Benoît Thénénan Bleunven – 1936-2002

Un Breton de souche.

Le Père Benoît Bleunven est mort prématurément, selon les déclarations du médecin Alfredo Antonio Potsch, d’un infarctus du myocarde, à Rio de Janeiro (141, rua Senador Vergueiro, Flamengo, domicile de la communauté), le 6 mars 2002, causant une grande surprise dans les rangs des communautés assomptionnistes du Brésil qui croyaient encore pouvoir compter longtemps sur lui. Il est inhumé au cimetière Sao Joao Batista de Rio de Janeiro, le 7 mars 2002.


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Le Père Benoît Bleunven est mort prématurément, selon les déclarations du médecin Alfredo Antonio Potsch, d’un infarctus du myocarde, à Rio de Janeiro (141, rua Senador Vergueiro, Flamengo, domicile de la communauté), le 6 mars 2002, causant une grande surprise dans les rangs des communautés assomptionnistes du Brésil qui croyaient encore pouvoir compter longtemps sur lui. Il est inhumé au cimetière Sao Joao Batista de Rio de Janeiro, le 7 mars 2002.


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Le 18 octobre 1965, le Père Bleunven est envoyé à la mission du Brésil où il s’est porté volontaire. Son premier défi, c’est d’apprendre la langue grâce à une méthode ‘rude mais efficace’. Il va y passer les 36 ans de sa vie religieuse, d’abord dans la pastorale auprès des jeunes à Cataguases (M.G.), comme professeur de français et de religion, tout en desservant 17 paroisses dans les environs. Il passe à Friburgo, toujours dans la pastorale des jeunes. Son poste suivant est Campinas où il sert l’Assomption brésilienne comme formateur. D’après ses lettres d’obédience conservées, il est successivement aumônier de la jeunesse au diocèse de Léopoldina, faisant partie de la communauté d’Eugénopolis en 1967, à Cataguases en 1968, où il passe dix années professeur de français, de religion et de philosophie dans un lycée d’Etat (Ubà). C’est durant cette période que commence ce qu’il appelle ‘le rêve de sa vie’, son apprentissage à la vie paroissiale dans la petite cité d’Itamaraty de Minas. Il lui a donc fallu attendre une trentaine d’années, après ses services d’enseignement. En 1994, il est enfin nommé curé de la paroisse de la Sainte Trinité à Rio de Janeiro. Il rapporte lui-même son expérience apostolique, en septembre 1996 :

Quelque chose me frappe beaucoup dans mon expérience assez longue déjà de l’apostolat : la prêtrise est vraiment une vocation très originale, comparée aux autres. Dans le monde, les gens travaillent en vue du rendement, de la production, de l’efficacité. Vu sous cet angle, l’on peut avoir un sentiment d’inutilité, de frustration, d’échec, car les résultats sont pratiquement invisibles, pour ne pas dire inexistants. C’est seulement avec un regard de foi que tout change, devient lumineux et prend du sens. Aujourd’hui j’ai la conscience très claire que ma vie n’a pas été vaine, qu’elle a été utile même à beaucoup de monde. C’est merveilleux d’éprouver ce sentiment : passer sa vie à semer de belles choses. C’est pourquoi, si je devais recommencer, je ferais les mêmes choses, car je suis fier d’être semeur d’espoir pour mes frères.

Autre marque de ma vie sacerdotale, l’absence de routine qui, elle, se trouve dans la façon dont nous envisageons les événements, les situations. Le temps est révolu où je croyais être capable de convertir le monde. J’ai découvert à mes dépens que je n’étais qu’un instrument entre les mains de Dieu. Je tâche aujourd’hui de donner plus d’importance à la vie de prière, ces moments de gratuité durant lesquels je me tiens en présence de Dieu, luttant contre les tendances contraires de mon tempérament. J’atteins l’âge de la sagesse : le temps passe plus vite. Je veux arriver à l’âge de la gratuité avec mon cœur tout entier et avec la santé que le Seigneur voudra m’accorder. Mon meilleur rêve, c’est de devenir un vieillard ouvert, capable de rire avec les jeunes générations, et leur montrer ainsi un chemin de bonheur. Je n’aimerais pas devenir un vieux ronchonneur, sans illusion et sans espoir. Vivre ainsi cette dernière étape de la vie est un art, et je désire la vivre en plénitude, devenant un appui pour les autres. Etre vieux ne veut pas dire être diminué, mais être plus près de la plénitude… +.

