Bénigne (Jean-Félix) DAMBRUNG – 1862-1935

Officier d’Académie.
« Je viens d’être décoré des palmes d’officier d’Académie, à titre
d’ancien missionnaire et professeur de français à l’étranger, amitié et
crédit que je dois au Dr Chauvreau, sénateur de la Côte-d’Or et ancien
condisciple. Je rends ici [Lorgues] quelques services, je cumule même des
fonctions multiples de professeur de théologie dogmatique, précepteur de
jeunes gens, chapelain des Capucines, des Arcs et de Sainte-Rosseline les
dimanches et jours de fête. Je
prête concours aux curés pour les confessions et la prédication, je fais
des conférences aux Sœurs j’ai même prêché une retraite à un pensionnat de
jeunes filles.
Ma santé me permet de faire tout cela, le climat de Lorgues est si bon!.
Nous avons reçu l’appareil de téléphonie sans
fil dont le P. Général a fait don à la maison mai s jusqu’ici nul n’a
réussi à le faire marcher comme il faut. Cet appareil perfectionné
provient, paraît- il, de la Bonne Presse. On dit même que l’admiration du
P. Emile [Martin?] le pousse à plonger la tête dans le pavillon du haut
parleur. Le Supérieur a fait l’acquisition d’une scie circulaire mue par un
moteur à essence … ».
P. Dénigne.

Bénigne (Jean-Félix) DAMBRUNG

1862-1935

Religieux de la Province de Lyon.

Un curriculum vite mouvementé.

Jean-Félix Dambrung voit le jour à Avosnes en Côte D’Or le 27 février 1862. Il fait de bonnes études au petit séminaire de Plombières-lès-Dijon (1874-1879), puis au grand séminaire de Dijon (1879-1884). Il va suivre à Paris un cours de droit canonique et conquiert à Lyon le grade de bachelier en théologie. Il est ordonné prêtre par Mgr Jourdan de la Passardière, à Dijon, le 29 juin 1885. Il commence sa vie sacerdotale comme professeur au collège jésuite de Saint-Ignace (1885-1886) à Dijon et la poursuit comme professeur de philosophie au grand séminaire d’Aix-en-Provence (1886-1887). En 1888, il fait partie des missionnaires diocésains de Dijon à Fontaine-lès-Dijon et entend une prédication, en août 1888 du P. E. Bailly qui le convainc pour le noviciat de Livry. L’abbé Jean-Félix reçoit l’habit assomptionniste le 2 février 1889 sous le nom de Père Bénigne. D’une nature vive, impressionnable, inquiète et même violente, il rachète ses défauts par une grande franchise et ouverture de cœur, ce qui le fait admettre à la première profession le 2 février 1890 et à la profession perpétuelle le 2 février 1891. C’est dans ce cadre qu’il a l’occasion de faire le pèlerinage à Jérusalem de mai-juin 1889, voulu comme contrepoids de prière et de pénitence aux célébrations officielles du centenaire de la Révolution. Après avoir prononcé ses vœux le P. Bénigne est envoyé comme professeur à l’alumnat de Brian (Drôme) de 1891 à 1893. Il part ensuite pour Phanaraki en Turquie comme professeur du scolasticat organisé à côté du noviciat (1893-1894). L’année suivante il est affecté à la maison des vocations tardives de Villecomtesse (Yonne) comme professeur et curé de Villeneuve-Saint-Salves (1894- 1898). Il passe deux années à Toulouse (1898-1900).

Pendant deux années il va au secours de sa famille et loue ses services comme précepteur chez le comte d’Oncieu, à La Bàtie près de Leysses en Savoie.

Missionnaire au Chili et autres lieux. Un religieux en recherche d’équilibre.

Rentré en communauté, le P. Bénigne devient deux ans professeur à Louvain (1902-1904) puis à l’alumnat de Calahorra en Espagne de 1904 à 1907. C’est de là qu’il est affecté à la mission du Chili pendant onze ans. Le P. Bénigne est sujet à des crises d’instabilité: il demande son admission chez les Grands Augustins puis chez les Mercédaires et chaque fois, devant l’échec, sollicite sa réintégration à l’Assomption. Il rentre en France en novembre 1917, est assigné à Elorrio (6 mois), passe en Belgique: Sart-les-Moines et Louvain (1919). Des difficultés de famille le perturbent: mort de son père, démence de sa mère. Voulant aider sa famille, il finit par comprendre qu’il ajoute à sa perturbation. Il décide de gagner le noviciat à Lumières (Vaucluse) où il reste jusqu’en 1922, toujours inquiet, souvent dépressif. Il fait un essai de vie trappiste à Aiguebelle (1922-1924) au terme duquel il n’est pas reçu dans l’Ordre et revient à l’Assomption. Le Provincial de Lyon l’envoie quelque temps à Miribel (Isère). Il se fait admettre comme religieux exclaustré. En 1926 il demande une nouvelle fois sa réintégration. On lui assigne la maison de repos de Locarno (Suisse) et de là il passe à Lorgues (Var) les neuf dernières années de son existence tourmentée. Il rend quelques menus services, prêtant volontiers sa voix au chœur et jouant de l’harmonium, donnant prise de temps en temps à ses bouffées d’excentricité et à ses sautes d’humeur mai contrôlées. Le calme avec l’âge se fait en lui et dans son esprit. La dernière année (1935) lui est très dure, accompagnée d’une déchéance physique pénible. Il souffre d’une aortite grave et meurt le mardi 31 décembre 1935, assisté jusqu’à ses derniers moments par le Frère Ernest MeUriSSe. Les obsèques sont célébrées le jeudi 2 janvier 1936 et les restes mortels du P. Bénigne sont inhumés à Lorgues. Dans ses moments de confidence, le P. Bénigne se comparait volontiers à l’enfant prodigue de l’Evangile. Puisse-t-il connaître enfin durablement la paix que cette terre ne lui a guère offerte ou qu’il n’a guère pu saisir.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1936, n° 620, p. 1; n° 624, p. 41-48; n° 629, p. 87-88. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. On conserve aux ACR un lot de correspondances du P. Dambrung écrites entre 1903 et 1928. Notices Biographiques