Bertrand (Clovis) BOULINGUIEZ – 1916-1957

Exclaustré ad tempus.

« Le P. Bertrand Boulinguiez demande, pour raison d’assistance à ses
parents, une prolongation de son indult d’exclaustration.

Il joint le texte de son indult précédent et l’agrément de l’évêque
d’Amiens qui l’a reçu. Voulez-vous faire les démarches nécessaires?

Nous avons ici à Paris un véritable printemps dont le P. Pépin qui se
repose de ses travaux et retraites, vous donnera d’heureuses nouvelles
».

P. Jude Verstaen, Paris 9
octobre 1957.

« L’évêque d’Amiens, René soussigné, autorise le R. Père Boulinguiez qui
occupe actuellement un poste dans son diocèse, à faire une demande de
renouvellement de son ‘exeat ad tempus’ afin de pouvoir compléter son temps
d’experimentum ».

Amiens, 30 septembre 1957.

[L’évêque d’Amiens en 1957 n’est autre que Mgr. René- Louis Stourm, né à
Paris en
1904, prêtre en 1928, évêque en 1951].

Religieux de la Province de Paris.

Un presque inconnu à l’Assomption.

La Lettre à la Famille du 1er-15 novembre 1957 annonce laconiquement dans la notice des défunts: « Oremus pro defuntis: le P. Bertrand Boulinguiez (Province de Paris), 41 ans, mort accidentellement près de Boismont, par Saint – Valéry (Somme). 13 octobre ». Essayons de suppléer le moins imparfaitement possible à cette lacune de mémoire, en restituant le cadre biographique essentiel de ce religieux:

Clovis est né le 31 mai 1916 à Steenwerke (Nord). Il fait ses études secondaires au petit séminaire d’Hazebrouck de 1928 à 1934. Il prend l’habit sous le nom de Frère Bertrand aux Essarts (Seine-Maritime) le 29 septembre 1938 et, sous la conduite du P. Albert Devynck, commence un noviciat que les exigences du service militaire interrompent deux mois après. Au moment des affrontements de mai 1940, Fr. Bertrand est fait prisonnier et déporté en Allemagne. Malade, il est libéré et peut reprendre son temps de noviciat ni aux Essarts ni à Pont-l’Abbé d’Arnoult, en ces temps de guerre et de désorganisation, mais à Cavalerie en Dordogne. C’est de là qu’il écrit une demande en bonne et due forme le 27 août 1944 pour présenter les conditions spéciales de son temps de formation: « Arrivé à Cavalerie le 13 décembre 1943, me voici actuellement au 8ème mois de mon noviciat. Je suis entré ici avec la ferme intention de devenir religieux de l’Assomption et de poursuivre mes études jusqu’au sacerdoce. Mes intentions n’ont nullement changé; s’ïl y a pu y avoir quelques craintes, elles ont complètement disparu. Je viens solliciter mon admission à la profession. J’ai déjà accompli au moins deux mois de noviciat aux Essarts en 1938, deux mois et quelques jours; mes douze mois de noviciat s’achèveraient donc dans la première quinzaine d’octobre.

Exclaustré ad tempus.

« Le P. Bertrand Boulinguiez demande, pour raison d’assistance à ses parents, une prolongation de son indult d’exclaustration.

Il joint le texte de son indult précédent et l’agrément de l’évêque d’Amiens qui l’a reçu. Voulez-vous faire les démarches nécessaires?

Nous avons ici à Paris un véritable printemps dont le P. Pépin qui se repose de ses travaux et retraites, vous donnera d’heureuses nouvelles ».

P. Jude Verstaen, Paris 9 octobre 1957.

« L’évêque d’Amiens, René soussigné, autorise le R. Père Boulinguiez qui occupe actuellement un poste dans son diocèse, à faire une demande de renouvellement de son ‘exeat ad tempus’ afin de pouvoir compléter son temps d’experimentum ».

Amiens, 30 septembre 1957.

[L’évêque d’Amiens en 1957 n’est autre que Mgr. René- Louis Stourm, né à Paris en 1904, prêtre en 1928, évêque en 1951]. Notices Biographiques A.A Je vous prie, mon Père, étant donné mon âge (28 ans) et dans l’intérêt de ines études, de vouloir bien demander un induit [interruption involontaire de noviciat],de cette façon, je pourrais faire ma profession religieuse le 1er novembre en même temps que les Frères Paul- Augustin Laroque et Georges-Marie Verger. À cette date, j’aurai accompli un peu plus d’une année de noviciat ». Le rapport de présentation par le Pr Casimir Romanct lui est globalement favorable: « La physionomie du Fr. Bertrand n’a rien de brillant et de caractérisé, pas plus au moral qu’au physique. C’est une nature tranquille qui s’accommodera de n’importe quelle situation. Il me semble qu’il pourra rendre d’utiles services auprès des enfants, dans un orphelinat par exemple. Il a marqué ses préférences pour une maison d’enseignement secondaire ». C’est le 14 décembre 1944 que le Fr. Bertrand peut enfin prononcer ses premiers vœux à Pont-l’Abbé d’Arnoult. Il se rend ensuite à Layrac (Lot-et-Garonne) pour les deux ans de philosophie (1944-1946) et à Lormoy (Essonne) pour les quatre ans de théologie (1946- 1950). A Lormoy, il prononce ses vœux perpétuels le 14 décembre 1947 et il reçoit l’ordination sacerdotale le 1er mai 1949, après avoir obtenu une dispense à cause des délais d’interstices. Ce long ‘parcours du combattant’ est terminé. Le P. Bertrand est nommé sans tarder à l’alumnat de Clairmarais (1950-1952) où il est choisi comme conseiller de communauté, à Lambersart (Nord) de 1952 à 1954. Il demande alors une exclaustration temporaire, avec dispense de la vie commune, pour venir en aide à ses parents: elle lui est accordée formellement le 8 octobre 1955. L’évêque d’Amiens, Mgr. Stourm est heureux de le recevoir dans son diocèse et de lui affecter l’administration d’une paroisse.

Mort accidentelle.

Mais cette situation est brutalement interrompue suite à un accident de circulation le 13 octobre 1957 à Boismont (Somme). C’est donc une vie fauchée à 41 ans pour un religieux-prêtre qui n’a pu donner la mesure de ses moyens, vu les situations un peu particulières dans lesquelles il s’est trouvé, malgré lui, impliqué.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. octobre 1958, p. 30.