Une fin de vie écourtée.

Le Père Benoît Bleunven est mort prématurément, selon les déclarations du médecin Alfredo Antonio Potsch, d’un infarctus du myocarde, à Rio de Janeiro (141, rua Senador Vergueiro, Flamengo, domicile de la communauté), le 6 mars 2002, causant une grande surprise dans les rangs des communautés assomptionnistes du Brésil qui croyaient encore pouvoir compter longtemps sur lui. Il est inhumé au cimetière Sao Joao Batista de Rio de Janeiro, le 7 mars 2002.


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Le 18 octobre 1965, le Père Bleunven est envoyé à la mission du Brésil où il s’est porté volontaire. Son premier défi, c’est d’apprendre la langue grâce à une méthode ‘rude mais efficace’. Il va y passer les 36 ans de sa vie religieuse, d’abord dans la pastorale auprès des jeunes à Cataguases (M.G.), comme professeur de français et de religion, tout en desservant 17 paroisses dans les environs. Il passe à Friburgo, toujours dans la pastorale des jeunes. Son poste suivant est Campinas où il sert l’Assomption brésilienne comme formateur. D’après ses lettres d’obédience conservées, il est successivement aumônier de la jeunesse au diocèse de Léopoldina, faisant partie de la communauté d’Eugénopolis en 1967, à Cataguases en 1968, où il passe dix années professeur de français, de religion et de philosophie dans un lycée d’Etat (Ubà). C’est durant cette période que commence ce qu’il appelle ‘le rêve de sa vie’, son apprentissage à la vie paroissiale dans la petite cité d’Itamaraty de Minas. Il lui a donc fallu attendre une trentaine d’années, après ses services d’enseignement. En 1994, il est enfin nommé curé de la paroisse de la Sainte Trinité à Rio de Janeiro. Il rapporte lui-même son expérience apostolique, en septembre 1996 :

Quelque chose me frappe beaucoup dans mon expérience assez longue déjà de l’apostolat : la prêtrise est vraiment une vocation très originale, comparée aux autres. Dans le monde, les gens travaillent en vue du rendement, de la production, de l’efficacité. Vu sous cet angle, l’on peut avoir un sentiment d’inutilité, de frustration, d’échec, car les résultats sont pratiquement invisibles, pour ne pas dire inexistants. C’est seulement avec un regard de foi que tout change, devient lumineux et prend du sens. Aujourd’hui j’ai la conscience très claire que ma vie n’a pas été vaine, qu’elle a été utile même à beaucoup de monde. C’est merveilleux d’éprouver ce sentiment : passer sa vie à semer de belles choses. C’est pourquoi, si je devais recommencer, je ferais les mêmes choses, car je suis fier d’être semeur d’espoir pour mes frères.

Autre marque de ma vie sacerdotale, l’absence de routine qui, elle, se trouve dans la façon dont nous envisageons les événements, les situations. Le temps est révolu où je croyais être capable de convertir le monde. J’ai découvert à mes dépens que je n’étais qu’un instrument entre les mains de Dieu. Je tâche aujourd’hui de donner plus d’importance à la vie de prière, ces moments de gratuité durant lesquels je me tiens en présence de Dieu, luttant contre les tendances contraires de mon tempérament. J’atteins l’âge de la sagesse : le temps passe plus vite. Je veux arriver à l’âge de la gratuité avec mon cœur tout entier et avec la santé que le Seigneur voudra m’accorder. Mon meilleur rêve, c’est de devenir un vieillard ouvert, capable de rire avec les jeunes générations, et leur montrer ainsi un chemin de bonheur. Je n’aimerais pas devenir un vieux ronchonneur, sans illusion et sans espoir. Vivre ainsi cette dernière étape de la vie est un art, et je désire la vivre en plénitude, devenant un appui pour les autres. Etre vieux ne veut pas dire être diminué, mais être plus près de la plénitude… +.

