-1985

Griefs domestiques.
« Ayant reçu une lettre d’obédience ce matin pour être assistant d’un
prêtre de paroisse, plus jeune que moi
de quelques années, je me sens obligé de vous demander une enquête sur la
cause de ma destitution, parce que c’est
cela qui est signifié. J’accuse le Supérieur, le P. Patrick
O’Neill d’être trop dominé par la gouvernante que nous avons maintenant.
J’ai eu l’occasion,
il y a quelques mois, de les réprimander en public pour ce qui me semblait
une
familiarité indue, par exemple de prendre une tasse de thé chaque soir dans
la chambre du Supérieur après 22 heures ou de sortir ensemble. En ce qui
concerne nos chambres, il n’y a pas eu, depuis que je suis ici, la moindre
tentative de les rendre un peu dignes tandis que la gouvernante a eu son
appartement totalement rénové avec un mobilier nouveau:
cinq fauteuils. La gouvernante s’est en outre ouvertement vantée plusieurs
fois d’avoir assez d’influence pour faire partir le P. Henry Julien.
J’accuse le Supérieur de s’en aller, sans laisser la clef du coffre fort,
sans saluer ou m’informer de la date de son retour. J’ai averti le
Provincial, le P. Treamer, mais ce sont de trop grands amis à mon goût».

Religieux de la Province d’Angleterre.

Une vocation des Pères de Saint-Edme.

Arthur Jacques Horwood est né le 3 décembre 1903 à Londres (Angleterre). Après ses études secondaires à St Michael’s School à Hitchin (1916- 1922), il entre chez les Pères de Saint-Edme. En 1925, quelques Pères et Frères de cette Congrégation de la province anglaise demandent à entrer à l’Assomption avec le collège de Hitchin. C’est alors que le Frère Andrew Beck, le futur archevêque de Liverpool, et le Frère Bède (1) nom de religion de Arthur Jacques Horwood se présentent à leur nouvelle famille religieuse. Le Frère Bède a déjà fait un noviciat à Sens (Yonne), autre collège des Pères de Saint-Edme en 1922- 1923, sous la direction d’un Père Salmon et a prononcé des premiers vœux, le 5 octobre 1923 pour trois ans (2). Assez timide, peu expansif, il est présenté à la profession perpétuelle en octobre 1926, mais se sentant peu sûr au dernier moment, il préfère différer cette profession pour la remettre à l’année suivante. C’est au scolasticat de Louvain (Belgique) où il achève ses études de théologie que le Frère Bède fait le pas en prononçant ses vœux perpétuels, le 5 octobre 1927 (3), toujours apprécié comme peu communicatif, de tempérament assez flegmatique mais aimant la vie communautaire, selon les termes du rapport écrit par le P. Léonide Guyo. Ses condisciples le trouvent en général très (trop?) personnel, n’aimant lire que la presse anglaise! Le Frère Bède est ordonné prêtre à Louvain le 9 juin 1929.

Enseignement et apostolat paroissial.

C’est dans l’enseignement que le Père Bède passe les 23 premières années de son sacerdoce: à Hitchin et à Nottingham où il est choisi comme second conseiller. Ses classes sont marquées par une bonne discipline, une régularité exemplaire et une routine bien établie.

De 1952 à 1973, il travaille dans trois des paroisses assomptionnistes en Angleterre (4) comme vicaire. Il est modeste, timide même, mais les fidèles respectent son dévouement et sa fidélité. A 70 ans, il quitte la vie active et mène une retraite tranquille à Foxholes (Hitchin) dix ans durant, et les six derniers mois à la maison provinciale de Nottingham. Le 16 août 1985, lendemain de la fête de l’Assomption, le Père Austin Treamer le trouve mort dans sa chambre. Le Père Bède est inhumé à Nottingham. Religieux d’une régularité remarquable, fidèle toute sa vie à la prière, humble et pacifique, le Père Bède est, comme on dit en anglais, very easy to live with.

(1) Bède le Vénérable est fêté le 25 mai. Ce Docteur de l’Église, bénédictin, a vécu de 673 à 735. Il est originaire de Wearmouth, près de Jarrow en Northumbrie. On a dit de lui que vivant à l’abbaye de Jarrow, il y a passe toute une vie à écrire, à prier, à lire et à enseigner, s’appliquant surtout à l’étude de la Bible et de l’histoire. Les Anglais lui reconnaissent volontiers le titre de ‘père de l’histoire du pays’, à cause de ses ouvrages De temporibus et De temporum ratione qui ont contribué à l’établissement de la chronologie chrétienne. On le représente volontiers comme un moine âgé la plume à la main.

(2) Le collège de Sens (Yonne) est passé un temps entre les mains de l’Assomption, dans le cadre de la Province de Paris.

(3) C’est du moins la date transcrite sur les registres. D’après un document signé de sa main et de celle du P. Léondide Guyo, sa profession perpétuelle aurait bien eu lieu à Louvain, mais le 1er octobre 1927. Ce dernier document donne même la liste des témoins de l’engagement du Frère Bede: PP. Eucher Marquant, Fabien Petit, Fulbert Cayré, Vincent Pémoulié, Gonzalès Suisse et Romanus Declercq, tous témoins oculaires dignes de foi, mais aujourd’hui disparus.

(4) La province d’Angleterre compte à l’époque cinq paroisses: Hitchin, Brockley près de Londres, Charlton (près de Londres), Newhaven (Sussex) et Rickmansworth.

ART Informations, 1973, n° 42, p. 3; n° 44, p. 4.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 82-83. Lettre du P. Bède Horwood au P. Wilfrid Dufault, 1er septembre 1955. [Nous n’avons pas trouvé de document biographique sur le P. Bede Horwood dans la lettre du P. Provincial d’Angleterre à la date du décès de ce religieux]. Lettre du P. Bède Horwood au P. Wilfrid Dufault, 1er septembre 1955.