Bernard (Bernard-Maurice) SOURDOIS – 1936-1980

Tuléar, 1980.
« La nouvelle vous est connue. Bernard Sourdois n’est plus. Vous saviez
sans doute combien Bernard aimait aller au bord de la mer, moins pour se
baigner, semble-t-il, que pour se dorer au soleil. Très souvent, à l’heure
de midi, après le repas, au lieu de faire la sieste, il se rendait seul sur
la plage à 5 ou 7 km. de la mission. Plusieurs fois, nous lui avions
fraternellement montré le danger qu’il courait en agissant ainsi, mais il
n’était plus un enfant. Dimanche 17 février, vers
12h30 environ, il est donc parti à la plage dite de ‘La Batterie’. Le soir
il n’était pas au repas avec nous, dans la maison de Belemboka. Nous avons
téléphoné à l’évêché où il résidait. Personne n’a répondu à notre appel.
Mais nous n’avons pas manifesté davantage notre inquiétude, pensant qu’il
était déjà parti se coucher. Le lendemain matin, ne le trouvant pas, nous
avons entrepris des recherches. Sa voiture avait passé la nuit sur le bord
de la plage. Tout était intact à l’intérieur où il avait
déposé ses habits, sa montre et même son maillot de bain,
signe probable qu’il ne pensait pas se baigner ce jour-là… C’était à une
trentaine de mètres du bord de la mer, en un lieu assez élevé … ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France. Vocation missionnaire. Bernard-Maurice Sourdois est né à Toujouse dans le Gers, le 22 septembre 1936. Il est le 4ème enfant d’une famille qui en comptera douze. D’octobre 1945 à juillet 1948, il suit les cours à l’école apostolique d’Auch. Puis en octobre 1948, il entre au petit séminaire d’Auch où il reste jusqu’en juillet 1954. Au cours de son service militaire, il fait un séjour à Ambositra à Madagascar, sur les hauts- plateaux. C’est alors qu’il fait la connaissance de l’Assomption et que lui vient l’idée de devenir missionnaire Frère coadjuteur. Le 25 décembre 1960, il prend l’habit assomptionniste à Pont- l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime). Il y fait excellente impression: « Posé, réfléchi, d’une piété très sérieuse et personnelle, délicat et Plein d’attention dans ses relations, capable de prendre des responsabilités et cependant très docile, le Frère Bernard semble une recrue de choix. Il désire la mission, mais il est disposé à faire ce qu’on lui demandera », telle est l’appréciation de son maître des novices, le P. Armand Louis. Il prononce ses vœux le 26 décembre 1961. De mars 1963 à août 1965, il réside à Paris, Avenue Denfert-Rochereau, tout en suivant des cours spéciaux pour l’enseignement religieux. Le 26 décembre 1964, il y prononce ses vœux perpétuels. En août 1965, il prend le bateau en compagnie du P. René Gestin pour Madagascar. A bord du Norefjord, il écrit à son Provincial, le P. Emmanuel Brajon, ses impressions de voyage: «,Permettez-moi de vous dire toute la joie que j’ai en pensant que je vogue vers cette terre malgache si attachante, vers notre chère mission de Tuléar. Le P. Max [Chevallier- Chantepie] a dû vous décrire un peu toutes les commodités que nous avons à bord, et bien sûr elles conditionnent pour une part mon enthousiasme, A.A ainsi d’ailleurs que celui du P. Gestin ». Les voyageurs arrivent à Tuléar le 29 septembre 1965 en taxi-brousse de Tananarive avec arrêts répétés, deux crevaisons successives qui permettent de goûter aux imprévus des voyages en brousse. Après un stage de langue malgache à Ambositra, son premier poste est l’intendance et l’encadrement au petit séminaire de Tuléar qui ouvre ses portes. De mai 1966 à octobre 1969, il assure également le catéchisme dans un petit village près de Tuléar. Ses élèves au séminaire le trouvent un peu sévère. Le Frère Bernard prête ensuite main forte à Ampanihy (1970-1976). En réparant le plafond de l’église, il fait une chute et se fracture la jambe, nécessitant un séjour en France. En 1977, le Frère Bernard est appelé à assumer la fonction d’économe diocésain, charge importante et aussi délicate. Heureusement sa simplicité, son dynamisme et sa serviabilité lui gagnent la confiance de tous les artisans de la mission. Travailleur acharné, il est infatigable et rien ne peut l’arrêter lorsqu’il s’agit de soulager la misère ou la souffrance. Il court à la recherche de pièces de voiture ou d’autres objets qu’il expédie dans les meilleurs délais à ceux qui en ont besoin en brousse. Ce service est brusquement interrompu le 17 février 1980 par une disparition au bord de la mer. Son corps y est découvert le lundi 18 vers 13h30, au bord d’une poche d’eau qui s’enfonce profondément à l’intérieur des terres, au moment de la marée haute. La police, avec le médecin, conclut à une noyade. Le mercredi matin, 20 février, Mgr René Rakotondrabe, évêque de Tuléar, entouré de dixneuf prêtres, célèbrent la messe des funérailles et accompagnent son corps jusqu’au cimetière de la ville. Dans un double cercueil de fer et de bois, le corps du Frère Bernard repose auprès des restes du P. Jean-Clément Godbert, décédé accidentellement à Tuléar le 7 janvier 1963 et de ceux de plusieurs Sœurs de la Charité. Le 11 août 1998, les corps des religieux Assomptionnistes morts à Madagascar sont ramenés à Tuléar, Belemboka, et le lendemain, au, cours d’une cérémonie de retournement, sont inhumés dans la propriété de Belemboka, à côté du tombeau des Sœurs de Saint-Paul de Chartres. (information dans AT.LP., octobre 1998, n° 145, p. 24-26).

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 92. ART Information, 1980, n° 83, P. 3 et 4. L’Assomption et ses (Euvres, 1980, n° 602, p. 31. Paris-Assomption, avril 1980 (Lettre du P. Maurice Laurent sur le Frère Bernard Sourdais), 3 pages. Chronique sur la profession perpétuelle du Frère Bernard Sourdais dans Paris- Assomption, février 1965, n° 92, p. 15-16. Lettre de condoléances de Mgr René Rakotondrabe, évêque de Tuléar, 20 février 1980. Témoignage du P. François Péjac sur le Frère Bernard Sourdais (1 page). Du Frère Bernard Sourdais, dans les ACR, dossier sur le diocèse de Tuléar (25 mai 1979). Notices Biographiques