Une fin de vie écourtée.

Le Père Benoît Bleunven est mort prématurément, selon les déclarations du médecin Alfredo Antonio Potsch, d’un infarctus du myocarde, à Rio de Janeiro (141, rua Senador Vergueiro, Flamengo, domicile de la communauté), le 6 mars 2002, causant une grande surprise dans les rangs des communautés assomptionnistes du Brésil qui croyaient encore pouvoir compter longtemps sur lui. Il est inhumé au cimetière Sao Joao Batista de Rio de Janeiro, le 7 mars 2002.


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Benoît Bleunven est né le 9 août 1936 à Kerangueven Plabennec (Finistère), un village rural de la Bretagne, dans une famille chrétienne d’où sont sorties huit autres vocations religieuses, trois oncles et cinq cousins. Toute sa première formation se fait dans l’ex-Province de Bordeaux,

d’abord à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire), de &nbps:1949 à 1953, puis à Blou (Maine-et-Loire), de &nbps:1953 à 1956. <

Il reçoit l’habit au noviciat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime), le 30 septembre 1956 et y prononce ses premiers vœux, le 1er octobre 1957. Son maître des novices, le Père Alphonse Picot, note sur le rapport d’admission : * Le Frère Benoît a un caractère sociable, gai, simple, parfois un peu superficiel et inconstant dans l’effort. S’il se montre parfois irréfléchi dans ses réactions, il n’en possède pas moins un bon esprit. Il a des ressources du point de vue physique et moral, est capable d’enthousiasme. Ses moyens intellectuels sont modestes et il doit être stimulé dans l’application à l’étude pour obtenir des résultats satisfaisants +. &nbps:De 1957 à 1959, le Frère Benoît étudie la philosophie au scolasticat de Layrac (Lot-et-Garonne).

Il accomplit ensuite un long temps de service militaire&nbp<: (1er juillet 1959 au 12 novembre 1961). C’est à Valpré qu’il est envoyé ensuite pour ses études de théologie : il y est admis à la profession perpétuelle le 8 décembre 1963, ayant été décalé d’un an pour des raisons d’insuffisance de résultats pour les études. Il est tonsuré par Mgr Ancel le 7 avril 1962 ; reçu aux premiers ordres par Mgr Villot le 22 décembre 1962, puis par Mgr Maziers (30 mars 1963). Il reçoit le sous-diaconat à la primatiale Saint-Jean de Lyon le 27 juin 1964 des mains du Cardinal Gerlier, le diaconat au même lieu le 19 décembre 1964 des mains de Mgr Villot et enfin la prêtrise à Valpré, le 3 avril 1965, des mains de Mgr Matagrin. Les différents rapports se montrent élogieux sur sa volontaire reprise intellectuelle, mais également sur ses admirables dispositions apostoliques en faveur de bandes de ‘blousons noirs’ et de milieux défavorisés de Vaise qu’il initie à l’Action Catholique.

Missionnaire au Brésil, homme apostolique.

Le 18 octobre 1965, le Père Bleunven est envoyé à la mission du Brésil où il s’est porté volontaire. Son premier défi, c’est d’apprendre la langue grâce à une méthode ‘rude mais efficace’. Il va y passer les 36 ans de sa vie religieuse, d’abord dans la pastorale auprès des jeunes à Cataguases (M.G.), comme professeur de français et de religion, tout en desservant 17 paroisses dans les environs. Il passe à Friburgo, toujours dans la pastorale des jeunes. Son poste suivant est Campinas où il sert l’Assomption brésilienne comme formateur. D’après ses lettres d’obédience conservées, il est successivement aumônier de la jeunesse au diocèse de Léopoldina, faisant partie de la communauté d’Eugénopolis en 1967, à Cataguases en 1968, où il passe dix années professeur de français, de religion et de philosophie dans un lycée d’Etat (Ubà). C’est durant cette période que commence ce qu’il appelle ‘le rêve de sa vie’, son apprentissage à la vie paroissiale dans la petite cité d’Itamaraty de Minas. Il lui a donc fallu attendre une trentaine d’années, après ses services d’enseignement. En 1994, il est enfin nommé curé de la paroisse de la Sainte Trinité à Rio de Janeiro. Il rapporte lui-même son expérience apostolique, en septembre 1996 :

Quelque chose me frappe beaucoup dans mon expérience assez longue déjà de l’apostolat : la prêtrise est vraiment une vocation très originale, comparée aux autres. Dans le monde, les gens travaillent en vue du rendement, de la production, de l’efficacité. Vu sous cet angle, l’on peut avoir un sentiment d’inutilité, de frustration, d’échec, car les résultats sont pratiquement invisibles, pour ne pas dire inexistants. C’est seulement avec un regard de foi que tout change, devient lumineux et prend du sens. Aujourd’hui j’ai la conscience très claire que ma vie n’a pas été vaine, qu’elle a été utile même à beaucoup de monde. C’est merveilleux d’éprouver ce sentiment : passer sa vie à semer de belles choses. C’est pourquoi, si je devais recommencer, je ferais les mêmes choses, car je suis fier d’être semeur d’espoir pour mes frères.

Autre marque de ma vie sacerdotale, l’absence de routine qui, elle, se trouve dans la façon dont nous envisageons les événements, les situations. Le temps est révolu où je croyais être capable de convertir le monde. J’ai découvert à mes dépens que je n’étais qu’un instrument entre les mains de Dieu. Je tâche aujourd’hui de donner plus d’importance à la vie de prière, ces moments de gratuité durant lesquels je me tiens en présence de Dieu, luttant contre les tendances contraires de mon tempérament. J’atteins l’âge de la sagesse : le temps passe plus vite. Je veux arriver à l’âge de la gratuité avec mon cœur tout entier et avec la santé que le Seigneur voudra m’accorder. Mon meilleur rêve, c’est de devenir un vieillard ouvert, capable de rire avec les jeunes générations, et leur montrer ainsi un chemin de bonheur. Je n’aimerais pas devenir un vieux ronchonneur, sans illusion et sans espoir. Vivre ainsi cette dernière étape de la vie est un art, et je désire la vivre en plénitude, devenant un appui pour les autres. Etre vieux ne veut pas dire être diminué, mais être plus près de la plénitude… +.

Une fin de vie écourtée.

Le Père Benoît Bleunven est mort prématurément, selon les déclarations du médecin Alfredo Antonio Potsch, d’un infarctus du myocarde, à Rio de Janeiro (141, rua Senador Vergueiro, Flamengo, domicile de la communauté), le 6 mars 2002, causant une grande surprise dans les rangs des communautés assomptionnistes du Brésil qui croyaient encore pouvoir compter longtemps sur lui. Il est inhumé au cimetière Sao Joao Batista de Rio de Janeiro, le 7 mars 2002.


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Benoît Bleunven est né le 9 août 1936 à Kerangueven Plabennec (Finistère), un village rural de la Bretagne, dans une famille chrétienne d’où sont sorties huit autres vocations religieuses, trois oncles et cinq cousins. Toute sa première formation se fait dans l’ex-Province de Bordeaux,

d’abord à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire), de &nbps:1949 à 1953, puis à Blou (Maine-et-Loire), de &nbps:1953 à 1956. <

Il reçoit l’habit au noviciat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime), le 30 septembre 1956 et y prononce ses premiers vœux, le 1er octobre 1957. Son maître des novices, le Père Alphonse Picot, note sur le rapport d’admission : * Le Frère Benoît a un caractère sociable, gai, simple, parfois un peu superficiel et inconstant dans l’effort. S’il se montre parfois irréfléchi dans ses réactions, il n’en possède pas moins un bon esprit. Il a des ressources du point de vue physique et moral, est capable d’enthousiasme. Ses moyens intellectuels sont modestes et il doit être stimulé dans l’application à l’étude pour obtenir des résultats satisfaisants +. &nbps:De 1957 à 1959, le Frère Benoît étudie la philosophie au scolasticat de Layrac (Lot-et-Garonne).

Il accomplit ensuite un long temps de service militaire&nbp<: (1er juillet 1959 au 12 novembre 1961). C’est à Valpré qu’il est envoyé ensuite pour ses études de théologie : il y est admis à la profession perpétuelle le 8 décembre 1963, ayant été décalé d’un an pour des raisons d’insuffisance de résultats pour les études. Il est tonsuré par Mgr Ancel le 7 avril 1962 ; reçu aux premiers ordres par Mgr Villot le 22 décembre 1962, puis par Mgr Maziers (30 mars 1963). Il reçoit le sous-diaconat à la primatiale Saint-Jean de Lyon le 27 juin 1964 des mains du Cardinal Gerlier, le diaconat au même lieu le 19 décembre 1964 des mains de Mgr Villot et enfin la prêtrise à Valpré, le 3 avril 1965, des mains de Mgr Matagrin. Les différents rapports se montrent élogieux sur sa volontaire reprise intellectuelle, mais également sur ses admirables dispositions apostoliques en faveur de bandes de ‘blousons noirs’ et de milieux défavorisés de Vaise qu’il initie à l’Action Catholique.

Missionnaire au Brésil, homme apostolique.

Le 18 octobre 1965, le Père Bleunven est envoyé à la mission du Brésil où il s’est porté volontaire. Son premier défi, c’est d’apprendre la langue grâce à une méthode ‘rude mais efficace’. Il va y passer les 36 ans de sa vie religieuse, d’abord dans la pastorale auprès des jeunes à Cataguases (M.G.), comme professeur de français et de religion, tout en desservant 17 paroisses dans les environs. Il passe à Friburgo, toujours dans la pastorale des jeunes. Son poste suivant est Campinas où il sert l’Assomption brésilienne comme formateur. D’après ses lettres d’obédience conservées, il est successivement aumônier de la jeunesse au diocèse de Léopoldina, faisant partie de la communauté d’Eugénopolis en 1967, à Cataguases en 1968, où il passe dix années professeur de français, de religion et de philosophie dans un lycée d’Etat (Ubà). C’est durant cette période que commence ce qu’il appelle ‘le rêve de sa vie’, son apprentissage à la vie paroissiale dans la petite cité d’Itamaraty de Minas. Il lui a donc fallu attendre une trentaine d’années, après ses services d’enseignement. En 1994, il est enfin nommé curé de la paroisse de la Sainte Trinité à Rio de Janeiro. Il rapporte lui-même son expérience apostolique, en septembre 1996 :

Quelque chose me frappe beaucoup dans mon expérience assez longue déjà de l’apostolat : la prêtrise est vraiment une vocation très originale, comparée aux autres. Dans le monde, les gens travaillent en vue du rendement, de la production, de l’efficacité. Vu sous cet angle, l’on peut avoir un sentiment d’inutilité, de frustration, d’échec, car les résultats sont pratiquement invisibles, pour ne pas dire inexistants. C’est seulement avec un regard de foi que tout change, devient lumineux et prend du sens. Aujourd’hui j’ai la conscience très claire que ma vie n’a pas été vaine, qu’elle a été utile même à beaucoup de monde. C’est merveilleux d’éprouver ce sentiment : passer sa vie à semer de belles choses. C’est pourquoi, si je devais recommencer, je ferais les mêmes choses, car je suis fier d’être semeur d’espoir pour mes frères.

Autre marque de ma vie sacerdotale, l’absence de routine qui, elle, se trouve dans la façon dont nous envisageons les événements, les situations. Le temps est révolu où je croyais être capable de convertir le monde. J’ai découvert à mes dépens que je n’étais qu’un instrument entre les mains de Dieu. Je tâche aujourd’hui de donner plus d’importance à la vie de prière, ces moments de gratuité durant lesquels je me tiens en présence de Dieu, luttant contre les tendances contraires de mon tempérament. J’atteins l’âge de la sagesse : le temps passe plus vite. Je veux arriver à l’âge de la gratuité avec mon cœur tout entier et avec la santé que le Seigneur voudra m’accorder. Mon meilleur rêve, c’est de devenir un vieillard ouvert, capable de rire avec les jeunes générations, et leur montrer ainsi un chemin de bonheur. Je n’aimerais pas devenir un vieux ronchonneur, sans illusion et sans espoir. Vivre ainsi cette dernière étape de la vie est un art, et je désire la vivre en plénitude, devenant un appui pour les autres. Etre vieux ne veut pas dire être diminué, mais être plus près de la plénitude… +.

Une fin de vie écourtée.

Le Père Benoît Bleunven est mort prématurément, selon les déclarations du médecin Alfredo Antonio Potsch, d’un infarctus du myocarde, à Rio de Janeiro (141, rua Senador Vergueiro, Flamengo, domicile de la communauté), le 6 mars 2002, causant une grande surprise dans les rangs des communautés assomptionnistes du Brésil qui croyaient encore pouvoir compter longtemps sur lui. Il est inhumé au cimetière Sao Joao Batista de Rio de Janeiro, le 7 mars 2002.


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Benoît Bleunven est né le 9 août 1936 à Kerangueven Plabennec (Finistère), un village rural de la Bretagne, dans une famille chrétienne d’où sont sorties huit autres vocations religieuses, trois oncles et cinq cousins. Toute sa première formation se fait dans l’ex-Province de Bordeaux,

d’abord à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire), de &nbps:1949 à 1953, puis à Blou (Maine-et-Loire), de &nbps:1953 à 1956. <

Il reçoit l’habit au noviciat de Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente-Maritime), le 30 septembre 1956 et y prononce ses premiers vœux, le 1er octobre 1957. Son maître des novices, le Père Alphonse Picot, note sur le rapport d’admission : * Le Frère Benoît a un caractère sociable, gai, simple, parfois un peu superficiel et inconstant dans l’effort. S’il se montre parfois irréfléchi dans ses réactions, il n’en possède pas moins un bon esprit. Il a des ressources du point de vue physique et moral, est capable d’enthousiasme. Ses moyens intellectuels sont modestes et il doit être stimulé dans l’application à l’étude pour obtenir des résultats satisfaisants +. &nbps:De 1957 à 1959, le Frère Benoît étudie la philosophie au scolasticat de Layrac (Lot-et-Garonne).

Il accomplit ensuite un long temps de service militaire&nbp<: (1er juillet 1959 au 12 novembre 1961). C’est à Valpré qu’il est envoyé ensuite pour ses études de théologie : il y est admis à la profession perpétuelle le 8 décembre 1963, ayant été décalé d’un an pour des raisons d’insuffisance de résultats pour les études. Il est tonsuré par Mgr Ancel le 7 avril 1962 ; reçu aux premiers ordres par Mgr Villot le 22 décembre 1962, puis par Mgr Maziers (30 mars 1963). Il reçoit le sous-diaconat à la primatiale Saint-Jean de Lyon le 27 juin 1964 des mains du Cardinal Gerlier, le diaconat au même lieu le 19 décembre 1964 des mains de Mgr Villot et enfin la prêtrise à Valpré, le 3 avril 1965, des mains de Mgr Matagrin. Les différents rapports se montrent élogieux sur sa volontaire reprise intellectuelle, mais également sur ses admirables dispositions apostoliques en faveur de bandes de ‘blousons noirs’ et de milieux défavorisés de Vaise qu’il initie à l’Action Catholique.

Missionnaire au Brésil, homme apostolique.

Le 18 octobre 1965, le Père Bleunven est envoyé à la mission du Brésil où il s’est porté volontaire. Son premier défi, c’est d’apprendre la langue grâce à une méthode ‘rude mais efficace’. Il va y passer les 36 ans de sa vie religieuse, d’abord dans la pastorale auprès des jeunes à Cataguases (M.G.), comme professeur de français et de religion, tout en desservant 17 paroisses dans les environs. Il passe à Friburgo, toujours dans la pastorale des jeunes. Son poste suivant est Campinas où il sert l’Assomption brésilienne comme formateur. D’après ses lettres d’obédience conservées, il est successivement aumônier de la jeunesse au diocèse de Léopoldina, faisant partie de la communauté d’Eugénopolis en 1967, à Cataguases en 1968, où il passe dix années professeur de français, de religion et de philosophie dans un lycée d’Etat (Ubà). C’est durant cette période que commence ce qu’il appelle ‘le rêve de sa vie’, son apprentissage à la vie paroissiale dans la petite cité d’Itamaraty de Minas. Il lui a donc fallu attendre une trentaine d’années, après ses services d’enseignement. En 1994, il est enfin nommé curé de la paroisse de la Sainte Trinité à Rio de Janeiro. Il rapporte lui-même son expérience apostolique, en septembre 1996 :

Quelque chose me frappe beaucoup dans mon expérience assez longue déjà de l’apostolat : la prêtrise est vraiment une vocation très originale, comparée aux autres. Dans le monde, les gens travaillent en vue du rendement, de la production, de l’efficacité. Vu sous cet angle, l’on peut avoir un sentiment d’inutilité, de frustration, d’échec, car les résultats sont pratiquement invisibles, pour ne pas dire inexistants. C’est seulement avec un regard de foi que tout change, devient lumineux et prend du sens. Aujourd’hui j’ai la conscience très claire que ma vie n’a pas été vaine, qu’elle a été utile même à beaucoup de monde. C’est merveilleux d’éprouver ce sentiment : passer sa vie à semer de belles choses. C’est pourquoi, si je devais recommencer, je ferais les mêmes choses, car je suis fier d’être semeur d’espoir pour mes frères.

Autre marque de ma vie sacerdotale, l’absence de routine qui, elle, se trouve dans la façon dont nous envisageons les événements, les situations. Le temps est révolu où je croyais être capable de convertir le monde. J’ai découvert à mes dépens que je n’étais qu’un instrument entre les mains de Dieu. Je tâche aujourd’hui de donner plus d’importance à la vie de prière, ces moments de gratuité durant lesquels je me tiens en présence de Dieu, luttant contre les tendances contraires de mon tempérament. J’atteins l’âge de la sagesse : le temps passe plus vite. Je veux arriver à l’âge de la gratuité avec mon cœur tout entier et avec la santé que le Seigneur voudra m’accorder. Mon meilleur rêve, c’est de devenir un vieillard ouvert, capable de rire avec les jeunes générations, et leur montrer ainsi un chemin de bonheur. Je n’aimerais pas devenir un vieux ronchonneur, sans illusion et sans espoir. Vivre ainsi cette dernière étape de la vie est un art, et je désire la vivre en plénitude, devenant un appui pour les autres. Etre vieux ne veut pas dire être diminué, mais être plus près de la plénitude… +.

Une fin de vie écourtée.

Le Père Benoît Bleunven est mort prématurément, selon les déclarations du médecin Alfredo Antonio Potsch, d’un infarctus du myocarde, à Rio de Janeiro (141, rua Senador Vergueiro, Flamengo, domicile de la communauté), le 6 mars 2002, causant une grande surprise dans les rangs des communautés assomptionnistes du Brésil qui croyaient encore pouvoir compter longtemps sur lui. Il est inhumé au cimetière Sao Joao Batista de Rio de Janeiro, le 7 mars 2002.


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Bibliographies